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La Solitaire: Eliès fait le break! (Il est très fort!)

La Solitaire: Eliès fait le break! (Il est très fort!)
juin 24
18:49 2014

Depuis ce matin à l’aube, Yann Eliès (Groupe Queguiner-Leucémie Espoir) a lâché les chevaux. Non pas que le vent ait repris beaucoup de vigueur, mais le bougre a réussi à se sortir des faibles conditions et fait désormais cavalier seul sous spi avec 1,3 milles d’écart sur son adversaire direct Gildas Mahé (Interface Concept). La flotte s’étire maintenant sur plus de 22 milles en quatre paquets concentrés. Force est de constater qu’il y a eu les grands gagnants et les perdants au jeu de la molle et du petit temps.

La tête de course se situe cet après-midi à 135 milles dans l’Ouest de l’île d’Oléron. La marque ODAS, que les marins s’amusent à appeler « L’Objet Désiré Avec Souffrance » est encore à 58 milles devant leurs étraves. A la vitesse de 6 nœuds sous spi, ils n’y seront pas avant le milieu de la nuit.

Quatre paquets de Figaro et des écarts énormes

Le bizuth Sébastien Simon (Bretagne-Crédit Mutuel Espoir) navigue seul à plus 30 milles des leaders et recommence à peine à toucher du vent. Un coup dur pour ce jeune navigateur qui pour la première fois s’essaye au grand large. Devant lui, un groupe « qui a pris cher » depuis la calmasse de Belle-Ile hier après-midi. 14 bateaux forment ce paquet retardataire dont Damien Guillou (La Solidarité Mutualiste), Gwen Gbick (Made in Midi), Yoann Richomme (Skipper Macif 2014) et une grosse partie de la délégation anglaise. Thierry Chabagny (Gedimat) doit manger son chapeau : il se retrouve leader du groupe des derniers à 18 milles de la tête de flotte ! En avant, le troisième paquet comprend de fins limiers de La Solitaire du Figaro-Eric Bompard cachemire comme Xavier Macaire (Skipper Hérault), Sam Goodchild (Team Plymouth), Anthony Marchand (Ovimpex-Secours Populaire) ou encore Alain Gautier (Generali). Les discussions à la VHF laissent entendre dire que cette 45e édition n’est pas une sinécure : « Elle est dure celle-ci, particulièrement dure » avouait Xavier Macaire à Anthony Marchand. A l’Est toute, trois lascars, et pas des moindres tentent de revenir malgré leurs 11 milles d’écart avec la tête de course : Gildas Morvan (Cercle Vert), Alexis Loison (Groupe Fiva) et Frédéric Rivet (DFDS Seaways) ont tenté, mais perdu… pour le moment.

Devant, 9 bateaux peuvent souffler d’avoir tenu bon, et bénir la risée matinale qui les a fait s’échapper du pot de colle. Corentin Douguet (Un maillot pour la vie) ferme la marche du paquet leader (Dalin, Meilhat, Hardy, Beyou, Tabarly, Horeau, Mahé et Eliès) qui se tient en 3 milles.

Vers une étape de quatre nuits en mer

Ils commencent à être « cramés » les navigateurs. Ils ont déjà deux nuits en mer, durant lesquelles ils n’ont presque pas dormi, et il est fort probable qu’ils n’arrivent pas avant jeudi matin aux Sables d’Olonne ! Chacun prend donc son mal en patience dans ce vent qui continue de faire des siennes en force et en direction. Il leur faut déjà commencer à se rationner en eau et en nourriture et surtout à rester calme et lucide. Ce qui est sûr, c’est que cette troisième étape, ajoutée aux deux précédentes, marquera les esprits des marins, entre la difficulté météo  et les péripéties techniques. « J’ai rarement vu ça » avouait Yoann Richomme à la VHF cet après-midi.


Etape #3 : L’insoutenable légèreté du vent… par lasolitairedufigaro

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Les mots des marins ce midi au milieu du golfe de Gascogne :

