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America’s Cup 2013, la transformation d’un classique

America’s Cup 2013, la transformation d’un classique

America’s Cup 2013, la transformation d’un classique
septembre 10
14:41 2013

 

San Francisco accueille la 34e édition de l’America’s Cup au cours de l’été de régates 2013 qui se dispute dans la célèbre baie californienne. En ce moment se joue la finale de cette ultime édition entre Team New Zealand et Oracle Team. Retour sur cette course… extraordinaire (photo © ACEA / PHOTO GILLES MARTIN-RAGET).

 

L’America’s Cup est probablement le trophée sportif le plus inaccessible au monde. En plus de 150 ans depuis la fameuse course au large de l’Angleterre, seules quatre nations ont réussi à s’en emparer : les Etats-Unis, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la Suisse et seules sept villes ont accueilli la compétition avant San Francisco. La 34e édition de l’America’s Cup marque la transformation du plus ancien trophée sportif au monde avec de nouveaux bateaux équipés des ultimes technologies de pointe qui évoluent désormais autour de parcours établis au plus près des côtes. Cette édition ne ressemblera à aucune autre précédente pour plusieurs raisons. L’America’s Cup 2013 innove avec pour la toute première fois dans l’histoire de cette prestigieuse compétition : des courses côtières et non plus au large, des catamarans équipés d’aile rigide, des AC72 qui volent au dessus de l’eau à plus de 40 noeuds (80km/h) grâce à leurs foils, un nouveau tremplin pour les jeunes régatiers avec la Red Bull Youth America’s Cup, ainsi qu’un retour aux Etats-Unis depuis 1995.

 

L’histoire de la Coupe de l’America

Plus ancien trophée sportif au monde, l’America’s Cup a été disputée pour la première fois en 1851, soit 45 ans avant les premiers Jeux Olympiques modernes. Les origines de l’America’s Cup datent de l’époque victorienne au Royaume-Uni lorsqu’un syndicat d’hommes d’affaires de New York avait traversé l’Atlantique à bord de la goélette America pour représenter les Etats-Unis à l’exposition universelle de Londres. Avant de rallier la capitale, la goélette avait remporté le premier tour de l’île de Wight qui se nommait alors la Coupe des Cent Guinées. À leur arrivée, on aurait répondu à la reine Victoria demandant qui est le second : « Il n’y a pas de second, Majesté ». Après la victoire de 1851, les Etats-Unis ont détenu la coupe pendant plus de 132 années, la plus longue domination dans l’histoire du sport. Les Américains sont parvenus à défendre le trophée plus de 24 fois consécutives entre 1870 et 1980, pour enfin le céder en 1983 aux Australiens à bord d‘Australia II qui devinrent le tout premier challenger victorieux.

 

 

L’America’s Cup est une saga qui séduit les rois du business et des industries, des personnages flamboyants et charismatiques avec des carrières à succès mais rarement victorieux dans leur conquête de la Coupe. Parmi eux, le magnat italien de la maison de luxe Prada Patrizio Bertelli, l’homme d’affaire australien Alan Bond qui fit fortune dans l’immobilier, Sir Thomas Lipton le fondateur de la célèbre marque thé, Sir T.O.M. Sopwith le pionnier de l’aviation, l’Aga Khan, Ted Turner le magnat américain des médias, et Harold S. Vanderbilt un grand industriel spécialisé dans le domaine ferroviaire, triple vainqueur de l’America’s Cup et qui avait participé à la rédaction des Règles de Course à la Voile. L’America’s Cup a également attiré les personnalités de la voile les plus illustres telles que Tom Blackaller, Peter Blake, Paul Cayard, Dennis Conner, Russell Coutts et Grant Dalton.

 

L’édition 2013

L’une des plus grandes innovations est le nouveau support, l’AC72 un catamaran à aile capable d’atteindre des vitesses habituellement rencontrées sur les autoroutes d’Amérique ! A 43 noeuds, l’AC72 peut parcourir sa propre longueur en une seule seconde ! La condition physique des marins exigée par ces nouveaux bolides des mers est sans précédent. Seuls les équipiers les plus athlétiques et les plus talentueux seront à la hauteur du défi. L’endroit exceptionnel est un élément clé de cette édition. La baie de San Francisco compte parmi l’une des meilleures destinations au monde pour naviguer grâce à ses conditions de vent stables et à son plan d’eau technique. De plus, le superbe amphithéâtre naturel encadré par le mondialement connu pont du Golden Gate Bridge en fait un site idéal. Avec les courses côtières se disputeront au plus près du public à terre, les équipages seront acclamés et encouragés par les millions de spectateurs depuis le long du front de mer de la ville.

Un développement inattendu et innovant dans le design des AC72 – les foils – permet désormais au multicoque de sept tonnes de voler au dessus de l’eau. Une fois le catamaran élancé, les foils, installés en bas des dérives et des safrans, génèrent suffisamment de force pour soulever les deux coques de l’AC72, en réduisant l’immersion et en optimisant leur vitesse. En étant encore plus véloces, un nouveau défi entre donc en jeu. Contrôler les bateaux qui survolent le plan d’eau, constitue pour l’équipage un immense tour de force. Beaucoup pense que la victoire de cette America’s Cup reviendra à l’équipe qui maîtrisera le mieux ces foils, sans compter la gestion des risques et du stress des équipiers à bord.

