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Arrivée du Vendée Globe : Dominique Wavre (7e) et Arnaud Boissières (8e)

Arrivée du Vendée Globe : Dominique Wavre (7e) et Arnaud Boissières (8e)
février 11
10:51 2013

 

Dominique Wavre a franchi la ligne d’arrivée du Vendée Globe le Vendredi 8 Février à 16h 16mn 42s, heure française. Il prend la septième place de la course derrière Mike Golding. Le samedi, c’est Arnaud Boissières qui franchi la ligne d’arrivée du Vendée Globe à 15h 11mn 02s, heure française. Il prend la huitième place de la course derrière Dominique Wavre (crédit photo : Vendée Globe).

 

Dominique Wavre, septième

 

En bouclant son quatrième Vendée Globe, Dominique Wavre ajoute un dixième tour du monde à son palmarès. Un bilan impressionnant pour le navigateur suisse qui aura démontré une fois de plus que l’on peut être compétiteur de haut niveau et rester d’une courtoisie et d’un fair-play impeccables. Son temps de course est de 90j 03h 14mm 42s. Sa vitesse moyenne sur le parcours aura été de 11,3 nœuds. Il aura parcouru 27 396 milles sur l’eau à la vitesse moyenne de 12,7 nœuds. Rappel : la distance théorique du parcours est de 24 394 milles.

 

La cellule familiale en pivot

Dominique Wavre n’a pas dérogé à la règle qui est la sienne depuis des années. Avec l’aide de sa compagne Michèle Paret et de la fille de celle-ci Magali, il monte ses projets en famille. Michèle, compétitrice dans l’âme l’accompagne sur chacune de ses courses en double, quand Magali gère les aspects logistiques. Etabli à La Rochelle la plupart du temps, Dominique veille toujours à préparer ses projets avec beaucoup de méticulosité. Le navigateur suisse a, comme Jean Le Cam, choisi de préparer son Vendée Globe sans trop aller se confronter aux autres IMOCA. Une philosophie qui lui a permis d’aborder cette édition 2012-2013 sans trop de pression vis à vis de la concurrence des bateaux de dernière génération.

 

Chacun son rythme

Dès le début de la course, Dominique Wavre a dû accepter de laisser partir par devant les prototypes de dernière génération qui, aux allures de reaching modéré, bénéficient d’un potentiel de vitesse supérieur. Les conditions météo de ce début de course favorisent les hommes de tête qui creusent rapidement l’écart. Très vite, Dominique se trouve au sein d’un groupe de chasse aux côtés de Mike Golding et Jean Le Cam. Devant eux la cavalerie légère des leaders mène la danse jusqu’au pot au noir qui se révèle difficile pour tout le groupe de tête.

 

Naissance des tontons

Le groupe des quinquas profite de ce regroupement pour revenir à une centaine de milles des cinq premiers que seul Alex Thomson parvient à titiller sur une unité datant de 2007. Ce trio groupé des cinquantenaires provoquera l’amusement de Dominique qui, l’affublera du surnom lié au titre du film d’Audiard. Le groupe des tontons flingueurs va naviguer au contact, jusqu’au large de la Tasmanie où Jean Le Cam prendra la poudre d’escampette. Mais cette navigation collés serrés va donner lieu à quelques scènes cocasses comme cette rencontre avec Jean Le Cam où les deux concurrents naviguent à moins d’une encablure l’un de l’autre. Chacun immortalisera la scène de vidéos à regarder en miroir.

 

Dixième cap Horn

Franchir le « cap dur » ne peut pas être anodin. Auparavant, il faut franchir l’obstacle des mers du Sud. Ces mers, symbole de liberté et d’espaces sauvages, Dominique a du mal à les voir se civiliser sous l’effet des portes des glaces. S’il n’en conteste pas l’intérêt pour des questions de sécurité, il n’aime pas la navigation séquencée que la répétition des passages obligés impose. D’autant que plusieurs fois, derrière les leaders, les poursuivants se trouvent englués dans des dorsales anticycloniques qui les freinent. Politesse helvétique oblige, il ne haussera jamais le ton plus que nécessaire, mais on sent bien que cette multiplication des obstacles n’est pas vraiment sa tasse de thé. Malgré tout, son dixième cap Horn est fêté avec les égards dus à l’événement.

