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La Solitaire: Remontées en flèche au général pour les Skippers Crédit Mutuel de Bretagne

La Solitaire: Remontées en flèche au général pour les Skippers Crédit Mutuel de Bretagne
juin 18
18:12 2014
Détecter et former de jeunes champions, puis les accompagner dans leur parcours au plus haut niveau, c’est tout le sens du développement de la Filière d’excellence de course au large Bretagne – Crédit-Mutuel. Très régulièrement depuis 2011, année de sa création, elle a vu briller ses marins sur tous les plans d’eau hexagonaux et la nuit dernière, à Roscoff, cela a, une nouvelle fois été le cas. A la barre du bateau Performance, Corentin Horeau s’est, en effet, adjugé une très belle deuxième place dans la deuxième étape de la Solitaire du Figaro – Eric Bompard cachemire et se voit ainsi propulsé en quatrième position au général provisoire. De son côté, le jeune Espoir Sébastien Simon s’est octroyé une jolie 12e place, après avoir même joué pendant un temps dans le trio de tête, à l’approche du Fastnet. Comme son aîné, sa performance lui permet de faire un bond au classement puisqu’il se retrouve désormais 17e, à seulement 28 minutes et trois places du premier bizuth, le Britannique Sam Matson.

Compte tenu des conditions météo, ce deuxième acte de la 45e édition de la Solitaire du Figaro s’annonçait relativement simple. Et pour cause, avec un vent de nord-est modéré par le travers, pas de grandes options stratégiques possibles sur cette grande boucle de 535 milles entre Plymouth et Roscoff, via le mythique phare du Fastnet. Il n’empêche que dans les faits, il a réservé bien des surprises et s’est révélé très tactique, la faute aux courants et aux dévents le long des côtes sud de l’Angleterre jusqu’à Land’s End, à la molle à 30 milles du Fastnet qui a eu pour effet de compresser la flotte, à la longue descente jusqu’à l’arrivée lors de laquelle il a fallu jouer les petites bascules et rester concentré sur les réglages, entres autres. Et si Yann Eliès a dominé le sujet, derrière, la bataille a fait rage jusque dans les dernières longueurs, en témoignent les écarts infimes sur la ligne d’arrivée : moins de 30 minutes entre le 2e et le 11e et à peine plus de deux minutes entre le 2e et le 4e. Autant dire que les marins ont tout donné pour grappiller quelques précieuses secondes et les yeux de Corentin Horeau, à son arrivée au ponton, aux alentours de 3 heures ce matin, ne trompaient personne. « Pour être devant, il faut vraiment s’arracher tout le temps. Ne jamais rien lâcher, même quand on est dans un état second. Mon bonheur aujourd’hui, c’est d’être sur le podium de l’étape parce que, même si j’avais déjà terminé dans le Top 3 à la Generali Solo, c’est la première fois que j’arrive à rester vraiment à la bagarre dans le groupe de tête comme ça », a expliqué le skipper, heureux d’être finalement celui qui a le mieux tiré son épingle du jeu derrière le tenant du titre. «  Sur un long bord comme celui que nous avons eu entre le Fastnet et Astan, les milles ne défilent pas très rapidement et parfois, c’est un peu frustrant, surtout quand il y a des Fabien Delahaye bien énervés derrière et qu’il faut contenir. Au final, je suis content parce que j’y suis arrivé. Mieux, j’ai réussi à doubler Jérémie Beyou », a ajouté Corentin, évidemment satisfait de remonter à la quatrième place du classement général provisoire, à seulement quinze petites minutes du leader, ce qui le laisse continuer de rêver du meilleur. « Dans ma tête, mes objectifs sont clairs : essayer de faire des belles choses, être dans le coup et si possible, boucler toutes les manches dans les dix premiers. Pour l’instant, tout se passe bien », a déclaré le jeune Trinitain, qui retiendra aussi de cette étape quelques moments magiques, comme le passage des îles Scilly, mais aussi et surtout du mythique rocher du Fastnet.

Dans le match des bizuths
C’est d’ailleurs l’une des choses qui aura également tout particulièrement marqué Sébastien Simon lors de ce deuxième round. « Ce phare, c’est quand même quelque chose d’incroyable pour un marin, en particulier la première fois » a-t-il dit, peu après s’être amarré au port de Bloscon et avant d’analyser, à chaud, sa course. « Le début, jusqu’à la montée en Irlande, était pas mal parce que j’étais troisième. Après, tout est reparti à zéro parce que le long des côtes Irlandaises, il n’y avait plus de vent. De mon côté, sur ce coup, j’ai perdu quelques places mais je suis quand même parvenu à rester au contact avec le groupe de tête. Mon objectif, à ce moment-là, a été de revenir dans les dix premiers, ce que j’ai réussi à faire. En revanche, hier matin, je me suis réveillé hyper fatigué, je n’arrivais à rien et cela m’a un peu coupé dans mon élan. J’ai retrouvé quelques forces ensuite, et je me suis battu en fin de journée  pour revenir. Malgré tout, j’ai reperdu du temps peu avant de franchir la ligne », a expliqué le jeune Espoir, qui s’est donc octroyé la 12e place cette nuit. Une performance remarquable pour une première participation, qui lui permet de remonter de la 24e à la 17e place au général, mais aussi et surtout de combler une grosse partie de son retard sur le premier bizuth, le Britannique Sam Matson. Aujourd’hui, l’écart, entre eux, n’est plus que de 28 minutes. « Je vais essayer de retenir les bons côtés de cette manche et tâcher de refaire ça en mieux lors de la prochaine. Le positif, c’est que je suis capable de batailler avec les meilleurs pendant un certain temps. Je suis quand même resté plus de 24 heures en troisième position. Dans l’ensemble, je pense avoir fait des bons choix stratégiques. Après, il me reste à améliorer pas mal de points sur les transitions, le repos et la nourriture… J’ai tout mangé d’un coup, à la fin, je n’avais plus rien ! », a souligné le marin, accueilli à 3 heures ce matin, par Nicolas Troussel, le skipper Bretagne – Crédit Mutuel Élite, venu le féliciter et lui prodiguer de nouveaux conseils pour la suite. Car la Filière d’excellence de course au large, projet cohérent et ambitieux construit en appui sur le Pôle Finistère Course au Large, c’est aussi ça : un dispositif à trois étages qui favorise le transfert des compétences entre les pratiques « solitaire » et « « équipage », entre les « rookies » et les anciens, capable de faire vibrer tous ceux qui aiment la mer et la Bretagne

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