 

 

Les finalistes de l’America’s Cup 2013

> ORACLE TEAM USA / En février 2010, ORACLE TEAM USA avait remporté la 33e America’s Cup le jour de la Saint-Valentin, 10 ans après que le propriétaire de l’équipe Larry Ellison (USA) se soit lancé à sa conquête, suite à deux défaites successives en 2003, à Auckland puis en 2007 à Valencia. Le Defender américain est formé d’une armée de talents. Le skipper Jimmy Spithill (AUS) est le plus jeune vainqueur de toute l’histoire de l’America’s Cup. Son barreur remplaçant, Ben Ainslie (GBR) est le régatier olympique le plus médaillé de tous les temps. Le tacticien John Kostecki (USA) est le seul marin a avoir remporté l’America’s Cup (2010), la Volvo Ocean Race (2001-02) et une médaille olympique (1988). Son équipe technique reste inchangée depuis des années, et celle des ingénieurs réunie les meilleurs spécialistes dans chacun de leur domaine respectif. En tant que première équipe à s’être installée à San Francisco, ORACLE TEAM USA a totalisé le plus grand nombre de journées d’entraînements dans la Baie, comparé aux autres challengers. Mais en octobre 2012, l’équipe a été victime d’un chavirage à bord de son premier AC72. Le catamaran a été sévèrement endommagé et l’aile a été entièrement détruite. Par la suite, ORACLE TEAM USA est resté à quai pendant trois mois. Un tel incident aurait pu réduire à néant toute leur campagne. Mais le skipper Jimmy Spithill a ensuite révélé que l’effet inverse s’est produit et que l’équipe est désormais plus forte et plus soudée que jamais. En remportant les deux saisons du circuit des America’s Cup World Series en amont de l’été de régates 2013, l’équipage a prouvé qu’il domine ses principaux rivaux. « Nous ne nous considérerons jamais comme fin prêts » déclare Jimmy Spithill. « Jusqu’au dernier moment, nous tenterons de repousser nos limites et de nous améliorer. Notre programme de développement est défini jusqu’au départ de la dernière course ».

 

Bateaux de la coupe de l'america 2013

 

> EMIRATES TEAM NEW ZEALAND / Emirates Team New Zealand est le vainqueur en titre de la Louis Vuitton Cup, suite à leur victoire de 2007. Bien que la création d’Emirates Team New Zealand date de 1993, la formation de l’équipe en place pour l’America’s Cup 2013 remonte à l’époque du premier défi néo-zélandais pour la Louis Vuitton Cup de 1986-87 qui s’était disputée en Australie occidentale. A l’exception du New York Yacht Club, aucun autre syndicat n’a participé aussi longtemps à l’America’s Cup que Team New Zealand. Véritables ‘All Blacks’ de la voile, Emirates Team New Zealand est dirigé par Grant Dalton, qui avait rejoint l’équipe suite à leur terrible défaite dans l’America’s Cup en 2003. Les Kiwis de Team New Zealand étaient alors considérés comme la meilleure équipe au monde depuis pas moins de huit ans ! En 1995, le défi remporte la Louis Vuitton Cup et l’America’s Cup à San Diego, puis ils la défendent avec succès en 2000. Après cette victoire, l’équipe subit de nombreux départs importants. En 2003, ils sont de nouveau présents en finale face aux Suisses d’Alinghi qui s’imposeront par 5 à 0. L’un des piliers du défi néo-zélandais au cours des treize dernières années est le skipper Dean Barker. Dean Barker avait mené l’équipe à la victoire lors de la cinquième manche décisive de l’America’s Cup en 2000 et il est toujours aux commandes depuis. Dean Barker a enchaîné les hauts et le bas en voile, en manquant de peu une sélection olympique et un titre de champion du monde en Laser. Mais il est aussi capable du meilleur et il a tenu bon lors du passage en multicoques extrêmes qui ont satisfaits sa passion pour la vitesse qu’il partage à bord de voitures de course avec son père, Ray. Emirates Team New Zealand affirme avoir recruté les meilleurs ingénieurs et architectes au monde et que plus de 140 000 heures de travail ont été dédiées à la construction des deux AC72. L’équipe design, formée de 37 personnes, est dirigée par le Directeur technique Nick Holroyd, membre de l’équipe depuis leur victoire en 2000. Les autres membres clé sont Daniel Bernasconi, qui est entré dans le monde de la voile en 2007 après avoir quitté celui de la Formule 1, du concepteur de l’aile Steve Wilson, du maître voilier Burns Fallow, et de l’architecte naval Pete Melvin, un spécialiste du multicoque californien qui avait participé à l’élaboration de la jauge des AC72.

 

 

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