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Les nouveaux marchés nautiques – Chine / Inde / Brésil

Les nouveaux marchés nautiques – Chine / Inde / Brésil
juillet 15
00:00 2007
Les nouveaux marchés nautiques
Focus : Chine / Inde / Brésil
 
 
Trois pays émergents, dans lesquels l’industrie du nautisme à des degrés divers prend une importance croissante, sont susceptibles d’asseoir leur emprise sur ce marché dans les années à venir. D’un Brésil qui, doucement mais sûrement, cherche à se faire une place sur le marché à une Chine ambitieuse, des opportunités de marché et des menaces réelles se profilent. Si cette industrie est encore naissante dans chacun de ces 3 pays, elle pourrait rapidement gagner du terrain, car forts d’un emplacement stratégique, d’un savoir-faire et d’une croissance élevée, ces trois pays se présentent comme des cibles privilégiées des leaders du marché.
 
La Chine
 
 
Une industrie ambitieuse
 
En matière de construction navale, la Chine n’a qu’une ambition, devenir dans les années futures le leader mondial. Pour cela, elle compte user des forces qui lui ont permis de venir, dans d’autres domaines, concurrencer les puissances occidentales :
 
         Une main d’œuvre à bas coût :
         Une adaptation rapide aux différentes technologies :
         Quelques entreprises notamment dans la construction de Super Yacht capables d’exporter (Cheoy Lee Shipyard, Jet Tern Marine)
         Une économie efficiente
 
Les ambitions et les chiffres sont éloquents mais il n’en demeure pas moins que la Chine a encore beaucoup de chemin à parcourir pour concurrencer les grandes nations de l’industrie nautique. Le nautisme en Chine doit lever encore quelques barrages pour éclore :
 
         Une technologie et un savoir-faire à acquérir :
         Un manque d’infrastructures d’accueil
         Une méconnaissance du nautisme et de ses spécificités
         Un loisir encore très cher
         Des règles de navigation très contraignantes :
 
 
Chine : Le futur grand marché du nautisme ?
 
Avec une croissance de 10% par an, une augmentation de la classe moyenne urbaine qui atteint 130 à 200 millions de personnes, un marché du luxe qui ne cesse d’augmenter, la Chine s’impose comme le grand marché du futur.
Si le nautisme n’en est qu’à ses balbutiements, plusieurs signes laissent présager que cette activité a de beaux jours devant elle :
 
      – « L’effet J.O. »
– Des événements sportifs médiatiques (le premier équipage chinois à l’America’s Cup
– Une réserve exponentielle d’acheteurs potentiels (la Chine compte 500 000 millionnaires en $)
L’enjeu est de taille et les risques doivent être correctement évalués. La première barrière pour l’implantation d’entreprises en Chine est la peur de la copie des technologies ou du savoir-faire. La Chine est en tête des pays où la contrefaçon et la violation des droits de propriété intellectuelle sont les plus importantes. Les entreprises hésitent donc à s’implanter en Chine pour le moment, préférant généralement l’exportation. Cependant, le coût de transport s’avère élevé, sans oublier qu’il s’agit aussi de ramener le bateau à bon port sans l’abîmer.
 
 
Initiatives
 
Par le biais du salon nautique de Shangaï, certaines entreprises françaises tentent de pénétrer le marché chinois par le biais d’initiatives diverses.
           
La Joint Venture

Poncin a conclu en 2006 une Joint Venture avec Qingdao Yilufa pour fabriquer et commercialiser des modèles de la gamme White Shark. La société est co-détenue à 50% par les 2 groupes. Poncin livre les moules, tandis q’une équipe de White Shark forme et encadre le personnel.
           Bénéteau s’installe en Chine
 
Le groupe Bénéteau a d’abord ouvert un premier bureau commercial à Shangaï. Suite à un accord conclu avec la Chinese Yachting Association, Bénéteau a vendu 10 First 40.7 à la Chine pour la China Cup. Pourtant, à l’heure actuelle, il n’est pas dans les projets de Bénéteau de s’installer en Chine. Par peur d’être copié, le leader français choisit d’être présent sur le territoire sans y implanter un site de production.
 
            Raimanta fabrique en Chine
 
Raimanta (Roncq – Nord) est une entreprise nouvellement créée, spécialisée dans la vente de bateaux pneumatiques d’annexe longs de 2.3 à 4 mètres. Les prix sont attractifs : 599, 799 et 1 199€ TTC pour des bateaux de 2.3, 3 et 4 mètres.
 
L’état du marché
 
– Environ 150 chantiers chinois
– 1000 bateaux immatriculés au total (sauf petits canots à voiles et pneumatiques) dont 400 privés
– Marché : 30 millions $ en 2006
– Places en marina : 1 000 places disponibles, 50 projets de construction de marinas en cours
– Population : 1.3 milliards
– Salaire moyen : entre 80 et 120€/mois
– Croissance : 10% par an
– Voies navigables :
18 000 km de côtes, lacs et voies navigables intérieures
 
Flotille
Sur les 400 bateaux privés, 95% sont des bateaux à moteur et 5% des bateaux à voile. Sea Ray, Regal et Mustang dominent le marché. Au-dessus de 12 mètres, Sunseeker, Azimut, Pershing et Ferretti ont fait une belle entrée.
 
