Nautisme info

Mini Transat ? Ce fut un départ de toute beauté

Mini Transat ? Ce fut un départ de toute beauté
novembre 14
13:13 2013

Nautisme – Ce fut un départ de toute beauté sur cette transat… Comme si les éléments avaient décidé de rendre grâce à la ténacité des acteurs de cette Mini Transat 2013. Un léger vent de nord et quelques rayons de soleil ont accompagné la flotte pour sortir de la ria de Sada avant que les spis ne commencent à monter, alors que les solitaires doublaient la tour d’Hercule, devant La Corogne (crédit photo : Mini Transat 2013).

Bon départ. A 9h45, Patrick Maurin, le Président du comité de course libérait la flotte des 73 solitaires présents sur la ligne de départ. Manquaient à l’appel Jaanus Tamme (Ropeye) et Elise Bakhoum (Qéramix) qui avaient estimé qu’ils avaient déjà eu leur comptant d’émotions fortes et de coups de butoirs. La Belge Sophie de Clercq (Ville de Marseillan) ne savait pas, quant à elle, si elle allait être en mesure de s’aligner au départ de cette deuxième étape. Sujette depuis deux jours à des vertiges soudains, la navigatrice a consulté à l’hôpital de Sada sans que l’on puisse trouver une explication rationnelle à ses malaises. Au final, consciente qu’elle pouvait se mettre en danger dans cette situation, Sophie décidait, en accord avec la direction de course de jeter l’éponge. Savoir se comporter en bon marin, c’est aussi être capable d’évaluer les risques que l’on prend pour soi et pour les autres. La Mini Transat perd là une de ces concurrentes qui font aussi le sel de la course.

Les favoris en pointe

Au top de départ, c’est Ludovic Méchin (Paris Texas) qui pointait le bout de l’étrave en tête sur la ligne, tandis qu’en bateaux de série, Alberto Bona (Onelinesim.it) prenait lui aussi l’avantage sur le reste de la flotte. Rapidement, dans un régime de nord forcissant légèrement, la situation se décantait et l’on voyait les gros bras revenir petit à petit aux avant-postes. A la sortie de la baie, c’était Gwénolé Gahinet (Watever/Logways) qui partait au large le premier, suivi de Nicolas Boidevezi (Nature Addicts) et Louis Segré (Roll my Chicken). En série, Yannick Le Clech (Diaoulic 692) prenait le meilleur sur Ian Lipinski (Pas de futur sans Numérique). Pour Yannick, c’était un joli clin d’œil à son pote Damien Cloarec, contraint d’abandonner la course suite à une tendinite tenace. Entre gars de la baie de Morlaix, on sait ce que fraternité veut dire.

Petit à petit le vent montait et Nicolas Boidevezi doublait le cap Finisterre à 16h avec une confortable avance sur ses poursuivants puisqu’il possédait déjà un matelas de huit milles de bonus sur un peloton emmené par Benoît Marie (benoitmarie.com) et Giancarlo Pedote (Prysmian), les vitesses des hommes de tête frôlant régulièrement les 17 à 18 nœuds. Jonas Gerkens (Netwerk 2) mêlait quant à lui son Pogo à la flotte des protos à plus de 12 nœuds de moyenne. D’autres ténors ont, à rebours, visiblement fait le choix d’une certaine prudence comme Bertrand Delesne (TeamWork Proto) ou bien encore Gwénolé Gahinet. Enfin, à l’arrière de la flotte, plusieurs concurrents avaient annoncé leur intention de naviguer à leur main. Ainsi Yoann Tricault (Schulter Systems) n’avait aucune intention de se laisser dicter sa conduite par les hommes de tête et comptait bien hausser progressivement son rythme à mesure qu’il s’en sentira les moyens. L’essentiel étant d’abord d’arriver. Sans oublier que douze heures d’escale a minima pour réparer peuvent rapidement offrir des places dans l’escarcelle de ceux qui auront su ménager leur monture.

Premières avaries

Evidemment, tenir un train d’enfer comme celui-ci n’est pas sans risque pour le matériel. Quelques concurrents ont d’ores et déjà signalé quelques avaries. Annabelle Boudinot (Agro 650) a cassé son bout dehors mais elle dispose d’un espar de rechange à bord. Elle devrait réparer au plus vite. Même punition pour Axel Tréhin (Ty Startigenn) qui va essayer de faire avec les moyens du bord pour éviter une escale forcée. En revanche, Joël Miro Garcia (Dame Argo) se dirige vers le port de Camarinas après avoir annoncé à un bateau accompagnateur la rupture d’un de ses deux safrans.

Entre les îles Sisargas, dans l’ouest de La Corogne et la pointe sud du cap Finisterre, la côte porte le doux surnom de « Costa da Morte ». On conçoit que certains aient choisi de pousser les feux de leur machine pour éloigner au plus vite dans leur tableau arrière ces paysages déchiquetées qui peuvent donner le frisson aux âmes sensibles. Néanmoins, il reste encore un paquet de milles devant l’étrave et comme le rappelait judicieusement un routeur de bon conseil aux Ministes qu’il accompagnait, « l’essentiel n’est pas d’aller vite pendant quatre heures, mais de tenir la cadence pendant quatre jours, voire plus… » D’autant qu’il semble que la flotte soit bien partie pour conserver des conditions solides une fois doublée les îles de Lanzarote et La Palma. D’autres répondront que ce qui est pris n’est plus à prendre. A chacun sa vérité… une chose est certaine, seul le vainqueur aura raison.

Classement de la Mini Transat, le 13 novembre à 16h (TU+1)

> Classement Eurovia Cegelec (Prototypes)

1 Nicolas Boidevezi (Nature Addicts) à 3615,8 milles de l’arrivée
2 Benoît Marie (benoitmarie.com) à 8,5 milles du premier
3 Giancarlo Pedote (Prysmian) à 10,5 milles
4 Bertrand Delesne (TeamWork Proto) à 11,8 milles
5 Ludovic Méchin (Paris Texas) à 12,6 milles

> Classement Yslab (Bateaux de série)

1 Jonas Gerkens (Netwerk 2) à 3628,6 milles de l’arrivée
2 Joël Miro Garcia (Dame Argo) à 1,2 milles du premier
3 Simon Koster (Go 4 it) à 1,5 milles
4 Jean-Loup Chenard (jlchenard.com) à 1,8 milles
5 Alberto Bona (Onelinesim.it) à 2,5 milles

Partager

Articles en relation