 

Le purgatoire atlantique

Usuellement, le passage du cap Horn est une délivrance. Mais Dominique Wavre est trop fin renard pour ne pas savoir qu’il reste encore trois à quatre semaines de course avant de rallier les Sables d’Olonne et que ces derniers milles sont parfois compliquées. Et pourtant, jamais Dominique Wavre n’aura connu une remontée de l’Atlantique Sud aussi pénible. Vents contraires et erratiques, fichiers météo en total décalage avec la réalité, mer casse bateau. Comme tous ses compagnons d’infortune, Jean Le Cam, Javier Sanso, Arnaud Boissières, Mike Golding, le Suisse souffre. Mais il encaisse sans broncher, sachant que c’est aussi ces moments difficiles qui font que l’on apprécie encore les autres. En terminant à la septième place de cette édition 2012-2013, il boucle ainsi son quatrième Vendée Globe. Qui sait si ce diable d’homme n’est pas capable de nous en proposer un autre dans quatre ans ?

 

Coup double pour Arnaud Boissières

 

En terminant son Vendée Globe en huitième position, Arnaud Boissières entre dans le cercle très fermé des solitaires ayant réussi à boucler l’épreuve par deux fois consécutives. Seuls huit navigateurs avaient, jusque ici, réussi cette performance. Son temps de course est de 91j 02h 09mm 02s. Sa vitesse moyenne sur le parcours aura été de 11,2 nœuds. Il aura parcouru 27 478,78 milles sur l’eau à la vitesse moyenne de 12,6 nœuds. Rappel : la distance théorique du parcours est de 24 394 milles.

 

Une confiance renouvelée

Arnaud Boissières fait partie de ces quelques concurrents privilégiés qui, dès la fin du Vendée Globe 2008-2009, a su très rapidement qu’il pourrait repartir sur une nouvelle édition. Pour ce faire, il a racheté l’ancien bateau de Vincent Riou de manière à disposer rapidement d’une machine pour s’entraîner. Transat Jacques Vabre, Route du rhum, Arnaud prend petit à petit la mesure de sa nouvelle monture. Objectif avoué : être fin prêt pour le départ du Vendée Globe 2012. Entretemps Arnaud s’est installé aux Sables d’Olonne et l’Arcachonnais devient la mascotte des Vendéens, comme un enfant de la Chaume.

 

Un rythme difficile à trouver

De son aveu même, le début de course d’Arnaud est en demi-teinte. Quelques choix météo qui ne se révéleront pas payant, un rythme un ton en dessous des leaders qui mettent la barre très haute, rapidement AKENA Vérandas se trouve relégué en milieu de peloton derrière le groupe des « tontons flingueurs ». Les conditions météo tendant à favoriser les hommes de tête, la première partie de course de Cali est laborieuse.

 

Renaissance pacifique

Petit à petit, Arnaud Boissières revient dans la course. Mais l’océan Indien se montre intraitable et les séquences qu’imposent les passages des portes s’enchaînent à contretemps. Au final, Arnaud se retrouve crédité du plus mauvais temps intermédiaire entre le cap de Bonne Espérance et le cap Leeuwin. Heureusement, le Pacifique va lui permettre d’inverser la tendance. Son duel avec Bernard Stamm, reparti de Nouvelle-Zélande, va lui permettre de se confronter à un bateau de dernière génération et de démontrer que dans de bonnes conditions, Cali n’avait rien perdu de sa vista. Il passe le cap Horn en 8e position après avoir établi le quatrième temps dans le Pacifique à moins d’une demi-journée du record de François Gabart.

 

Le 9e homme

Comme les autres concurrents de son groupe, Arnaud va être confronté à une remontée de l’Atlantique Sud particulièrement difficile. En tentant un bord le long de la terre, il remonte sur ses concurrents directs, mais à la latitude de Rio de Janeiro, il ne parvient pas à s’extraire d’une petite dépression orageuse et reperd l’intégralité du bénéfice acquis dans cette option. Dès lors, la priorité d’Arnaud devenait de ramener le bateau à bon port et de devenir le 9e concurrent du Vendée Globe à finir deux tours du monde consécutifs. Il rejoint ainsi Jean-Luc Van Den Heede, Alain Gautier, Marc Thiercelin, Dominique Wavre, Mike Golding, Joe Seeten, Raphaël Dinelli et Armel Le Cléac’h.

 

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