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Lionel Lemonchois : « Tant de travail et d’énergie foutus en l’air en l’espace de deux secondes»

octobre 28
11:36 2015

Victimes d’un chavirage dans le golfe de Gascogne, hier soir, aux alentours de 20h15, Lionel Lemonchois et Roland Jourdain, n’ont finalement pas eu d’autre choix que de déclencher leur balise de détresse, cet après-midi, aux alentours de 15h30 Tu. Immédiatement, un hélicoptère du MRCC Madrid s’est mis en route pour aller les secourir sur zone, à 150 milles dans le nord-ouest de La Corogne. L’opération, coordonnée par le CROSS Gris Nez s’est déroulée avec succès et le duo du Maxi80 Prince de Bretagne a ainsi rejoint le port de La Corogne sur les coups de 20 heures, ce soir. Le skipper emblématique des producteurs bretons est alors revenu sur les circonstances de l’accident et le sauvetage puis il a expliqué ce qu’il souhaite mettre en place pour réussir à récupérer son bateau dès que les conditions le permettront. Interview.

Lionel, pouvez-vous revenir sur les circonstances de l’accident ?
« Je n’ai pas vu grand-chose car j’étais dans le bateau. On était au près, sous trinquette, dans de la mer, avec entre 15 et 17 nœuds de vent. Dix minutes avant, avec Bilou, on se posait la question de savoir s’il fallait qu’on déroule le solent ou pas. Je ne sais pas ce qui s’est passé, j’ai juste eu le temps de bondir et d’attraper Bilou pour l’attirer dans la descente. Est-ce que c’est le fait d’une vague ou d’une survente ou bien des deux, c’est difficile à dire… C’est dur parce que nous avions passé le plus gros du mauvais temps et que la météo allait vraiment en s’arrangeant. »

Qu’avez-vous ressenti à ce moment-là ?
« C’est le ciel qui vous tombe sur la tête. J’ai déjà vécu ça il y a deux ans (sur la Mauricienne, ndlr). Revivre deux fois de suite la même chose, ça commence à faire beaucoup. Je n’ai pas pensé à la Transat mais au bateau, à toute cette somme de boulot et d’énergie que nous avons dépensé pour que le Maxi80 Prince de Bretagne soit comme il est. C’est terrible de voir tous ces efforts foutus en l’air en l’espace de deux secondes et de penser aux conséquences qu’il va y avoir derrière. »

Dans un premier temps, vous n’avez pas demandé d’assistance puis finalement, vous avez déclenché votre balise de détresse. Qu’est-ce qui a motivé cette décision ?
« Hier soir, quand j’ai appelé Mino (Dominique Vittet, le directeur technique du team, ndlr), il m’a annoncé des vents de plus en plus forts, précisant que ça pourrait monter jusqu’à 40 nœuds dans la soirée de jeudi. Cet après-midi, il y avait déjà cinq à six mètres de creux et ça soufflait à 30 nœuds. Je me suis dit que ça ne valait pas la peine de se mettre en danger à deux dans une mer pas loin d’être démontée. J’ai quand même fait en sorte de larguer le gréement pour soulager le bateau. J’y suis parvenu après deux bonnes heures passées dans l’eau avant d’être récupéré par les secours et de quitter le bateau. »

Comment s’est déroulée l’opération d’hélitreuillage ?
« L’hélicoptère du MRCC Madrid est arrivé hyper vite. Il nous a même surpris car on ne l’attendait pas si rapidement. Il est passé une première fois au dessus de nous puis a refait un tour avant de descendre un gars qui nous a monté l’un après l’autre, Bilou d’abord et moi ensuite. Au total, ça a duré vingt minutes. C’était très impressionnant de voir le type au bout de son câble au dessus du bateau balancé dans tous les sens, mais on a vite senti que l’équipe avait l’habitude de faire ce genre de chose car l’opération s’est déroulée de façon très carrée et très pro. »

On imagine que, maintenant, votre priorité, est d’essayer de récupérer le Maxi80 Prince de Bretagne ?
« En tous les cas, nous allons tâcher de faire ce qu’il faut pour. Nous avons commencé les discutions pour trouver un remorqueur. L’idée, a priori, c’est plutôt d’essayer de remorquer le trimaran à l’envers jusqu’à La Corogne ou un autre port assez proche, puis de le gruter pour le retourner. A mon sens, c’est ce qui sera le moins destructeur pour lui. Notre équipe technique s’occupe de ça et si possible, nous partirons jeudi soir après le coup de vent pour être sur zone vendredi. »

Lionel Lemonchois, Roland Jourdain, tout le team Prince de Bretagne ainsi que les 2 300 producteurs de la coopérative remercient vivement les hommes du MRCC Madrid ainsi que ceux du CROSS Gros Nez pour la rapidité et l’efficacité de leur intervention.

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