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Coup de vent sur Les Voiles !

Gilles Martin-Raget

Coup de vent sur Les Voiles !
septembre 30
10:35 2015

La Méditerranée, on le sait, peut parfois se montrer ombrageuse, colérique. C’est le cas en cette deuxième journée des Voiles de Saint-Tropez, où un virulent souffle venu de l’est creuse depuis 24 heures les eaux du golfe, rendant périlleuse la pratique de la voile au point que Météo France a publié un Bulletin Météorologique Spécial. 30 noeuds de vent établi ont toute la journée balayé l’axe du golfe de Saint-Tropez et les creux atteignaient à la mi-journée les 3 mètres. Georges Korhel et ses équipes de la direction de course ont en conséquence sagement choisi d’annuler purement et simplement les courses du jour.

L’analyse de Georges Korhel, Directeur des courses :

« Nous nous sommes laissés jusqu’à la mi-journée avant d’informer l’ensemble des coureurs qui étaient depuis 9 heures sous la règle du « retard », de l’annulation des courses du jour. Le BMS, Bulletin Météorologique Spécial, est en cours, et l’état du golfe parle de lui-même, avec des creux enregistrés à 3,50 m à Cap Camarat, et des rafales de vent à 44 nœuds. La sortie du port est suffisamment périlleuse en temps normal pour ne pas tenter le diable. L’autre grande difficulté que nous devons prendre en compte est le travail sur l’eau de nos équipes de mouilleurs, de viseurs, ainsi que les comités de course. Mouiller une bouée comme c’est le cas sur le rond des Modernes à plus de 600 mètres de fonds, sur une mer agitée par les déferlantes est une mission impossible. Or, sans parcours, pas de course. Nous avons envisagé un moment de donner un départ dans le golfe et de lancer les bateaux vers Cavalaire, mais pour les raisons évoquées plus haut, nous avons choisi de renoncer. Reste à espérer que le coup de vent passera avec la nuit, afin que Les Voiles de Saint-Tropez puissent reprendre demain leurs débats festifs… »

Le point sur les Modernes

Wally, 15 m JI et les 5 groupes IRC ont pu hier, dans des conditions parfaites de vent et de mer, valider leurs premières courses. Deux manches ont été courues par les Wally, tandis que les 15 m JI disputaient trois manches, avec trois vainqueurs distincts à la clé (Tuiga, The Lady Anne et Mariska). Les 153 voiliers Modernes ont pu disputer un joli parcours côtier long de 19 milles et dans chacun des groupes, les favoris ont déjà pris leurs marques. Ainsi,Belle performance de MY Song chez les « grands » IRC A. Le Proto Nautor 84 de l’italien Pier Luigi Loro Piana performe en temps réel et prend la tête en temps compensé. Il devance le français Gérard Logel et son Swan 601 Arobas. Le Maxi Leopard, vainqueur en temps réel, apparait à la 15ème place en temps compensé. Pour sa première participation aux Voiles, le 60 pieds Spectre et son étrave inversée, signe une 9ème place d’un groupe terriblement compétitif et qui compte 23 concurrents.

En IRC B, c’est Idra et son handicap plutôt favorable qui apparait en tête d’un groupe riche de 28 unités. Il devance l’allemand Sven Wackerhagen sur le Knierim 49 Desna, et l’Adria 49 Flo d’Orient à Bernard Coquelet.

Le Groupe IRC C est unanimement reconnu comme résolument sportif, accueillant 29 voiliers et équipages taillés pour la compétition. L’américain James Schwartz et son TP R2 Vesper figure parmi les favoris, et ne faillit pas à sa réputation en occupant dès la première manche le haut du tableau. Les deux autres TP 52 sont bien présents dan son tableau arrière, avec Nanoq au Prince Frederick du Danemark en position de dauphin (sic), et Peter Harrison sur le podium à bord de Torcha. La bagarre s’annonce sévère en tête de ce groupe…

En IRC D, c’est un vieil habitué des voiles, Phlippe Saint André et son A 40 RC Team Chalet qui mène les débats d’un groupe fort de 39 unités. L’allemand Michael Mueller (Pappes) et le First 40,7 Pen Kalet à Georges le Troquer terminer dans la même minute.

