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Conditions génétiquement compatibles pour Gildas Morvan

août 05
00:00 2011

Vingt-quatre heures avant le départ de la deuxième étape entre Caen et Dun Laoghaire (près de Dublin, 470 milles), le skipper de Cercle Vert fait le point sur les conditions météo et la physionomie de cette étape.

Gildas, tu as beaucoup étudié la météo ces derniers temps. Dans quelles conditions devrait se dérouler cette deuxième étape de la Solitaire ?
"On va partir dans du vent de sud-ouest qui va forcir dès le passage de la pointe du Cotentin. Ce sera donc un peu musclé et sportif dès la première nuit de mer, avec un passage au raz Blanchard délicat : peut-être vent contre courant ce qui peut lever une mer désordonnée, même si le coefficient de marée n'est pas très important. Ensuite il faut aller contourner Guernesey… mais une fois qu'on l'aura fait, le vent basculera encore dans l'axe de la route. Donc beaucoup de près au programme… On va vivre penchés pendant longtemps, au moins jusqu'aux côtes anglaises, je pense. Ce sera très différent de la première étape où nous avons beaucoup utilisé le spi."

Mon grand-père aimait ça, mon fils aime ça…

Bateau sur la tranche, ambiance très humide, peu de sommeil au menu… ce sont des conditions qui te conviennent ?
"Mon grand-père adorait ça, mon fils adore ça… et j'aime bien aussi ! Chez les Morvan, on ne déteste pas quand ça cogne un peu. Il doit y avoir une histoire de gênes là-dedans… Il faut bien reconnaître qu'à la pointe de Bretagne où on navigue, on a souvent ce genre de météo un peu virile ! (rires) Et sur la Generali Solo, je m’en suis bien tiré quand le Mistral et la Tramontane ont commencé à souffler… Je pars confiant."

Le pilote automatique n'est pas d'un grand secours dans ces conditions…
"C'est sûr qu'il faut beaucoup barrer, être vigilant aux réglages, faire attention au bateau qui souffre forcément quand ça cogne comme ça. Les phases de récupération vont être réduites au strict minimum. Je pense aussi que ce genre d'étape peut créer des écarts relativement importants entre ceux qui ont beaucoup d'expérience et les autres."

Justement, tu es idéalement placé au général – deuxième à 11 minutes du leader Fabien Delahaye – est-ce que cette position enviable influence ta stratégie ? Vas-tu déjà "marquer" certains bateaux ?
"Sûrement pas ! A chaque fois que j'ai joué à ce petit jeu dangereux, j'ai tout perdu ! Il y a quasiment 30 bateaux en une heure au général et tous les favoris sont encore dans le coup… ce serait une grosse erreur de commencer à calculer ! Je vais faire ma course comme je l'entends, sans me préoccuper des autres… et on verra bien le résultat à l'arrivée en Irlande."
 

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