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Benoît Marie 3ème du championnat européen en Moth !

Benoît Marie 3ème du championnat européen en Moth !
septembre 22
15:54 2014
La saison en Moth à foil arrive à son terme et à la veille de l’ultime étape de l’EuroCup, Benoit pointe à la 3e marche du podium de l’EFG Moth EuroCup, le championnat européen. Explications sur cette belle performance …
L’innovation comme ADN
« L’idée en partant naviguer en moth à foil cette année était de continuer le travail entrepris sur le mini 6,50 : travailler sur des innovations techniques, de la conception aux tests en passant par la réalisation. L’objectif est simple : gagner en vitesse. Pour atteindre ce but, j’ai confronté mes idées avec celles de mes concurrents pendants quelques championnats (notamment le mois passé avec Sébastien Col et l’équipe suisse). Une fois bien étudiées il fut temps de lancer la première des 3 phases d’optimisation de mon moth pour tester différentes nouveautés sur la fin de la saison ».La jauge des moths à foil laisse en effet beaucoup de liberté aux skippers pour modifier et optimiser leurs montures. Passage en revue des innovations réalisées sur le moth Volotea :
  • Abaissement du centre vélique :
La navigation en moth est une question d’équilibre : le « couple de chavirage » induit par la force du vent sur le plan de voilure doit être compensé par le « moment de redressement » lié au poids du skipper au rappel sur son échelle. Si ces deux moments ne s’annulent pas, c’est la perte d’équilibre et c’est le chavirage.En abaissant le gréement on diminue le bras de levier donc la force du plan de voilure (mât + voile) peut être augmenté. Si la force de la voile augmente… Le bateau va plus vite !Il a donc fallu modifier la structure du bateau, allonger et renforcer la bôme, retailler la voile et changer du système de hâle-bas. Il a aussi fallu allonger les barres de flèche, l’occasion pour moi de les rendre réglables. Ceci pour pouvoir contrôler le cintre du mât (sa courbure longitudinale). Ces modifications étaient aussi l’occasion d’installer un mât basculant sur le bateau pour que la voile reste toujours perpendiculaire à l’horizon.

Les premiers essais sont concluants et Benoit a clairement gagné en vitesse, surtout au près où il avait son principal déficit.

Après une semaine à réfléchir, poncer, tailler, strater du carbone dans les ateliers de l’équipe suisse, le moth version Benoit Marie est fin prêt.

« C’est bien de pouvoir réfléchir, de se poser les bonnes questions, d’agir et de valider. C’est une démarche d’ingénieur qui fait écho à mes études. Ce chantier m’a aussi permis de mettre les mains dans le carbone et de mieux connaître mon bateau et comment il est construit. J’ai presque tout fait moi-même. Il y a eu des échecs comme une barre de flèche que j’ai du renforcer mais c’est en testant que l’on apprend. Le « fait maison » a aussi permis de limiter les coûts et donc d’optimiser l’investissement par rapport aux gains en performance. »

Acte 5 – Sprechen Sie Deutsch ? 
C’est donc un skipper heureux et impatient de confronter sa nouvelle machine à la concurrence qui a pris la route de l’Allemagne pour l’acte 5 de l’EuroCup qui se déroulait au nord de Kiel fin août. Seul Français présent sur l’épreuve, Benoit s’est confronté à la concurrence étrangère.
Objectif de ce championnat ? Valider les gains en performance des modifications faites en Suisse. Verdict ? « J’ai le sourire. Certains doutes se sont envolés. Pour la première fois de mon histoire en Moth, je suis à l’aise en vitesse au près sur ce bateau. C’est clairement hyper positif !! »


Du Moth au Multi
« En faisant du Moth, on est beaucoup plus attentif aux détails du plan d’eau. »
Quel est l’intérêt de faire du moth à foil – dériveur léger – lorsque l’objectif est de naviguer au large sur un multicoque et de traverser les océans ? Et bien il est simple : apprendre, comparer et anticiper !La navigation en voile légère développe des sensations mais aussi des automatismes 

En moth, tout est rapide, les manœuvres, les accélérations. C’est l’école de la vitesse. Après cela, tout semble plus facile. 
Sur le moth, tu n’as pas le temps de réfléchir. Les réactions sont instinctives, les gestes se font presque par reflexe, tu dois donc beaucoup travailler sur l’anticipation. Regarder le plan d’eau, analyser les scénarios qui vont se dérouler. Tu ne peux pas te permettre de te faire surprendre car c’est la perte d’équilibre assurée. 

Je pense que si tu effectues le même travail sur une plus grosse unité, tu gagnes en sérénité, en calme et donc tu te fais moins dépasser par la machine.

J’ai eu l’occasion de naviguer en Multi 50 sur le grand prix de St Quay Portrieux, sur Actual et Arkema, deux unités différentes mais compétitives. C’est très intéressant de voir que les sensations sont similaires, les angles, les accélérations. Tout est néanmoins plus lourd ce qui donne également un sentiment de sécurité. L’anticipation est – comme en moth – un facteur clé de succès des skippers en solitaire sur ces machines.

Il y avait plusieurs Multi 50 au Grand Prix de St Quay Portrieux et tu as donc pu observer les spécificités de chacun. A quoi ressemblerait ton Multi 50 idéal ?

Mon multi idéal : l’ergonomie d’Actual avec les flotteurs d’Arkema.

Arkema – le dernier né de la classe Multi 50 – est comme Actual un plan Guillaume Verdier. Ces deux bateaux diffèrent en terme d’ergonomie et de forme de coque. Les flotteurs d’Arkema ont bénéficié del’expérience de Guillaume Verdier sur la coupe de l’America, mais l’ergonomie d’Actual semble plus facile.

Tu es habitué à « foiler », à « voler » en moth. Envie de faire voler ton Multi 50 ?

C’est sûr que voler sur l’Atlantique est un rêve… Ce serait super de les faire voler mais la réalité économique est différente et ces bateaux perdurent parce qu’ils ont su limiter les budgets techniques. Ce que je souhaite, c’est traverser les océans, c’est une question d’endurance. Il me semble que pour acquérir de l’expérience, le multi 50 est une première étape réaliste vers cet objectif.

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