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La Solitaire : Les comptes à la mi-temps

La Solitaire : Les comptes à la mi-temps
juillet 01
09:49 2016

 

C’est en ordre dispersé et sous les applaudissements d’une foule nombreuse que les solitaires ont fait leur entrée dans le bassin à flot de Paimpol cet après-midi, après une halte dans le port de Lézardrieux. De dispersion, il en est aussi question au classement général provisoire de cette 47ème Solitaire Bompard Le Figaro. L’esprit clair après une nuit de repos, chacun fait ses comptes, affiche ses ambitions ou rumine ses regrets. Une chose est sûre, les écarts inhabituels – près de 2 heures entre le 1er et le 5ème – pèseront lourd sur le classement final. Mais la 3ème étape en direction de La Rochelle ne sera pas la plus simple, avec notamment un passage de dorsale à négocier et de forts coefficients de marée. Analyse des forces en présence.

A mi-course d’une Solitaire, vaut-il mieux être chasseur que chassé ? Tout dépend sans doute de la distance de tir ! 30 minutes séparent les deux Skippers Macif au général provisoire pour seulement 540 milles à couvrir d’ici le clap de fin de cette 47ème Solitaire Bompard Le Figaro. C’est beaucoup et peu à la fois si l’on en croit les intéressés : Yoann Richomme (Skipper Macif 2014) : « Prendre une heure sur une renverse, ça peut aller très vite ». Charlie Dalin (Skipper Macif 2015) : « A partir du moment où il y a combinaison de vent faible et de courant, ça génère potentiellement de l’écart… » Et de prévenir qu’après deux podiums en 2014 et 2015 : « Je n’ai rien à perdre ! ». Alors forcément, et même si Yoann Richomme est d’un tempérament joueur avec la stratégie, il y aura du marquage dans l’air de cette troisième étape. Un air a priori léger pour des conditions estivales qui pourraient (enfin !) faire leur apparition sur cette 47ème Solitaire Bompard Le Figaro, nous vous en reparlerons demain.

Deux favoris et trois outsiders

Mais le couple de leaders est trop expérimenté pour croire que cette seconde partie de course se limite à un mano a mano. Erwan Tabarly (Armor Lux), vainqueur de la première étape a certes une heure de retard mais n’a pas dit son dernier mot. Quant à Nicolas Lunven (Generali) à 1 heure 22 minutes, et Thierry Chabagny (Gedimat) à 1 heure 48 minutes, ils auraient tort de ne pas croire en leurs chances. Derrière, la victoire au général semble beaucoup plus hypothétique, mais une marche du podium encore crédible. C’est ce que vise avec lucidité Corentin Douguet (Sofinther – Un Maillot pour la Vie), 6ème à 2 heures 21 minutes : « A Paimpol, si tu n’es pas dans les quatre premiers et que ton objectif, c’est la gagne, alors il faut taper dans les coins ! Mais on sait bien que ça peut coûter très cher … Ce qui est important pour aller accrocher un podium, c’est de soigner son départ pour ne pas laisser partir la course par devant et de naviguer régulièrement, sereinement »

Mano a mano chez les Bizuths

Côté Bizuths, le tandem formé par le fougueux britannique Will Harris (Artémis 77) et Pierre Quiroga (Skipper espoir CEM) a relégué suffisamment loin la concurrence pour penser « Match Racing » à l’avenir. Justine Mettraux (TeamWork) s’est certes intercalée entre les deux garçons dans la deuxième étape mais accuse plus de 6 heures au général sur Will suite à une première étape malheureuse…
Si chacun fait ses petits calculs côté classement, l’arithmétique de ces deux prochains jours concernera aussi le sommeil. Maximiser le repos, continuer à segmenter sa journée de petites siestes, telle est la vie terrienne du Figariste, pro ou amateur. De ce point de vue Robin Elsey, occupé avec ses compatriotes à réparer Artémis 77 suite à son violent talonnage, aura peut-être les yeux un peu plus cernés que ses petits camarades au coup de canon samedi. Mais rejoindre le bassin de Paimpol dans les temps fait partie de ces petites victoires d’équipe dont La Solitaire Bompard Le Figaro a aussi le secret.

Ils ont dit :

Yoann Richomme (Skipper Macif 2014) 1er au général provisoire

« C’est forcément une situation pas simple, à laquelle je ne suis pas rodé. Il y aura forcément du marquage parce que je ne peux pas laisser Charlie tenter des options sans suivre. Et il n’y a pas que Charlie. Prendre une heure sur une renverse, ça peut aller très vite. Je savoure surtout ma victoire. Pour le général, chaque régate est importante et on perd trop vite du temps pour croire à un avantage acquis. Charlie va très vite, mais j’ai comblé une grosse partie de mon retard dans ce domaine et il m’impressionne beaucoup moins qu’avant. Pour la suite, le classement va nous imposer des comportements plutôt contraires à nos deux personnalités. C’est vrai que je suis un attaquant et qu’il va falloir plutôt défendre. J’ai pas mal travaillé ces dernières années pour calmer mon tempérament et faire des choses plus régulières. J’attribue des coefficients aux différents paramètres pour décider d’une option. Je contiens mes pulsions. Mais je continue à envisager cette Solitaire par la navigation, la stratégie, c’est comme ça que j’aime naviguer. Ca m’a réussi sur deux étapes, ça peut s’arrêter aussi. Mais il y a un cercle vertueux, quand tu vas vite et que tu es en confiance, c’est magique ! »

Charlie Dalin (Skipper Macif 2015) 2ème au classement général provisoire

« Ce qui m’intéresse, c’est la première place. Je fais podium en 2014, podium en 2015, là il va falloir trouver une solution ! A partir du moment où il y a combinaison vent faible et courant, ça génère de l’écart, notamment dans les pertuis. Il suffit de passer avec du vent faible, de petits décalages peuvent générer de gros écarts. Je ne suis pas un parieur, je fais du placement ; je mets peu d’aléatoire et de risque dans la balance. Là il va falloir trouver une solution. Se faire violence, je ne sais pas mais je crois que je suis dans une position plus facile que Yoann. Moi je n’ai rien à perdre, lui a tout à perdre »

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