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Mini Transat : Délimitation de vitesse

Mini Transat : Délimitation de vitesse
novembre 03
11:40 2015

Après quarante-huit heures de course, les choses rentrent dans l’ordre. A bord des Minis, chacun retrouve son rythme propre même si la pression de la compétition, ajoutée parfois à un peu de mal de mer pour certains, provoque encore quelques petits décalages. La routine des tâches quotidienne n’est pas toujours complètement assimilée, il arrive que l’on saute un repas, que la sieste roborative soit trop vite écourtée. Il va falloir attendre d’avoir passé le cap du quatrième ou cinquième jour pour que chacun se sente en phase avec lui-même.

Alors que les Minis descendent à bonne vitesse droit vers l’archipel du Cap-Vert, on imagine la teneur des interventions sur Radio Cocotier, le lien VHF entre marins. Outre les conversations sur le quotidien de chacun, souvent très basiques – qu’est-ce que tu as mangé, j’ai mouillé mon seul duvet, c’est déjà le cheni à bord, etc. – l’abandon de Davy Beaudart a dû mobiliser une partie du temps passé sur les ondes. D’une part, parce qu’il ouvre complètement le jeu d’une course que d’aucuns croyaient déjà pliée d’avance, de l’autre parce qu’il rappelle à tous qu’une traversée de l’Atlantique c’est long et que bien des péripéties peuvent pimenter le pèlerinage vers la Guadeloupe. Enfin, Davy Beaudart est aussi une figure du circuit Mini au sein duquel il s’est fait nombre d’amis. Laisser un pote sur le bord du chemin n’a rien de réjouissant.

Objectif sud

Au nord du parallèle 24°N, le vent devient de plus en plus évanescent. Les quelques concurrents repartis des Canaries après une escale forcée peinent à descendre comme Frédéric de Mesel (Double Trouble), englué dans des vents faibles au large des côtes marocaines. Tous ceux qui sont au nord de cette ligne de démarcation progressent en moyenne à des vitesses qui dépassent rarement les 7 nœuds, quand leurs collègues du sud flirtent en permanence avec les 9 nœuds, voire plus pour les plus sud et les plus proches des côtes africaines.

L’ai-je bien descendu ?

Pour tenter de gagner vers la Guadeloupe, tout en évitant de se laisser piéger par un ralentissement des vents, les coureurs adoptent une conduite en escalier : quand les variations du vent les y autorisent, ils se recalent légèrement dans l’ouest. Pour l’heure, les marches sont déséquilibrées, très hautes du nord au sud. Mais il va bien falloir inverser la tendance et chercher à gagner dans l’ouest. Du timing adopté, dépendra en grande part le classement des jours à venir. Face à ce dilemme, certains ont décidé de différer le moment de gagner dans l’ouest. C’est le cas des duettistes Ian Lipinski (Entreprises Innovantes) et Julien Pulvé (Novintiss) en bateaux de série qui ont réussi à se positionner en pointe à hauteur de Benoît Hantzperg (YCA Dhumeaux Secours Populaire), mais aussi d’Edouard Golbery (Les Enfants du Canal) et d’Henri Marcelet (Région Nord Pas de Calais) qui naviguent ainsi à l’avant du peloton. Si leur classement en distance au but ne leur est pas favorable, c’est qu’ils sont les plus éloignés de l’orthodromie, la route directe. Mais leur position est intéressante et pourrait se révéler payante d’ici peu.
En prototype, Frédéric Denis (Nautipark) a réussi à se décaler légèrement dans l’ouest sans pour autant perdre sa position de pointe. Il est en situation idéale dans la perspective du virage à droite qu’il faudra bien négocier un jour au l’autre. Sur l’autoroute des alizés, chacun rêve de pouvoir mettre le clignotant à droite, mais attention à ne pas finir sur la bande d’arrêt d’urgence.

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