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Les Sables – Madère – Les Sables

Les Sables – Madère – Les Sables
juillet 06
00:00 2007


 

Les Class’40 peinent au large du Portugal en bordure de l’anticyclone des Açores dans un vent assez instable : la flotte est déjà scindée en deux groupes, ceux qui ont frisé les calmes des hautes pressions et ceux qui ont préféré se recadrer vers le Portugal. A la latitude de Lisbonne, les équipages ont encore 500 milles à parcourir pour atteindre le cap Finisterre…
 
La voile est une discipline où il faut raison garder, même quand les éléments ne correspondent pas aux situations prévues par la météo ! Et dans le cas de cette deuxième étape entre Madère et Les Sables d’Olonne, il va falloir préserver ses nerfs car les bouleversements du classement semblent bien être au programme… Car pour l’instant, ce sont les « Portugais », ceux qui ont choisi de se recaler vers les côtes ibériques qui ont pris l’ascendant au classement : en faisant route au 70° (Est-Nord Est), ils gagnent peu vers le Nord mais contournent la zone de vents faibles qui s’est établie au large des Açores. Cela leur permet certes de progresser à plus de sept nœuds, mais cela les éloigne de plus en plus du groupe des « Açoriens »…
 
Moins vite, mais plus direct
 
Car le danger semble bien venir de leur gauche, de leur Nord-Ouest où certains Class’40 n’ont pas hésité à manger leur pain noir en allant titiller l’anticyclone : leurs vitesses ont sensiblement baissé ce samedi matin, mais en cet après-midi, ils bénéficient d’un flux qui semble se stabiliser au secteur Nord-Ouest. Dans une brise inférieure à douze nœuds mais qui permet de faire un cap au dessus de la pointe Finisterre… Si ces voiliers arrivent à se maintenir dans cette veine de vent toute la nuit prochaine, ils vont normalement sortir plus vite de cette zone tampon pendant que leurs concurrents plus à l’Est, vont continuer à tirer des bords dans un alizé qui devrait se renforcer…
 
« On s’est dit qu’on avait pas grand-chose à perdre en faisant une route différente : nous sommes montés au Nord, au dessus de la flotte. On espère que le vent ne sera pas trop mou… mais actuellement, ce n’est pas la panacée ! Le vent oscille beaucoup entre le Nord-Ouest et le Nord et entre 5 et 8 nœuds… On essaye de grimper au dessus de la route et je crois que nous avons passé la dorsale. En tous cas, le baromètre ne bouge pas beaucoup ! », indiquait Cécile Poujol (Merci les amis !), leader des partisans de la route Ouest açorienne… Ce que confirme Jean-Christophe Caso (Jardin Bio-Prévoir) à quelques milles dans son sillage : « On s’est enfoncé dans le refus (vent tournant vers le Nord-Ouest) et on a viré dans la nuit. On est allé chercher du vent plus favorable à l’Ouest, un peu moins fort mais plus direct vers le cap Finisterre : nous avons dix nœuds de vent de Nord à Nord-Ouest et nous faisons une route au 40° sur l’Espagne. Mais ça devrait pas mal mollir dans les heures à venir à cause de l’anticyclone qui se décale vers nous… L’idée est de faire le tour de la paroisse ! »  
 
Plus de brise mais moins de cap
 
De leur côté, les leaders au classement ont opté pour une route plus conservatrice, mais surtout pour une confrontation à vue qui leur permet de s’étalonner en permanence pour valider leurs réglages. Une tactique qui paye car elle incite à l’émulation, mais une stratégie à risque si les « Nordistes » arrivent à s’extirper de la bulle anticyclonique… « Le vent change sans arrêt en force et en direction et il faut tout le temps s’adapter… On a du mal à faire avancer les bateaux ! On attend impatiemment une stabilisation de la brise pour les prochaines heures… L’intérêt d’être à plusieurs Class’40 au contact, c’est de voir tout de suite lorsqu’on a du mal à avancer ! », analysait Pierre-Yves Chatelin (Destination Calais).
 
Mais encore faut-il que le vent s’oriente plus favorablement la nuit prochaine car autrement, le décalage en latitude va devenir conséquent ! « Nous avons du vent de Nord à Nord-Est de quatorze nœuds sur une mer plutôt plate. Nous sommes encore au contact avec Destination Calais et Choice Hôtels : nous nous sommes bagarrés toute la journée de vendredi et toute la nuit dernière. Le vent s’est stabilisé un peu et tourne favorablement vers le Nord-Ouest : je mise pour qu’on puisse passer presque à la volée le cap Finisterre avec un front à négocier. Mais peut-être que nous sommes un peu trop dans l’Est par rapport au groupe plus proche des Açores… », s’inquiétait quant à lui, Yvan Noblet (Appart City) ce samedi midi.
 
La sanction à l’entrée du golfe
 
Les prévisions météorologiques sont en effet à double tranchant ! Plus les équipages se rapprocheront du Portugal, plus les alizés seront forts (20-25 nœuds) mais orientés au Nord, donc pile sur l’axe de la route directe. A contrario, plus les voiliers seront décalés vers les Açores, plus le vent sera faible (8-12 nœuds) mais plus il viendra du Nord-Est, donc permettant de faire un cap direct plein Nord… A plus long terme, les Class’40 qui arriveront à déborder largement le cap Finisterre pour piquer au milieu du golfe de Gascogne seront mieux positionnés pour le sprint final, que ceux qui vont raser les falaises ibériques en peinant face à des vents forts et contraires… Il faut donc s’attendre à une succession de virements de bord dans les heures qui viennent au gré des bascules de la brise, et probablement à des routes qui se croisent lorsque les navigateurs auront en main les classements du jour et le positionnement de leurs concurrents. Appliquer une adaptation tactique sur un plan stratégique est tout la difficulté de cette remontée qui s’annonce laborieuse et fatigante, tant pour le matériel que pour les équipages… Un vrai tricotage !
 
A noter que Cariberia est reparti de la marina de Quinta do Lorde ce samedi à 10h30 après avoir réparé provisoirement son étai cassé : Stephen Card et Maxime Pachot concèdent plus de 200 milles aux leaders mais bénéficient d’une belle brise de Nord qui leur permet de faire route vers le cap Saint Vincent.
 
Classement du samedi 7 juillet à 16h00
1- Yvan Noblet (Appart City) à 865 milles de l’arrivée
2- Pierre-Yves Chatelin (Destination Calais) à 2,4 milles du leader
3- Jean-Edouard Criquioche (Choice Hôtels) à 3,5 milles du leader
4- Jean-Pierre Amblard (Azawakh III) à 3,6 milles du leader
5- Cécile Poujol (Merci les amis !) à 35 milles du leader
6- Lionel Regnier (Groupe Séfico) à 42 milles du leader
7- Benoît Parnaudeau (Jardin Bio-Prévoir) à 44 milles du leader
8- Alexis Guillaume (Méréna) à 67 milles du leader
9- Stephen Card (Cariberia) à 204 milles du leader
 
 
Contact presse : Isabelle Delaune – 06 20 53 90 14 – isabelle.delaune@wanadoo.fr
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