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Dans le gros temps

octobre 27
11:38 2015

Nous y sommes. Les 41 binômes de la 12e édition de la Transat Jacques Vabre sont entrés dans le dur. En approche d’une grosse dépression engendrant une mer forte et un vent soutenu de plus de 35 nœuds, les marins fourbissent leurs armes : bottes, cirés et masques de plongée de rigueur pour parer les « lances à incendie », voilure réduite et petite toile d’avant pour soulager les bateaux. La nuit promet d’être longue et très secouée… Désormais, la flotte est clairement scindée en deux groupes : les prudents qui ont choisi de faire route au sud-ouest vent dans le nez, et les guerriers qui foncent à l’ouest dans la baston au débridé.

Un abandon et une avarie

– Maître CoQ (Jérémie Beyou/Philippe Legros), dont l’avarie est survenue la nuit dernière, a du faire escale à Roscoff pour casse d’une pièce de fixation de l’étai principal. Malgé un travail acharné, il était impossible de garantir en fin de journée que la pièce remplacée serait suffisamment solide pour que le deux marins puissent reprendre la mer en toute sérénité. La décision a donc été prise d’abandonner la Transat Jacques Vabre 2015.
– Ce jour, à 16h, le Class40 Club 103 a indiqué à la Direction de Course qu’il faisait route vers Lorient suite à la casse de son bout dehors et à son étrave abîmée. L’équipage devrait arriver demain dans la matinée dans le port breton et rapidement engager des réparations. Sur un rythme endiablé Du premier Ultime (Sodebo Ultim’) au dernier Class40 (Concise 2), l’écart est de 120 milles après 30 heures de course. Comprenez que les trimarans géants avancent deux fois et demi plus vite que les monocoques de 12,20 m, lesquels ont affiché tout de même de belles vitesses moyennes toute la journée : entre 12 et 15 nœuds selon leur positionnement. Si le tandem Nicolas Troussel/Corentin Horeau (Bretagne – Crédit Mutuel Elite) ouvre le bal au classement (les plus proches de la route directe), l’histoire ne fait que commencer. Car les Bretons, suivis 35 milles derrière par le bateau normand Groupe Setin (Manuel Cousin/Gérald Quéouron) sont les seuls à avoir mis du sud dans leur route ! Les 11 autres Class40 partent au combat vers la dépression. Deux extrêmistes ont même mis du nord dans leur route : Team Concise (Jack Bouttel/Gildas Mahé) et Solidaires en Peloton ARSEP (Thibault Vauchel-Camus/Victorien Erussard). Trempés, souvent à la barre car le pilote ne joue pas bien son rôle dans ces conditions musclées, les skippers sont bel et bien entrés au combat. Préserver ou parier Le scénario est a peu près le même en IMOCA, dont cinq bateaux (Hugo Boss, MACSF, Bastide – Otio, Le Bateau des Métiers by Aerocampus et Spirit of Hungary) ont piqué au sud-ouest pour préserver le matériel en évitant le gros mauvais temps. Les quinze autres, dont quatre nouveaux bateaux à foils (Edmond de Rothschild, Safran, Banque Populaire et St Michel Virbac) déboulent au débridé plein ouest pour attraper la bascule de nord-est qui les fera glisser plus tard. Mais pour l’heure, il partent au front ! Et ce pour deux jours, soit 48 heures à tenir dans une machine à laver… Tous les multicoques en revanche ont choisi de contourner le sale temps. Les Ultime emmenés par Sodebo Ultim’ (Thomas Coville/Jean-Luc Nélias) naviguent au près sous voilure réduite le long de la dépression, et commencent à tirer des bords dans le golfe de Gascogne. Les Multi50, dont le leader est en ce moment Ciela Village (Thierry Bouchard/Oliver Krauss) font le gros dos. Les bateaux sont très sollicités dans ces conditions de mer forte, et ne peuvent gagner en vitesse. Nuit blanche à venir pour toute la flotte de la Transat Jacques Vabre.

Abandon du Mono60 Edmond de Rothschild

Auteurs d’un remarqué début de course et tandis qu’ils emmenaient au dernier pointage le groupe de l’Ouest, Sébastien Josse et Charles Caudrelier viennent d’annoncer leur abandon. Un choix plus que difficile pour les deux compétiteurs mais dicté par leur sens marin et le souhait de ramener le dernier-né des Gitana à bon port. L’équipage est en bonne santé et n’a pas demandé assistance. Le Mono60 Edmond de Rothschild a fait demi-tour et mis le cap vers Lorient, son port d’attache, qu’il devrait atteindre demain en fin d’après-midi. A 19h, le duo d’Edmond de Rothschild contactait Cyril Dardashti, le directeur du Gitana Team, pour lui faire part de leur souhait de se retirer de la Transat Jacques Vabre 2015. Une décision dont Sébastien Josse nous expliquait les raisons : « Depuis cet après-midi, nous connaissons une série d’incidents à bord d’Edmond de Rothschild. Pris séparément, ces problèmes restent mineurs et pourraient éventuellement être solutionnés si nous avions une météo plus clémente qui nous permettait de bricoler. Mais assemblés et compte tenu des conditions météorologiques annoncées pour les prochaines 48 heures, nous savons que ces incidents pourraient nous mettre dans la situation d’une avarie majeure et dangereuse tant pour les hommes que pour le bateau. Les fichiers annoncent plus de 40 nœuds de vent et une mer violente avec des vagues de plus de 7 mètres. Avec Charles, ce soir, nous considérons qu’il serait irresponsable d’amener le bateau dans ces conditions. Le bateau a été mis à l’eau il y a deux mois et demi et malgré un travail remarquable de tous les membres du Gitana pour optimiser ce petit temps de mise au point, il souffre de sa jeunesse. Cet abandon a été une décision très difficile à prendre mais il est hors de question de mettre en péril le projet. La construction du Mono60 Edmond de Rothschild a réclamé plus d’un an de travail et ce bateau a été conçu et imaginé pour le Vendée Globe, qui reste l’objectif majeur de l’équipe avec cette unité. C’est dur de devoir renoncer mais nous ne devons pas perdre de vue notre but. »

AVARIE A BORD DE SAFRAN

Ce soir, à 20h20, Morgan Lagravière, skipper de l’IMOCA 60 Safran, engagé sur la Transat Jacques Vabre, a contacté la direction de course pour faire part d’une avarie à bord. L’équipage (Morgan Lagravière et Nicolas Lunven) a pris la décision de faire route vers Brest. Les skippers vont bien et les conditions de navigation vont leur permettre de rejoindre le port breton.

Chavirage pour le Maxi80 Prince de Bretagne

Alors qu’il évoluait à 140 milles au large de la Corogne et se préparait à parer le cap Finisterre en passant à l’extérieur du DTS (Dispositif de Séparation de Trafic), le Maxi80 Prince de Bretagne a été victime d’un chavirage. Lionel Lemonchois et Roland Jourdain sont sains et saufs et ont trouvé abri à l’intérieur du trimaran. Ils n’ont pas demandé d’assistance et leur équipe technique met actuellement tout en œuvre pour organiser leur secours et celui de leur monture. Au moment de l’incident, le bateau progressait alors au près dans un vent de Sud sud ouest de 20 à 25 nds avec rafales à 30 nds.

 

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