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La Solitaire: Les Figaros au mouillage devant Belle-Ile

La Solitaire: Les Figaros au mouillage devant Belle-Ile
juin 23
19:45 2014
Il faut le voir pour le croire : des champions de la course au large obligés de jeter l’ancre en pleine Solitaire du Figaro – Eric Bompard cachemire pour ne pas se faire dépaler sur une marque de parcours ! La cardinale Est Les Galères à la pointe de Kerdonis à Belle-Ile portait bien son nom cet après-midi. Les 36 marins en course, y compris, Fabien Delahaye (Skipper Macif 2012) à 30 milles derrière, ont du faire preuve de patience dans cette bulle sans vent. Les cartes risquent d’être totalement redistribuées. « C’est un nouveau départ ! » avouait tout à l’heure Adrien Hardy (Agir Recouvrement) arrêté sur mer d’huile.

Tout ce boulot depuis le départ de Roscoff hier à 15 h, toute cette nuit blanche passée à négocier les contre-courants, les bascules de vent, les passages entre les cailloux… pour se retrouver encalminés à la pointe sud-est de Belle-Ile avec tous ses camarades de jeu. Il y a parfois de quoi devenir fou sur une Solitaire du Figaro. Alors qu’un club de cinq bateaux menait le débat depuis l’archipel des Glénan ce matin (Team Plymouth, Interface Concept, Groupe Quéguiner-Leucémie Espoir, Skipper Macif 2014 et Normandy Elite Team) et s’apprêtaient à passer la dernière marque de parcours avant de mettre le cap vers le milieu du golfe de Gascogne… boum, patatras. Pétole, pas de vent, calme plat, pas de quoi avancer, plutôt de quoi reculer. La majorité des bateaux ont donc mouillé avant de pouvoir repartir lentement mais sûrement, cap au sud-ouest.

Le malheur des uns, fait le bonheur des autres
Evidemment, pour les skippers ayant eu peu de réussite sur cette toute première partie d’étape, un tel regroupement est une aubaine. On a vu revenir par derrière Safran – Guy Cotten (Gwénolé Gahinet), Guyot Environnement (Vincent Biarnes), In Extenso – Experts Comptables (Nicolas Jossier), tandis que la tête de course fulminait d’impatience. Team Plymouth (Sam Goodchild) tentait un coup à la côte tandis que Groupe Quéguiner – Leucémie Espoir (Yann Eliès) persistait au large. Le tout à 2 petits noeuds de vitesse. D’où viendra la brise ? Crème solaire sur le nez, caquette vissée sur la tête, bouteille d’eau à portée de main, les marins n’ont pas cessé d’observer le plan d’eau. Dans quelques heures, quand le vent reviendra, une autre histoire sera à raconter sur la 3e étape de la 45e édition de la Solitaire du Figaro, comme si un second départ avait été donné à la pointe de Kerdonis.

Claire Pruvot (Port de Caen Ouistreham) rentre aux Sables d’Olonne, journée difficile pour Fabien Delahaye (Skipper Macif 2012)

Tandis que Claire Pruvot fait route au moteur vers les Sables d’Olonne (qu’elle devrait atteindre en milieu de nuit), port d’arrivée de la troisième étape, pour réparer les dégâts engendrés suite à son talonnage dans le chenal du Four, Fabien Delahaye peine à remonter sur la flotte. Le Skipper de Macif 2012 vit une journée en enfer : pas de vent depuis la pointe de Penmarc’h, du contre-courant, et un écart qui ne fait que s’allonger (30 milles). Le jeune skipper normand semblait avoir un petit moral cet après-midi, mais reste bien décidé à faire du mieux qu’il peut sur ce parcours en solitaire.

Ils ont dit :

Yann Eliès (Groupe Quéguiner-Leucémie espoir) : au passage du nord de Belle-Ile : «On s’attend à ce que ça mollisse, mais plus on passera tôt Belle-Ile, mieux ce sera. C’est annoncé mollissant de secteur est, 6-8 noeuds. J’ai hâte qu’on passe Belle-Ile et qu’on continue au portant vers Odas. C’est un passage clé, il ne faut pas se rater. J’ai bien dormi ce matin au reaching au large de Groix. Je suis bien reposé. On est encore un peu trop tôt pour le thermique, on risque peut être de butter dans la phase de transition aux Galères. Le ciel est assez laiteux. Je pense que d’ici à deux heures, on peut peut-être arriver à passer Belle-Ile. Mis à part ceux qui ont tenté un coup du coté de Molène/Béniguet qui sont un peu décrochés, la flotte est assez groupée ».