36 concurrents sont engagés chez les « petits » IRC E. Le Farr 30 Nikita l’a emporté hier à l’issue d’une course très serrée, et qui s’est jouée à quelques secondes. Jean Claude Bertrand sur son A35 Tchin est second, tandis que le Russe Vyacheslav Frolov complète le podium sur son X 35 Symfony.

Qui êtes vous ? Jean-Pierre Mannetstatter, directeur de course, rond des Moderne

Impossible de ne pas remarquer sa longiligne silhouette de viking chevelu et barbu ; Jean Pierre Mannetstater officie sur nombre de courses et championnats en Méditerranée. Il est à Saint-Tropez le responsable du rond le plus fréquenté, et souvent le plus sportivement acharné des Voiles, celui des voiliers Modernes. Près de 180 bateaux répartis en 5 groupes IRC sont ainsi sous ses ordres, pour autant de procédures de départ. Entretien :

« J’ai fait une carrière militaire dans la Marines Nationale en tant qu’hydrographe et informaticien. C’est ce qui m’a mené de ma Champagne natale à la Méditerranée que je n’ai plus quittée et où je me suis marié et ai fondé une famille. J’ai travaillé comme responsable de la base nautique de La Londe (83) pendant une quinzaine d’années. J’officie parallèlement comme comité de course, régional et national, sur divers événements et championnats. J’ai un brevet d’Etat qui me permet d’entraîner en cata, Laser et Optimist. La mer est mon univers depuis l’âge de 16 ans. Je collabore aux Voiles de Saint-Tropez depuis sept ans, à l’appel de Georges Korhel, d’abord comme mouilleur, puis, suite à un remplacement au pied levé, comme Président du rond des Modernes, depuis 4 éditions. Mon job consiste à lancer les départs, gérer la course, réductions, modifications, et les arrivées. Je dirige les bateaux mouilleurs, viseurs et dégagement, et la sécurité pour faire la police sur le plan d’eau. Cela représente une vingtaine de personnes pour les cinq départs des classes IRC. Les voiliers Modernes naviguent pour le sport et la compétition. Il existe donc une certaine tension sur les phases de départ. Il est souvent stressant de voir arriver sur le bateau viseur ou comité de grosses unités de 18 mètres et plus nous foncer dessus à pleine vitesse. Les Voiles de Saint-Tropez sont passionnantes du fait de la diversité des flottes. C’est un plaisir pour les yeux mais aussi à vivre car les équipes d’inscription, d‘organisation et de course sont très sympas. Les Voiles, c’est avant tout un état d’esprit! »

Rambler 88 à la Ciotat

Victime hier après midi d’une avarie de gréement en course, le Maxi Rambler 88 a dû abandonner la course du jour pour se rendre au chantier de La Ciotat où des experts envoyés par le fabricant du hauban bâbord en carbone vont procéder aujourd’hui et demain à une réparation. Rambler 88 est équipé d’un hauban en continu, fabriqué d’une seule pièce en fibre de carbone. Le plan Kouyoumdjian devrait ainsi être opérationnel pour les courses de vendredi.

– L’homme le plus admiré des Voiles
Décliné sur un grand nombre de supports, affiches, programmes, dossiers, accréditations… le visuel des Voiles de Saint-Tropez 2015 starifie de manière bien non intentionnelle un inconnu désormais illustre, l’homme qui se tient en équilibre sur le tableau arrière d’un voilier, se découpant sur fonds du mythique petit port Varois. Le personnage a été identifié. Il s’agit d’un Néerlandais du nom de Pim Nieuwenhuis qui navigue cette année à bord du grand Swan Odin. Il était entré dans l’objectif du photographe Marc Bérel l’an passé, lors d’un court moment de méditation à l’arrière du sloop Firefly.