 
 Le Brésil 
 
L’histoire de l’industrie nautique au Brésil est fluctuante, entre les soubresauts de la monnaie et des taxes, les industriels ont dû s’adapter, et ce avec une certaine réussite.
 
 
Un savoir-faire reconnu
 
En 1999, la hausse des taxes sur les importations a provoqué un exode des groupes étrangers installés au Brésil. Entre temps, les constructeurs locaux ont réussi à faire évoluer leur production vers une technologie et un savoir-faire de qualité supérieure. L’Acobar (Association brésilienne des constructeurs de bateaux et équipementiers) a donc mené diverses actions afin de faire valoir la qualité de la production locale.
 
      –         La norme A.B.N.T. (Associaçao Brasileira de Normas Tecnicas)
         L’émergence de pôles de formation
         Une qualité reconnue par les consommateurs étrangers
 
Forts de ce savoir-faire, les constructeurs brésiliens ont choisi de s’engager vers l’export. Les chiffres sont en perpétuelle augmentation : 1.5 millions $ en 2003, 10 millions $ en 2004, 11.2 millions $ en 2005 et une prévision de 15 millions $ pour 2006.
La destination préférée des brésiliens pour l’export est l’Europe, car les petites embarcations entre 6 et 15 mètres constituent la majeure partie de leur production et sont plus favorables à un marché européen dont ce type de bateau constitue une part importante des ventes. De plus, les taxes sont inexistantes pour les bateaux destinés à l’export. Seul point noir au niveau de l’export, le renforcement du Real par rapport au Dollar, qui a contribué à augmenter les prix à l’export et à diminuer les marges.
 
Si le coût de la main d’œuvre constitue également un atout pour les chantiers brésiliens, le problème du coût des taxes et notamment de l’I.P.I. (Impôt sur les produits industrialisés) reste vif :
 
         L’I.P.I. peut atteindre 30 à 50% selon la taille du bateau
         100% de taxes sur l’importation
         L’un des taux d’intérêt les plus élevés au monde pour le financement des bateaux
 
La tendance des industriels brésiliens est donc à l’exportation, avec pour objectif d’atteindre un 50-50 sur le marché local et l’export en profitant de la saisonnalité des marchés européens et sud-américains.
 
 
Un marché qui tarde à démarrer
 
Si le Brésil a une histoire commune avec la mer et les grands navigateurs portugais, ce loisir reste étonnamment peu répandu dans le pays. Pourtant, certains endroits au Brésil ne sont accessibles que par voie fluviale. Le nautisme est encore perçu comme un jouet de luxe, même si les classes les plus favorisées ont de moins en moins d’appréhension à montrer leurs richesses.
La longueur des côtes brésiliennes est un atout majeur, mais le manque d’infrastructure de plaisance handicape son développement.
 
Pourtant l’Acobar mise sur une forte augmentation de cette activité et multiplie les campagnes de promotion.
 
         Viva a vida : Tenho Um Barco
         Développement des marinas
         Aide au financement
 
Si le marché est à un stade plus avancé que les marchés chinois et indiens, le ratio de bateaux par habitant est de 1/1600, ce qui reste très faible par rapport à de grands pays nautiques comme la France où la proportion est de 1/120.
 
Pour les entreprises étrangères, le gros frein au développement vers le Brésil réside dans le coût des taxes. Pourtant, depuis 1999, certains entreprises sont venues s’installer au Brésil (Spirit Ferretti, Bavaria) ou sont revenues suite au renforcement du Real (Bayliner, Regal).
Si la localisation du Brésil non loin des Caraïbes et son potentiel géographique nautique apparaissent comme des facteurs à prendre en compte en vue d’une implantation, il n’en demeure pas moins que le pays apparaît plus comme une zone d’investissement incertaine que comme une réelle opportunité. Les taxes et la pauvreté du marché brésilien sont un réel frein à l’investissement étranger alors même que l’essor des entreprises locales et leur volonté d’être présent à l’export semblent favoriser l’émergence de l’industrie brésilienne sur la scène internationale.
 
 
Initiatives
 
Les constructeurs français ne semblent pas être présents sur le marché brésilien. Si d’autres pays essaient de s’implanter au Brésil, ce sont surtout les constructeurs locaux qui tentent de se placer sur le marché européen.
 
            Les constructeurs brésiliens s’attaquent au marché européen
 
Evolution Boats, Holos Brasil, Schaeffer Yachts, Fibrafort, si ces noms ne vous sont pas forcément connus, ces entreprises investissent peu à peu le marché européen. Les chiffres sont plutôt modestes (12 bateaux en 2006 pour Holos Brasil qui vend des petits bateaux d’initiation à la voile). L’ambition de Schaeffer Yachts est plus importante : doubler ses exportations pour atteindre 30% des ventes. Fibrafort, qui produit des bateaux de sport de 4 à 8 mètres, est plus offensive. L’entreprise a construit 1 020 bateaux en 2006 et projette d’en exporter 1 000 par an en 2011. La cible est avant tout européenne, compte tenu du type de bateaux construits. Certaines entreprises comme Holos Brasil, sont implantées au Portugal.
 
