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Spindrift remporte le raid côtier de Roscoff

Spindrift remporte le raid côtier de Roscoff
juillet 13
10:25 2015

Après 3 heures et 38 minutes de course, l’équipage de Spindrift remporte le raid côtier de Roscoff, quatrième Acte du Tour de France à la Voile 2015. Le Diam noir s’impose devant Groupama et Grandeur Nature Vérandas. Groupama reste leader au classement général.

Si le pays de Léon a la réputation de façonner des orfèvres de la navigation le long des côtes, c’est bien parce que les cailloux de la baie de Morlaix sont sans pitié pour qui oublierait de regarder le sens des nuages, les rides de la mer et le fond de l’eau en même temps.

Redoutés autant qu’admirés, les rochers qui affleurent les alentours de l’île de Batz ont été compatissants, ce samedi, avec la flotte des Diam 24 venus s’aventurer dans le chenal. Un vent de nord-ouest constant, une houle d’un peu plus d’un mètre à marée montante ont rendu le jeu plus facile que prévu et la vérité de ce raid côtier de 36 milles entre le port de plaisance de Roscoff, le tour de l’île de Batz et le large de Trébeurden où mouillait une bouée, à l’est.

Il faut à peine une heure de navigation pour comprendre que la victoire n’échappera pas aux trois bateaux qui prennent le large en faisant le tour de l’île. Tout devant, Groupama et Spindrift se collent au flotteur tandis que Grandeur Nature Vérandas tient bon la cadence. Au premier virage, autour de la bouée nord de Batz, François Morvan, installé à la barre de Spindrift à la place de Xavier Revil (au repos), embrasse une option qui lui permet de prendre un brin d’avance sur Pierre Pennec et Groupama, sous le regard de Franck Cammas, venu admirer ce magnifique moment de régate – et sans doute prendre quelques informations avant de tenir la barre à son tour. Sur le long bord de portant, Spindrift creuse l’écart sur le Diam vert en tenant le plus longtemps possible près de la côte, enroule la bouée au portant avec une confortable avance.

Spindrift près d’être repris au près

La suite sera un peu plus complexe pour le trimaran à grand-voile noire. « Comme c’est mon premier jour à la barre du Diam 24 ici, je manquais un peu de repères, concède François Morvan. Thierry Douillard, qui est normalement dédié à la tactique, avait les yeux rivés sur les cailloux, il fallait qu’on sache où on allait. On n’a pas réussi à trouver la carburation des deux premiers tiers de course et ça a failli nous coûter cher. » L’ancien champion du monde de Hobie Cat parviendra à dominer le 4e des jeux Olympiques de Sydney 2000 en Tornado (Pierre Pennec) et à contenir le retour canon de Groupama, pour offrir à Spindrift sa première victoire d’étape pour une poignée de secondes. Grandeur Nature Vérandas, qui a tenu tête aux deux favoris jusqu’à ce qu’un problème de safran vienne tracasser Frédéric Duthil et les siens à la sortie du chenal de Batz, prend la troisième place et conserve, pour deux points, sa troisième place au classement général, à égalité de points avec CombiWest, 4e du raid côtier. Avec 293 points, Groupama reste solide leader. Mais gare : avec sa première victoire, Spindrift n’est plus qu’à deux longueurs du podium !

ILS ONT DIT

François Morvan (barreur de Spindrift, vainqueur du raid côtier de Roscoff) :

« Elle était attendue, cette victoire ! On n’en est qu’au premier tiers de la course, il nous reste le temps pour tenter d’accrocher le podium et inquiéter Groupama. On a été soulagé de voir la ligne d’arrivée, parce que Groupama nous a collé aux fesses tout le dernier tiers du parcours, on a réussi à les contenir en stratégie et en technique, parce qu’on accusait un petit déficit de vitesse au près. Autour de Batz, contrairement à ce qui était prévu, on a trouvé un peu moins de vent et de courant, ce qui nous a permis d’éviter d’avoir à aller jouer au plus près des cailloux. On a aussi mis le curseur un peu plus haut en termes de prise de risque que Groupama, qui n’avait d’ailleurs pas à le faire puisque c’est le leader. Nous devions prendre des risques avec Grandeur Nature Vérandas. On a creusé jusqu’à la bouée de portant où, là, ça a été un peu plus compliqué. Comme c’est mon premier jour à la barre du Diam 24 ici, je manquais un peu de repères. Thierry Douillard, qui est normalement dédié à la tactique, avait les yeux rivés sur les cailloux, il fallait qu’on sache où on allait. On n’a pas réussi à trouver la carburation des deux premiers tiers de course et ça a failli nous coûter cher. Demain, on va discuter et régler un ou deux trucs pour demain. »

Frédéric Duthil (skipper Grandeur Nature Vérandas, 3e du raid côtier) :

« On en a pris plein les yeux sur une première partie de parcours qui nous a fait flirter avec les cailloux. C’était super chaud, la bataille avec Spindrift et Groupama ! Cette île de Batz, je la connais pour avoir fait des départs de Solitaire du Figaro, et ça aide de connaître le coin. Je n’étais jamais passé par l’intérieur du chenal, les paysages y sont magnifiques. Quant au scenario de la course, les positions ont été données au nord de l’île de Batz. C’est parti par devant et il n’y avait plus rien à faire pour ceux qui étaient derrière. On est deuxième ? Le message que j’ai passé à mes équipiers ce matin, c’est que le classement général n’est pas important pour nous pour le moment. Il faut qu’on continue de progresser, qu’on poursuive la construction de ce qu’on montre depuis qu’on a le bateau, c’est-à-dire depuis trois semaines, qu’on continue de bien communiquer. On prend chaque raid, chaque stade nautique avec la volonté de faire le mieux possible. On creuse notre position sur ceux qui sont derrière à chaque fois qu’on se place sur le podium, en n’oubliant pas qu’on doit espérer arriver au niveau de Groupama ou Spindrift. »

Jérémie Beyou (skipper de Maître-Coq, 7e du raid côtier) :

« On navigue parmi les trois ou quatre premiers, mais ça se gâte un peu au passage de la bouée, quand on perd du vent et de la vitesse. On a encore un peu de mal à retrouver les bons réglages quand on est à la relance, et on a du mal à sortir la tête du bateau. De trois-quatre, on s’est retrouvé dans la meute, on a même glissé aux alentours de la 15e position. Mais les points très positifs, c’est qu’on a su grignoter les places pour revenir prendre la 7e place, qu’on ne baisse jamais les bras et qu’on a une belle vitesse au portant. C ‘était super sympa de retrouver mon jardin d’enfant, oui. Quand on a enquillé le chenal, j’ai réalisé qu’on n’avait pas branché la caméra, je voulais filmer ça ! Je connais les cailloux par cœur, toutes les plages où on passait nos vacances. A mon avis, personne n’a talonné : ici, les cailloux sont francs ! A Fécamp (où pas mal de bateaux ont talonné, ndlr), les cailloux ne sont pas cartographiés. Mais ils sont un peu plus friables que nos cailloux de la baie de Morlaix. Ici, les cailloux font partie du patrimoine local : on ne les talonne pas, on les respecte ! »

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