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Analyse de Michel Desjoyeaux sur la deuxième étape de la Volvo Ocean Race!

Analyse de Michel Desjoyeaux sur la deuxième étape de la Volvo Ocean Race!
décembre 17
20:02 2014
Le bateau espagnol et ses huit équipiers ont coupé la ligne d’arrivée à Abu Dhabi en quatrième position, à 4h18 dimanche matin. Après une deuxième étape longue et pleine de rebondissements, Iker Martinez semble satisfait, s’estimant « à sa place ». Suite aux profonds remaniements de la première étape, un tel classement est déjà une belle récompense, qui témoigne de l’adaptabilité et des compétences de chacun des membres d’équipage. Une ombre plane pourtant sur le classement hispanique : l’équipage américain d’Alvimedica s’est arrêté plusieurs heures pour porter assistance à Vestas Wind et a passé la ligne 10h 11min et 5 secondes derrière MAPFRE. Le jury de la Volvo Ocean Race décidera bientôt combien de temps leur restituer, ce qui pourrait reléguer les Espagnols à la cinquième place.

Pour TBS (partenaire de Mapfre et de Michel Desjoyeaux) Michel Desjoyeaux nous livre son analyse de cette deuxième étape.

L’ÉCHOUEMENT DE TEAM VESTAS WIND : RETOUR SUR UNE CATASTROPHE

« Le fait marquant de cette deuxième étape c’est l’échouement du Team Vestas Wind. Ça a été suivi par beaucoup de monde et un tel accident paraît tellement surprenant qu’il suscite forcément la curiosité.

Dans l’océan Indien, il y a des îles mais aussi et surtout des récifs coralliens, qui sont cartographiés. Techniquement, on fonctionne avec des calques sur la cartographie : les lignes de sonde, le trait de côte, le plateau continental en bleu alors que le reste de la carte est blanc, les indications des phares, les déclinaisons magnétiques… Une multitude d’informations. Quand on superpose à ça des données météorologiques – qui sont colorisées –, pour étudier à quel endroit il faut passer, à quel endroit il y a plus de vent, ça devient vite très compliqué à déchiffrer ! Quand on navigue au large, bien souvent, on enlève donc la cartographie pour pouvoir se concentrer sur les données météorologiques. Malheureusement, dans certaines zones du globe, c’est une erreur qui peut coûter très cher. Cette fois, c’est Team Vestas Wind qui a pris, mais ça aurait pu arriver à d’autres. Dans certains tweets postés par Dongfeng, si on lit entre les lignes, on comprend que par moment ils ont dû, eux aussi, friser la correctionnelle.

Ce qui est « choquant » pour les spectateurs, c’est que c’est la première fois qu’on voit un bateau rester coincé, comme ça, au milieu de nulle part, loin de tout… Mais il n’y a pas d’ambiguïté, le récif était bien sur la carte. De jour, cet accident ne serait jamais arrivé. Toucher des hauts fonds ça arrive, mais une fois qu’ils ont passé la barrière de corail et qu’ils se sont posés, le bateau ne peut malheureusement plus bouger. Dans leur malheur, ils ont cependant eu beaucoup de chance qu’il n’y ait pas eu de dommages humains ! »

L’ASSISTANCE D’ALVIMEDICA

« L’équipage d’Alvimedica a été appelé car il était le plus proche de Team Vestas Wind au moment de l’échouement et donc potentiellement le plus rapide à pouvant se rendre sur zone. En principe, le « porter assistance » à un équipage en situation de détresse est un acte gratuit, mais le jury devrait leur restituer un temps « d’escale » ou « d’arrêt », voire même une compensation basée sur les options, l’évolution de la météo, etc. Le  temps évalué  ne serait donc pas relatif à la gravité du secours qu’ils ont effectué, mais calculé par rapport aux vraies conditions météorologiques qu’ils auraient dû avoir sur la suite du parcours. Alvimedica pourrait ainsi repasser devant MAPFRE au classement. Tout dépendra de la décision du jury.

L’OPTION À RISQUE DE MAPFRE

« Après une bonne entame de course, la remontée de l’océan Indien s’est relativement bien passée pour l’équipage de MAPFRE. Mais à un moment, ils ont décidé de prendre une option radicalement différente de leurs adversaires avant une grosse zone d’incertitude. C’était une grosse prise de risque tactique et stratégique que de se séparer de la flotte à ce moment-là, en s’éloignant encore plus de la route. Aujourd’hui on connaît le résultat : ça n’est pas passé. Mais si ça avait réussi, ils auraient pu mettre deux jours dans la vue à tout le monde ! C’est le jeu. Aujourd’hui, on peut analyser ça comme une erreur, mais à peu de choses près on pourrait tous être là à applaudir cette brillante option si elle s’était avérée payante. »

Source: le Blog de TBS

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