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Mini Transat îles de Guadeloupe Comme un lundi

Mini Transat îles de Guadeloupe Comme un lundi
novembre 10
17:35 2015

Alors que les leaders continuent d’affoler les compteurs, qu’ils ne comptent plus la distance qui les sépare de l’arrivée qu’en centaines de milles, le gros des troupes entame tout juste la deuxième partie de parcours. Pour tous ceux qui sont encore en mer, il risque d’y avoir quelques baisses de moral quand les premiers s’annonceront en baie de Pointe-à-Pitre. En attendant, il faut se remettre à l’ouvrage.

Décrochage : petit à petit, les leaders ont fait le trou sur le reste de la flotte. Au sein du peloton, on sait que les places d’honneur sont réservées aux cadors. Difficile dans ces conditions de maintenir le même rythme que les locomotives de l’avant : il y a la fatigue qui joue, les petits bobos qui ont fragilisé le matériel ou le marin, l’envie d’arriver au bout qui rappelle que pour être placé, il faut déjà être classé. Et puis, ce n’est pas la même chose quand on se bat pour un podium ou un top 5, ou quand on est en lutte pour la quinzième ou vingtième place. On a beau se fixer des objectifs personnels, c’est difficile de maintenir le même niveau de motivation que celui des chiens fous qui bataillent à l’avant. Et puis, il y a les inévitables pépins techniques qui ralentissent la progression.

Présence à bord : l’alerte douce

La nuit dernière Nikki Curwen (Go Ape ! Live Life Adventurously) actionnait son bouton de présence à bord et modifiait légèrement sa route pour naviguer bord à bord avec Hervé Aubry (Ixina – Voilerie HSD). Que se sont-ils dits ? Seule l’arrivée apportera des réponses, mais on peut supposer que l’un comme l’autre, au vu des vitesses moyennes de ces derniers jours ont quelques soucis. La route des alizés est rarement aussi tranquille qu’on l’imagine. La mer peut y être croisée quand une onde tropicale génère une houle de nord-ouest qui s’oppose à la mer du vent, les grains et les orages sont de plus en plus fréquents à mesure qu’on progresse vers les Caraïbes. En dix jours de navigation sous spi, les départs en vrac sont nombreux. C’est aussi le bouton de présence à bord qu’a actionné Nacho Postigo (Vamos Vamos) la nuit dernière pour rassurer quant à une vitesse anormalement lente. Depuis, le skipper espagnol a repris sa route normalement.

Contact furtif

Sur l’Atlantique, les bateaux accompagnateurs croisent parfois la route d’un concurrent. A bord des deux bateaux c’est un événement. Pour le solitaire, c’est l’occasion de faire remonter de ses nouvelles et pour l’équipage du « chien de berger », c’est une cassure dans la routine de la traversée de l’Atlantique. Ainsi Salam, chargé de veiller à l’arrière du peloton a-t-il pu converser avec Chris Lükermann (CA Technologies) qui annonçait avoir déchiré son grand spi deux jours après le départ et qu’il avait quelques soucis de fixation de son bout-dehors. Le navigateur allemand attendait la fin d’un passage orageux pour réparer, mais l’information principale était qu’il avait bon moral et que sa voix était claire.

Forza Italia

La tête de course est loin de ces considérations. En prototype, comme en série, personne ne laisse sa part aux chiens. En prototype, Frédéric Denis (Nautipark) a concédé du terrain à ses adversaires en se recalant dans le sud. C’est ce qu’on appelle un investissement pour l’avenir. Derrière lui, Michele Zambelli (Illumia) poursuit sa remontée, remonté comme un coucou génois. Deuxième à moins de deux milles, il rêve sûrement, à la faveur d’une route proche de l’orthodromie, de prendre, ne serait-ce que pour quelques heures le commandement virtuel de la course. En série, Julien Pulvé (Novintiss) semble se plaire dans le fauteuil de leader. Petit souci technique pour Ian Lipinski (Entreprises Innovantes) ou bien léger coup de mou après neuf jours de mer à pleine vitesse ? La Mini Transat îles de Guadeloupe aime à garder ses secrets. C’est aussi ce qui fait la richesse de ses retours à terre.

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