L’état du marché
 
– Environ 151 chantiers, principalement de petite et moyenne taille
– 3 300 bateaux construits en 2005
– Marché : 385 millions $ en 2005
– Nombre de marinas : 654, en incluant les yacht-clubs
– Population : 180 millions
– Salaire moyen : moins de 300€/mois
– Croissance : 2.5% à 5% par an
– Voies navigables : 9 000 km de côtes, plus les voies intérieures.
 
La flottille
– 80% des embarcations immatriculées ne dépassent pas 10 mètres
– La plupart des bateaux sont en polyester (environ 53 000 embarcations)
– Peu de grandes embarcations ni de yachts de luxe
– Bateaux souvent destinés aux endroits abrités : petites barques et petits voiliers
 
 
 
L’Inde
 
Le marché et l’industrie nautique indiennes n’en sont qu’à leurs débuts, mais de réelles opportunités pourraient se présenter dans les années à venir. Si peu d’entreprises sont encore implantées en Inde, bon nombre garde un œil attentif sur ce marché en gestation.
 
 
Une micro industrie
 
Les chantiers locaux ne sont pas nombreux en Inde ; seuls une trentaine de constructeurs sont présents sur le territoire.
Pourtant, les industriels locaux ne partent pas de rien et ont déjà un savoir-faire issu de leur expérience dans la marine marchande. Leur production se caractérise par leur adaptabilité à toutes les demandes. Celles-ci n’étant pas nombreuses mais très différentes, les constructeurs indiens savent diversifier leur savoir-faire pour répondre aux attentes des clients.
 
Pour le moment, l’Inde semble miser avant tout sur l’implantation d’entreprises étrangères pour développer le nautisme.
Les constructeurs locaux pourraient se tourner vers un marché domestique qui comporte quelques particularités
 
         Le House Boat
         Des bateaux adaptés aux canaux fluviaux, lacs et lagons
 
Les constructeurs indiens bénéficient donc d’un savoir-faire indéniable qui pourrait leur permettre de se faire une place sur le marché interne et international.
 
 
Un marché à surveiller de près
 
Pour le moment, l’Inde n’est pas un pays a fortiori très orienté vers le nautisme. S’il dispose d’atouts évidents tels que la longueur de ses côtes et de ses voies navigables ou un attachement à la mer plus prononcé qu’en Chine, il n’en demeure pas moins que le marché indien reste à l’heure actuelle sujet à plusieurs difficultés :
 
         Un manque criant d’infrastructures
         Très peu de bateaux achetés sur le territoire
 
Parallèlement, étant donné les perspectives de croissance qu’offre l’Inde, le marché du nautisme dispose d’éléments favorables pour devenir un véritable eldorado pour les industriels étrangers.
 
         Le marché du luxe
         Augmentation des classes moyennes
         Attrait pour le nautisme
         Sécurité par rapport à la propriété intellectuelle :
 
L’Inde se positionne à la fois comme un marché potentiel mais aussi comme une alternative à la Chine dans l’implantation ou l’externalisation. Si, pour l’heure, investir dans ce marché reste encore un pari, le développement des infrastructures pourrait engendrer un vrai boom du nautisme en Inde.
 
 
Initiatives
 
Là encore, la présence d’industries françaises est assez rare. Cependant, quelques entreprises commencent à lorgner sur un marché qui, pour certaines d’entre elles, est très bénéfique.
 
            Bénéteau au Mumbai International Boat Show
 
Si la présence du groupe français est plus discrète qu’en Chine, Bénéteau a choisi d’être représenté au premier salon nautique de Mumbai en 2007. Le Flyer 650 WA y était présenté en exposition.
            Gulf Craft investit le marché indien
 
Le constructeur des Emirats Arabes Unis a choisi l’Inde comme nouvelle cible de marché. Présent dans les salons nautiques de Goa et de Kochi en Inde, le constructeur de yachts et de pêche promenade a proposé un stand très remarqué lors du salon de Mumbai, avec notamment la présentation d’un Majesty 66. L’Inde est l’un des marchés les plus porteurs pour cette entreprise. Selon son directeur des ventes, elle vend 1 yacht toutes les 2 semaines à un client indien. 
 
L’état du marché
 
– Environ 30 chantiers
– Environ un millier de bateaux de loisir présents sur le territoire
– Marché : environ 10 millions $ en 2004
– Nombre de marinas : 2 à Goa et Mumbai, 1 en construction à Kochi
– Population : 1.095 milliards
– Salaire moyen : environ 40€/mois
– Croissance : 8% par an
– Voies navigables : 17 000 km de côtes et 16 000 km de voies intérieures
– 300 millions de personnes vivent à moins de 100 km des côtes
 
Pas d’informations sur le type de flottille privilégiée. A l’instar de la Chine, l’offre s’oriente plutôt vers le luxe avec l’apparition sur les salons nautiques de constructeurs tels que Ferretti, Gulf Craft ou Sunseeker.
 
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