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Yann Eliès (Groupe Quéguiner -Leucémie Espoir) : ” Ca a bien avancé depuis ce matin, on a eu une phase d’air pendant une petite heure au près. Là, on a du vent de sud-est à sud-ouest. La météo nous avait prévenu, ça va être du vent variable, il n’y a pas grand chose à aller chercher, on va prendre ce qui vient, on devrait y arriver avec les vents de nord-est vers la fin d’après-midi. On attend la bascule mais à mon avis il y en aura un paquet de bascules. Il y a très peu de mer, très peu de vent. J’ai bien récupéré ce matin, j’ai eu une phase bien sous pilote donc je suis reparti. On va arriver par l’Ouest de la route, on va accrocher l’ODAS, on y arrivera cette nuit ou demain matin. On a encore au moins deux jours en mer. ”
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Erwan Tabarly (Armor Lux-Comptoir de la Mer) : “Là je viens de virer, on a du vent de sud et ce n’est pas du tout le vent que nous devrions avoir. On est au près et on tire des bords. La nuit a été difficile, sans vent, nous n’avons pas avancé très vite, ça a été difficile de faire avancer le bateau. C’était un peu pénible d’ailleurs. Il y avait un petit clapot désagréable cette nuit, mais là la mer est calme. On est à 5 nœuds, on avance. Le vent a bien refusé tout à l’heure. Le vent de nord devrait rentrer dans la soirée et nous devrions mettre le spi. Je suis tribord amures. J’ai suivi la bascule tout simplement, du coup je fais route vers le sud quasiment sur la route directe. Le but est de récupérer ce vent de nord mais c’est difficile de savoir par où ça va rentrer.”
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Adrien Hardy (Agir Recouvrement) : ” La nuit a été très très lente. En ce qui me concerne, je suis dans le paquet de tête, j’ai passé une étape clé dans l’étape. Il y a des bateaux qui sont très loin derrière nous, je suis content de ne pas faire partie de ces gens là. J’ai perdu un peu de terrain dans la nuit sur Yann Eliès (Groupe Quéguiner – Leucémie Espoir) et Erwan Tabarly (Armor Lux -Comptoir de la Mer), mais bon ce n’est pas grave. C’est dur de dire ce qu’il va se passer, là on sent bien que l’on navigue tous un peu de façon très lente, personne ne sait où est la solution. On a beau scruter l’horizon, il n’y a rien d’écrit, il n’y a pas de nuage, il y a une très petite houle, on a très très peu d’indices pour établir une stratégie donc on essaie de naviguer vers le but tant bien que mal. Tout le monde se regarde un petit peu, on ne sait pas ce que cela va donner. On a encore un peu de distance pour aller chercher cette bouée.”
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Gildas Morvan (Cercle Vert) : ” Il y a des transitions, derrière il y a du vent du nord et puis nous on a du vent de sud, sud-ouest donc on a une transition entre le nord et le sud-ouest et ce n’est pas facile, on tire des bords. Je pense qu’il y doit y avoir des petites dorsales au niveau du golfe qui font mollir le vent et ça met un peu le bazar. Les prévisions disent que cela peut durer, je ne sais pas ce qu’il va se mettre en place, normalement on devrait récupérer le vent de nord-est faible mais pour l’instant nous ne l’avons pas donc oui ça peut durer un peu. Ce sera faible, donc on va quand même galérer pour aller jusqu’à ODAS et après la remontée, on sera au près, on n’ira pas très vite non plus jusqu’aux Sables d’Olonne. On peut imaginer une quatrième nuit donc je vais commencer à faire attention à l’eau. Les bouteilles que l’on prend au départ c’est juste, j’ai le bidon mais j’ai déjà consommé les bouteilles donc je vais commencer à faire attention à l’eau.”
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Corentin Horeau (Bretagne Crédit Mutuel Performance) : “Il n’y a pas beaucoup de vent, on devrait être au portant on est au près, c’est la difficulté. Je suis plutôt bien placé, il va falloir essayer de rester dans ce groupe avec Erwan et Gildas Mahé. Yann est encore parti devant ! Sinon il fait beau, par contre ça va être long ce parcours ; on devrait arriver très tard je pense. Si on fait le parcours en entier on aura 4 nuits à passer en mer, après on va voir comment le vent va rentrer. Il faut essayer de faire gaffe avec la nourriture et l’eau, il en faut assez jusqu’à la fin, ce qui serait bien c’est de faire une réduction à ODAS, qu’ils nous renvoient à la maison.  Mais je ne sais pas trop quelles sont les intentions. On est encore à 85 miles de ODAS, par rapport au routage d’origine, on a 60 milles de retard, ça fait des heures tout ça !”
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Gwenolé (Gahinet – Safran – Guy Cotten) : “Il y pas mal de gens perdus ici ! C’est un peu compliqué. Au lieu de faire du portant sur un bord nickel  jusqu’à ODAS, on se retrouve dans du vent mou. Au lieu du Nord-Est on a sud-Sud-Ouest. On est au près, pile la force du vent où à la petite risée, tu décolles, si tu ne l’as pas tu restes collé. J’ai l’impression qu’il y un petit minimum dépressionnaire  plus à l’est que nous, mais pas très loin quand même.”
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Xavier Macaire (Skipper Hérault) : “Ce n’est pas très animé sur le plan d’eau, même si ça vient de se réveiller doucement pour moi. Les camarades, certains partent, certains restent, ça creuse beaucoup ! On ne voit plus les copains à l’AIS. Il y aura peut-être un départ par derrière, mais bon ce ne sera pas suffisant.  On peut peut-être recoller un peu, on va voir. On ne se parle pas beaucoup. J’avais envie d’appeler les copains, mais le cœur n’y est pas trop. Je commence à me rationner pour la nourriture, j’ai Anthony Marchand qui est proche, une mer d’huile avec des micros risées. Ça revient mais doucement.”
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Gwen Gbick (Made in Midi) : “C’est un temps de Méditerranée mais en général en Méditerranée, la pétole ne reste pas autant que ça. Il n’y a pas trop de vent et la zone sans vent est assez importante. Il faut trouver le chemin pour se sortir de cette grosse bulle d’air et ce n’est pas simple. On navigue à vue parce que les fichiers météo ne sont pas ceux qu’on attendait. Il faut prendre son mal en patience et naviguer sur le bord qui rapproche à défaut d’autre chose, se rapprocher de la bouée ODAS. Clairement ça va tirer en longueur, je commence à faire attention à ce que je bois. Manger ça devrait aller, je ne mange pas beaucoup. Mais c’est vrai que ça promet d’être long. C’est très  difficile de dormir avec des conditions changeantes comme ça, il faut être à la barre et sur le pont. Mais le sommeil ça va à peu près, je suis plus reposé que d’habitude. Ce matin, dans une mer d’huile, j’ai vu un gros bestiaux, un cétacé ; c’est toujours sympa à voir et de les sentir pas trop loin, mais pas trop près non plus !”
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Sébastien Simon (Bretagne-Crédit Mutuel Espoir) : «  Ca ne va pas très bien, il n’y a pas de vent. Je suis derrière, je ne sais pas quand est-ce que ça va finir. J’ai mal commencé le parcours. La première nuit de la course je n’ai pas réussi  me mettre dedans. J’étais sous le choc. J’étais entrain de recoller avec les premiers et je me suis fait happer par une molle. Je suis rentré dedans et les autres sont partis. Je suis toujours bloqué. Il va être temps que ça se termine parce que j’en ai un peu marre ».
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