Gildas Morvan (Cercle Vert), au nord de Belle-Ile: « On a du soleil, le vent a un peu molli, on commence à contourner Belle-Ile. Il faut prendre les jumelles, regarder les concurrents, voir où ça passe, regarder les falaises, les nuages. Il faut tourner la tête en permanence. On est arrivé pile au mauvais timing : c’est tombé pile à l’est quand on est arrivé sur la pointe de Belle-Ile et on a été obligé de tirer des bords. Ca a resserré un peu tout le monde cette petite molle. Je suis dans le bon paquet, c’est bon pour la suite ».

Adrien Hardy (Agir Recouvrement) : « Depuis Penmarc’h, on a eu du vent de travers et on a pu se reposer un petit peu. On ne s’attendait pas trop à devoir contre border pour passer Belle-Ile. Pour l’instant le vent est toujours établi, peut-être qu’avec un peu de chance on va pouvoir passer Belle-Ile comme ça. Il est midi, dans une heure on aura passé la pointe de Kerdonis, après on sera au large. Au niveau de la stratégie il n’y aura pas grand chose à faire. Je suis dans le bon groupe, avec peu de distance sur les premiers. Je me retourne et je vois qu’il y a quelques écarts. Peut-être qu’à un moment il va y avoir de la pétole et que la flotte va s’étirer. Il vaut mieux être dans le bon paquet pour essayer de se sauver. J’ai réussi à bien dormir ce matin en prévision de moments un peu plus speeds où il faudra être présent. Il faudra être dessus au vent arrière, c’est une allure que je trouve difficile et il faudra être en forme. On se régale bien. La Solitaire en juin, c’est génial ! »

Fabien Delahaye (Skipper Macif 2012) : « C’est l’enfer, je suis dans zéro noeud de vent, je prends toutes les renverses de courant à l’envers par rapport aux autres et ça mollit par derrière. Je ne vois pas comment je peux leur reprendre des milles d’ici l’arrivée. La route est longue mais ça ne fait que partir par devant. On fait ce qu’on peut ! A mon avis je dois avoir une bonne trentaine de milles de retard et ça va se corser. Il faut prendre son mal en patience. En partant j’avais plus de 20 milles de retard : le vent a molli, j’ai pris le Four à contre et après ça n’a fait que renverser dans ce sens là. Ce n’est pas la bérézina mais en attendant ce n’est pas la joie non plus ! En tous les cas cette histoire risque d’être un peu longue, on n’est pas rendu ! »

Claire Pruvot (Port de Caen-Ouistreham) : « Je vais direct aux Sables d’Olonne, Donatien (Carme, son préparateur) est là-bas et prépare la sortie d’eau pour demain. Je devrais arriver entre 1 et 2 heures du matin aux Sables. Je passe sous Belle-Ile, il y a 9 noeuds et pour l’instant je suis toujours à la voile. J’ai déjà mis un peu le moteur, l’idée c’est que je ne perde pas de temps pour arriver là-bas. J’avais de l’eau mais je pense que c’était de l’eau qui était dans les varangues et qui est sortie au moment du choc. On verra demain matin l’étendue des dégâts. Je serai contente quand je serai arrivée. J’ai été projetée à l’intérieur et du coup j’ai deux belles bosses sur la tête mais ça va ».

Corentin Douguet (Un maillot pour la vie) qui fête ses 40 ans aujourd’hui : « On est devant le Palais et je viens de me souvenir que j’y avais fait une grosse fête pour mes 20 ans! Je suis dans le bon groupe, on va essayer de s’extirper de Belle-Ile sans trop de dégâts. Ça avait moins bien commencé cette nuit parce que ma pompe de ballast avait lâché mais c’est bon maintenant je peux mener le bateau normalement. On est en approche de la bouée des Galères, mais il y a 3-4 noeuds de vent. Ça devrait se relever par le Nord-Est dans la soirée et on devrait descendre sous spi vers Odas .»

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