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Le défi d’Yvan Bourgnon: des Fidji à Vanuatu

Le défi d’Yvan Bourgnon: des Fidji à Vanuatu
mai 27
19:15 2014

Une belle satisfaction depuis le départ des Sables d’Olonne, je n’ai reporté aucun de mes départs à cause de la météo et j’arrive à suivre mon concept : tu fais avec ce que te donne la nature. A mon départ de Bora-Bora aucun bateau ne souhaitait prendre la mer avec cette dépression annoncée. Je me suis imposé un rythme soutenu dans ce tour du monde, ce n’est pas pour rester au port à attendre des jours meilleurs.

Et comme le dit si bien un dicton « Qui écoute trop la météo passe sa vie au bistrot ».

J’ai commencé par longer l’île de Veti Levu en enchaînant les virements de bords au près au beau milieu de récifs en pleine nuit. J’ai pris l’habitude de naviguer à l’estime mais aussi au bruit. Ce bruit violent des vagues qui s’éclatent sur la caille est devenu mon repère pour naviguer, il m’arrive d’arrêter le bateau juste pour écouter, surtout la nuit quand je ne vois plus rien. Très vite le vent tourna au sud-est, les alizés ont repris leurs droits pour mon plus grand bonheur mais l’humidité permanente depuis la Polynésie est vraiment usant. Ce vent fort et ce manque de soleil sont devenu mon quotidien, ça doit être la nostalgie de la Bretagne.

Alors que le vent était stable la première nuit, je me suis fait surprendre par une montée subite de la pression sans aucun signe annonciateur qui me vaudra un planté à la limite du chavirage : le bateau enfourné jusqu’à la poutre avant presque à la verticale en pleine nuit me donnera une nouvelle alerte, dorénavant je ne naviguerai plus de nuit sans prendre le 1er ris. 30, 35, 40 nœuds et c’est reparti pour du sport. La température de l’eau et de l’air a chuté avec les vents du sud  hémisphère sudt et je suis frigorifié. La 2ème journée sera la plus noire de mon Défi pour le matériel avec un enchaînement de casse du matériel : tout d’abord la fixation de mon gouvernail tribord à céder, 4 boulons de 8mm ont cassé net, le casque de safran sera endommagé dans la bataille. Une voie d’eau apparaît ensuite dans le caisson avant de mon flotteur tribord. Puis s’en suive une légère déchirure sur le gennaker et le palan de grand-voile Harken qui  émet son dernier cri de survie. Moi qui rêvait enfin d’une escale sans la caisse à outil sur le pont.

Les escales sont toujours très intenses. Les formalités très complexes avec le passage obligatoire à la santé, immigration, douanes, capitainerie, des tonnes de papiers puis vient la phase de bricolage, d’avitaillement et de formalités de départ.Une arrivée sur l’île d’Efate  à Port Vila aux îles Vanuatu en pleine nuit après 3 jours et demi d’une navigation rapide. Quelques jours de bricolage avant de repartir pour la dernière étape du Pacifique en direction des Papous de la Nouvelle Guinée.

Partenaire du jour : Composite Patch qui a conçu un kit de réparation unique un tissu carbone avec la résine époxy qui imbibe le tissu avec une simple manipulation sans même se salir les mains que je vais utiliser pour réparer le casque de mon gouvernail.

 

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