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Pourquoi n’avoir pas donné le départ de la Mini Transat ce dimanche ?

Pourquoi n’avoir pas donné le départ de la Mini Transat ce dimanche ?
octobre 15
15:34 2013
C’est la question récurrente que posent les Douarnenistes. Pourquoi n’avoir pas donné le départ ce dimanche avec le beau temps qui régnait sur la baie ? Parce que la réponse se situe au niveau du cap Finisterre à la pointe nord-ouest de l’Espagne. C’est là que les solitaires risquaient d’être cueillis à froid dans des vents de 35 nœuds, au louvoyage, dans une mer forte. Des conditions critiques pour des bateaux de 6,50m menés en solitaire (crédit photo : Marc Sauvageot).

Il faut imaginer la vie à bord d’un Mini, face à la mer, dans du mauvais temps. Le bateau bouchonne, tape, peine à remonter les vagues et progresse à très faible vitesse du fait de sa faible longueur à la flottaison. Le pont est régulièrement balayé par les vagues et le skipper est balloté, le plus souvent retenu au bateau par sa longe de harnais, amarrée court. A l’intérieur, c’est un véritable capharnaüm. Le matériel est entassé du côté au vent, tout est trempé et les mouvements du bateau empêchent toute velléité de sa faire, ne serait-ce qu’un plat chaud. Bref ! Ce sont des conditions particulièrement éprouvantes tant pour les navigateurs que pour leurs machines. Le gréement est fortement sollicité à chaque vague et certains mâts n’y résistent pas.

On comprend que dans ces conditions, la direction de course ait choisi de reporter le départ de la Mini Transat. Reste, qu’il faut maintenant trouver une fenêtre suffisamment large pour éviter qu’elle ne se referme sur les doigts de la flotte. Or, si la situation actuelle ouvre des intervalles de 48 heures, ce n’est pas suffisant pour permettre à tous les concurrents de franchir l’obstacle du golfe de Gascogne et la descente le long des côtes occidentales de la Galice. Soit environ 450 milles avant de rencontrer des conditions plus maniables. Pour assurer un passage en sécurité de toute la flotte, il faudrait aujourd’hui une fenêtre météo d’environ trois jours pleins. Or les systèmes dépressionnaires s’alimentent sur le proche Atlantique à des latitudes relativement sud, maintenant le vent de secteur sud à sud-ouest dominant. La fameuse saute au noroit, consécutive à la fin de passage d’une dépression n’a pas le temps de s’installer qu’un nouveau système se met en place.

Face à une telle situation, l’équipe d’organisation a pris le parti d’attendre la fenêtre favorable pour joindre Lanzarote.

Autre solution qui pourrait être envisagée, tronçonner la première étape en deux parcours. Un premier bord pourrait emmener les solitaires de Douarnenez à Gijon, seul port espagnol capable d’accueillir au débotté une flotte de 84 Minis. Grâce aux contacts établis avec la Barquera pendant le Grand Prix Guyader, les correspondants asturiens de Douarnenez Courses se mobilisent. De Gijon, les solitaires attendraient une nouvelle fenêtre météo pour franchir le cap Finisterre. Avantage de l’opération : en scindant le parcours, on réduit considérablement la taille de l’accalmie nécessaire pour s’ouvrir la route du sud. Mais aujourd’hui, aucune décision n’est encore prise, car cette solution pose nombre de problèmes de logistique. Prochain rendez-vous demain 18h. La direction de course a choisi de jouer la carte de la transparence avec les coureurs : c’est aussi çà, l’esprit Mini.

PFB

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