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Mini Transat îles de Guadeloupe Entre chèvre et chou

Mini Transat îles de Guadeloupe Entre chèvre et chou
septembre 29
10:21 2015

Ils arrivent par rafales dans le port d’Arrecife sur la côte orientale de l’île de Lanzarote. Petit à petit les Ministes viennent ranger leur monocoque aux côtés de ceux des copains. L’occasion une nouvelle fois de refaire la course, d’échanger, de se chambrer. Ici, le partage n’est pas qu’un mot.

C’est devenu un rituel sur les pontons de la marina Lanzarote. A chaque arrivée d’un concurrent, les pontons résonnent de sa musique fétiche quand les adversaires parvenus dans les heures précédentes abandonnent le mess des Minis pour venir accueillir leur pote. A prendre les aussières, à donner un coup de main pour rouler les voiles, à souhaiter la bienvenue à celui qu’on a battu d’une poignée de main franche ou d’une grosse bise claquée sur les deux joues. Dans la communauté des Ministes, on n’est pas bégueule.

Les déçus du petit matin

Dans le paquet des arrivées, il y a bien évidemment ceux qui étaient venus pour une toute autre performance. Avaries techniques, erreurs de trajectoires ou parfois mal de mer tenace ont eu raison de quelques velléités de course aux avant-postes. Parmi ces déçus, on comptait ainsi Hervé Aubry (IXINA – Voilerie HSD) victime de la zone tampon qui ne manque pas de se créer par nord-ouest devant le cap Finisterre. Résultat des courses : plus de huit heures de navigation à toute petite vitesse pendant que le gros de la flotte enquillait goulument les milles en direction de l’arrivée. D’autres n’ont pas su trouver le bon rythme immédiatement comme Dimitri Simons (teamsolo.nl) victime d’un mal de mer tenace qui l’a mis sur le flanc pendant deux jours ou bien encore le Portugais Antonio Fontes (Vela Solidaria) qui s’est usé à force de ne pas trouver le sommeil à ces allures de trompe-la-mort. En prototype Michele Zambelli (Illumia) comme Alberto Bona (onlinesim.it) ont payé très cher leur décalage dans l’est du golfe de Gascogne. Enfin Benoît Hantzperg (YCA Dhumeaux Secours Populaire), sans son avarie de barre qui l’a obligé à un arrêt technique à Cascais, pouvait légitimement viser un podium, voire la victoire en bateaux de série dans cette première étape.

L’aventure se suffit à elle-même

D’autres ne se posent pas ce genre de question. Déjà, le simple fait d’arriver à Lanzarote est pour eux une sorte de victoire. Victoire sur le sort qui les avait accablés en 2013 pour Nikki Curwen (Go Ape ! Live Life Adventurously) qui n’avait pu se lancer car première en liste d’attente, pour Clément Bouyssou (Le Bon Agent ! Bougeons l’Immobilier) ou Julien Pulvé (Novintiss), contraints à une longue escale technique à Lanzarote avant de reprendre la mer.
Et puis, il y a la cohorte de tous ceux qui se lancent pour la première fois et qui mesurent le chemin parcouru entre le moment où ils ont décidé de se lancer dans l’aventure et l’arrivée aux Canaries. Pour Radoslaw Kowalczyk (Calbud) , le simple fait de valider son projet de prototype destiné à être fabriqué en série suffisait à son bonheur exprimé avec enthousiasme et simplicité sur les pontons de Lanzarote. Pour Henri Marcelet (Région Nord Pas de Calais), Arnaud Marchado (Du Léman à l’Océan) et Yann Claverie (Map Product), la bagarre dans la course entre les trois larrons a suffisamment pimenté leur quotidien pour qu’ils ne voient pas le temps passer.

Ils ont dit :

Dimitri Simon (Teamsolo.nl – 20e classement série Ocean Bio-Actif)
“Les deux premiers jours, j’étais malade, j’avais le mal de mer. Du coup, je n’ai pas pu vraiment naviguer proprement. Je ne pouvais pas manger, donc je devenais vraiment très faible. Les cinq dernières nuits avec la chaleur qui revenait, sous grand spinnaker, c’était super. Plus on descendait vers le sud et mieux j’allais.”

Andrea Fornaro (Sideral – 13e classement série Océan Bio-Actif)
« C’était una regata fantastica ! Meravigliosa ! Les vagues, le vent, tout était magique, ça a vraiment été un grand bonheur ! Je suis très, très heureux !
Mon bateau est en parfait état, je n’ai absolument rien cassé, mis à part un tout petit accroc dans la grand-voile. Il y a juste un truc que je n’ai pas encore compris : c’était comment sortir du golfe de Gascogne ? (rires) »

Radek Kowalczyk ( Calbud – 13e classement prototype Eurovia Cegelec)
« Je suis en vie ! Enfin plus ou moins… (rires) C’était très compliqué et intense, j’ai eu beaucoup de petits problèmes techniques sur le bateau. La fin de la traversée du Golfe de Gascogne fut vraiment difficile. Après, ça allait mieux. Je suis moyennement content de mon résultat, même si je suis heureux d’être là. J’aurais pu faire mieux. C’est la vie ! J’ai encore beaucoup à apprendre sur mon bateau pour le faire aller plus vite et il y a quelques optimisations à apporter, mais rien d’important. »

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