– Météo du jour :
Mercredi 30 septembre / le Bulletin Météo Spécial de météo France est toujours en cours. Le vent va demeurer fort, toujours au secteur est, mis la couverture nuageuse va disparaître au profit d’un franc soleil.
– Yacht extra ordinaire : Serenade
Serenade est un plan Nicholas S. Potter de 61 pieds, construit en 1938 pour le violoniste Jascha Heifetz et pour participer à la fameuse Trans-pacifique, qu’il remporta dès sa première participation avec à son bord un certain Humphrey Bogart. La liste de ses propriétaires, de la star Hollywoodienne Zaza Gabor au non moins célèbre commandant Cousteau, en ferait à elle seule un bateau remarquable. Mais ce sont ces aptitudes à la mer, la pureté de ses lignes tendues, et son potentiel quelque peu oublié ces dernières années du côté de Mystic (Connecticut) où le bateau végétait, qui ont convaincu son actuel propriétaire de se lancer dans l’aventure. Sérénade est un cotre marconi de 18, 90 m pesant 23 tonnes. Racheté par Alain Moatti, Serenade a traversé l’Atlantique en cargo en avril 2015, pour arriver à Gènes. Après une rapide et soigneuse remise à niveau, Serenade s’est lancée sans complexe pour sa première régate européenne, la Corsica Classic, et rejoint pour la première fois la flotte des yachts classiques des Voiles de Saint-Tropez.

-Le coin des béotiens : Le sloop
Au temps de la marine à voile, le sloop (du Néerlandais sloep et de la même origine étymologique que le français chaloupe), ou plus exactement le sloop-of-war, désignait en Angleterre, les navires plus petits que les frégates, armés de dix à dix-huit canons sur un seul pont. Les Anglais distinguaient deux variantes principales de sloop, le sloop, comportant une seule voile d’avant : le foc ; et le cotre avec au moins deux voiles d’avant : le foc, un éventuel clinfoc et une trinquette. De nos jours, le sloop est un type de gréement de bateau à voile qui ne possède qu’un mât central.
-Partenaires du jour : Rolex
Présente aux quatre coins du monde, sur toutes les mers et océans, la marque horlogère Rolex est partenaire des plus grandes courses depuis plus de cinquante ans. Entre exigence et tradition, Rolex entretient une relation privilégiée avec ce sport en parfaite harmonie avec les valeurs chères à la marque : l’excellence, la précision et l’esprit d’équipe. De la Rolex Fastnet Race à la Giraglia Rolex Cup en passant par la Rolex Sydney Hobart, la Maxi Yacht Rolex Cup ou encore la Rolex Middle Sea Race, chaque marin dans le monde dispose d’une course à la hauteur de son exploit. Depuis 2006, Rolex est partenaire des Voiles de Saint-Tropez et organise le Trophée Rolex.
Pour sa dixième édition, le Trophée Rolex met à l’honneur une catégorie bien spécifique, celle des Marconi du groupe B. Ces monocoques des années 1970 correspondent à un tournant dans la voile moderne. Ils seront treize à tenter de remporter la victoire pour inscrire leur nom sur ce Trophée désormais incontournable de la voile classique. Treize Marconi dans la course au Trophée : Argos, Crazy Life, Espar II, Fantasque, Ilaria, Namib, Noryema IV, Oryx, Outlaw, Palynodie II, Ratafia, St Christopher et Stiren. Tous seront sur la ligne de départ mardi 29 septembre pour la première manche du Trophée Rolex et devront faire preuve d’une grande régularité sur les quatre jours de régate pour prétendre à la victoire. Ces monocoques d’une longueur comprise entre 11 et 16 mètres et dont la particularité est de porter un mât unique, surmonté d’une grand-voile triangulaire, ont tiré leurs premiers bords lors des plus grandes régates de l’époque.
– Le Byblos
Hôtel mythique, intemporel, le Byblos a lié son nom à celui de Saint-Tropez, et depuis quatre ans, un peu par extension, aux Voiles éponymes. « Il nous paraît évident de nous associer à un autre mythe tropézien» explique Romain Pirat, Directeur du Marketing et de la Communication, « celui des Voiles, héritières de la Nioulargue , avec son corolaire de marins venus du monde entier, et de yachts avant-guardistes mais aussi Classiques, tous prolongements d’un art de vivre que nous mettons aussi en exergue dans notre hôtel. Les esthétismes se rejoignent. Les Voiles, comme le Byblos, s’adressent à des passionnés venus du monde entier. Nous prolongeons notre saison estivale chaque année avec les Voiles, car de nombreux marins, skippers et propriétaires choisissent de nous rejoindre entre les régates. » A noter l’exposition « Moonbeam » de clichés pris pendant les Voiles de la talentueuse photographe russe Irina Kazaridi programmée jusqu’au 5 octobre.

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