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Course au large : “C’est en Bretagne que ça se passe”

Course au large : “C’est en Bretagne que ça se passe”
décembre 07
16:50 2015

Hier, veille du départ de la Transat Saint-Barth – Port-la-Forêt, sur son stand du Nautic de Paris, Bretagne Développement Innovation avait organisé un rendez-vous exceptionnel autour des liens qui unissent la Bretagne et la classe IMOCA dans la recherche de la performance. En présence des navigateurs Jean Le Cam et Vincent Riou puis Yann Eliès et Paul Meilhat joints par téléphone, différentes thématiques ont ainsi été abordées, en particulier les tendances du moment et celles à venir. De fait, c’est au cœur de la Sailing Valley, cet écosystème constitué de skippers, d’architectes, de laboratoires et d’entreprises de pointe, que sont testées les innovations technologiques qui deviennent ensuite des références dans la voile de compétition. C’est également là, à Port-la-Forêt, qu’est implanté le Pôle Finistère Course au large. En somme, et comme l’ont justement souligné les marins, « c’est en Bretagne que ça ce passe ! ».
La rencontre de marins d’exception, exigeants et à la recherche de performance avec un tissu économique depuis longtemps tourné vers la mer, réactif et innovant, a permis l’émergence d’une filière d’excellence de la course au large concentrée en Bretagne Sud : la Sailing Valley. « Celle-ci s’étend de Brest jusqu’à Vannes. Les entreprises qui y sont implantées, souvent leaders sur leurs marchés, sont reconnues au niveau international pour leur expertise et leur savoir-faire. La collaboration permanente entre les coureurs, les entreprises mais aussi les laboratoires de recherche du territoire permet aux skippers bretons de naviguer aujourd’hui sur les voiliers les plus performants au monde », a expliqué Wenceslas Menotti, directeur du cluster Eurolarge Innovation. Ses missions ? Susciter et accompagner le développement des innovations au sein des entreprises, animer les réseaux d’entreprises autour de thématiques technologiques ou de gestion, promouvoir et participer au développement d’un pôle d’excellence constitué par les entreprises bretonnes fournisseurs de produits ou services pour les écuries de course au large, mais aussi accompagner les entreprises de la filière dans leur démarche de diversification vers les secteurs de haute technologies (aéronautique, défense…).

Les bretons sur tous les podiums des courses mythiques

« Au-delà de ces missions, l’ambition d’Eurolarge Innovation est de fédérer l’ensemble des entreprises bretonnes intervenant dans le domaine de la course au large, et de lui apporter une visibilité accrue, notamment à l’échelle internationale », a-t-il ajouté, précisant que ces entreprises représentent 9 000 emplois et plus d’un milliard de chiffre d’affaires. « Il est évident qu’au travers des performances des coureurs du Pôle Finistère Course au Large, beaucoup d’entres elles bénéficient d’une visibilité exceptionnelle sur tous les plans d’eau du globe », a précisé Jean Kerhoas Président de la classe IMOCA. De fait, les Bretons sont présents sur tous les podiums des courses mythiques. Jugez plutôt, les quatre derniers vainqueurs du Vendée Globe se sont préparés au Pôle Finistère Course au large. Les trois dernières éditions de la Barcelona World Race ont été gagnées par des skippers bretons et des projets basés en Bretagne. Depuis 2006, le podium de la Route du Rhum est 100% breton et/ou issus de la filière bretonne. Idem pour 100% des skippers vainqueurs de la Transat Jacques Vabre. « Ce sont quinze années d’un leadership incontesté au sein de la course océanique, un leadership qui profite à toute une filière de la conception à la construction sans oublier l’équipement », a ajouté Wenceslas Menotti, ce qu’a confirmé Vincent Riou, le skipper de PRB, récent vainqueur de la Route du Café à Itajaí au côté de Sébastien Col. « Tous nos fournisseurs sont en Bretagne et aujourd’hui, à mon sens, il est très difficile de gérer un projet tel qu’un Vendée Globe hors de la région ».

S’installer en Bretagne pour gagner

Son de cloche identique du côté de Yann Eliès, triple vainqueur de la Solitaire du Figaro, que l’on retrouvera au départ du prochain Vendée Globe à la barre du 60 pieds Quéguiner – Leucémie Espoir. « C’est presque mission impossible de faire autrement. Et pour cause, c’est en Bretagne que ça passe ! C’est là que l’on dessine et que l’on conçoit les machines de demain. Si on vise la victoire, c’est en Bretagne qu’il faut s’installer », a déclaré le Costarmoricain qui faisait partie des 28 coureurs du Pôle Finistère Course au Large engagés dans la Transat Jacques Vabre qui vient de s’achever. Un Pôle créé en 1990 sous l’impulsion de grands champions tels que Michel Desjoyeaux, Jean Le Cam, Roland Jourdain, Jean-Luc Nélias, Marc Guillemot, Jacques Caraës ou encore Bertrand de Broc, convaincus de l’intérêt de se regrouper afin de mutualiser leur préparation sportive, avec l’appui de Christian Le Pape, alors cadre à la Direction Départementale Jeunesse et Sport, et de Loïc Ponceau de Nautisme en Finistère.

Une source d’innovation intarissable

« Aujourd’hui, il devenu la référence incontournable en matière de préparation des athlètes de haut niveau à la course au large. De fait, l’idée selon laquelle on peut optimiser la performance en solitaire en s’entraînant collectivement, est intelligente et efficace car basée sur l’échange et le donnant-donnant. Les plus grandes stars de la voile ont rapidement validé la méthode », a rappelé le navigateur, constamment à l’affût des nouvelles technologies. « Les innovations à venir ? Elles sont infinies. Je verrais bien l’arrivée d’une nouvelle matière qui nous ferait gagner en poids et en performance », a-t-il indiqué. « Actuellement, on travaille sur les fluides : l’air et l’eau. On développe des bateaux qui volent, des voiles épaisses… Selon moi, l’innovation a de beaux jours devant elle d’autant qu'”impossible” est un mot que l’on ne connaît pas », a conclu Vincent Riou, dont la machine, construite au chantier CDK à Port-la-Forêt, a été dessinée par le cabinet VPLP – Verdier, à l’image de quatre des six bateaux mis à l’eau en 2015 et de plus d’une dizaine des 60 pieds qui s’aligneront au départ du prochain Vendée Globe le 6 novembre 2016.

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