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Permis bateau : comprendre les réformes d’hier à celles de demain

Permis bateau : comprendre les réformes d’hier à celles de demain
janvier 16
10:23 2013

Depuis maintenant 5 ans, les permis bateau font l’objet de réformes successives en vue de professionnaliser l’activité, pour limiter les « fraudes », pour un intérêt pédagogique et éducatif (ainsi que pour un intérêt économique de l’Etat).

 

Tout d’abord en janvier 2008, les prérogatives des bateau-écoles ont été élargies : Depuis cette date, la Préfecture délivre sur dossier des agréments aux centres de formation. Ces agréments permettent aux bateau-écoles de valider la pratique (à l’issue d’un temps minimum de conduite) de leurs apprenants, en fonction d’objectifs à atteindre ; ainsi dans cette nouvelle organisation, les stagiaires ne passent plus d’épreuve de conduite devant un examinateur des Affaires Maritimes comme auparavant. Différents moyens de contrôle ont été mis en place afin de vérifier le bon fonctionnement des bateau-écoles. Par ailleurs, l’épreuve de code a elle aussi été bouleversée : Toujours sous la forme d’un Questionnaire à Choix Multiple, l’épreuve théorique se fait maintenant avec un boitier. Le nombre de questions est passé de 20 à 25.

 

En mai 2011, les autorités ont décidé de faciliter l’accès à un moyen de communication marine appelée VHF (Very High Frequency), en intégrant dans l’épreuve de code 5 questions supplémentaires concernant cet outil de communication. Ainsi les titulaires de permis bateau ont désormais l’autorisation -uniquement sur les eaux territoriales françaises- de communiquer avec cette VHF sans même devoir passer le CRR (Certificat Restreint de Radiotéléphoniste). Le nombre de questions passe alors de 25 à 30. Avec cette volonté de coller au mieux aux besoins des néo-plaisanciers et dans cette dynamique de recherche de la qualité et de professionnalisation, certains bateau-écoles acceptent les règles. D’autres les contournent, les bafouent en ne recherchant que leur intérêt financier immédiat.

 

Ainsi à la dernière réunion du 13 novembre 2012, sous la présidence du chef de la Mission Plaisance et à laquelle siège la Fédération Nationale des Bateau-écoles, Monsieur Hervé GOASGUEN a confirmé sa « directive » qui était de porter les premiers bilans de contrôle sur les établissements agréés pratiquant des offres « promotionnelles groupées » type GROUPON. Actuellement, hormis les 4000 permis retirés sur les 6500 cas de fraude à Marseille, pour l’instant, les candidats ayant obtenus leurs permis dans un bateau-école suspendu n’ont pas eu le retrait de permis. Mais, cela ne perdurera pas. Après de timides contrôles ayant aboutis à quelques suspensions entre 2008 et 2011, une « Lettre de cadrage de janvier 2012 » adressée par le Chef de la Mission Plaisance à tous les services instructeurs, dix suspensions ont été prononcées plus une en cours de notification. Sur ces dix suspensions, sept concernent des établissements pratiquant « la vente groupée par Internet » – (Deals GROUPON ou autres). Parmi ces établissements, il y a eu :

  • 4 suspensions de 6 mois,
  • 2 suspensions de 4 mois,
  • 1 suspension de 3 mois.

 

Ainsi, il est donc recommandé à toute personne ayant le projet de passer son permis bateau de s’adresser à un bateau-école agréé qui s’appuie sur un pédagogique solide et qui ne probe pas les « offres promotionnelles groupées » pour lesquelles les agences de communication se faisant la part belle en prenant comme commission la moitié de l’offre, ne laissent pas suffisamment aux bateau-écoles pour pouvoir payer leurs charges, les contraignants ainsi à fournir cet enseignement au rabais en dehors du cadre légal, avec par exemple un nombre d’heures de conduite insuffisant ou carrément inexistant.

 

Pour l’avenir, toujours au travers de cette Mission Plaisance, des réflexions continuent à être menées afin d’améliorer le cadre légal d’enseignement des bateau-écoles : Les formations seront « plus nautiques » et ce, avec l’objectif de mieux sensibiliser dans le domaine de la sécurité, les plaisanciers pratiquants. Le face à face pédagogique reste indispensable pour une meilleure approche comportementale des dangers de la navigation, du respect des autres usagers du plan d’eau et de la sauvegarde de l’environnement à travers une attitude « nautique » responsable. Les cours dispensés par internet sont tout d’abord des outils pédagogiques à destination du moniteur et sont insuffisants pour une formation exclusive. Dans le domaine de la plaisance, inconnu du grand public, les explications d’un professionnel sont indispensables.

 

Il est donc maintenant sérieusement question que la Mission Plaisance oriente ses efforts vers l’obligation d’un face à face pédagogique avec un nombre d’heures minimum de cours théoriques. Ainsi, il est donc fortement conseillé aux particuliers de choisir un bateau-école qui en plus des cours de conduite propose un minimum de 6 heures de cours théorique dispensés en présence d’un professeur agréé. Attention à ceux qui vous présente le permis comme une formalité qui se suffit avec la seule formation en ligne ou avec un apprentissage sur un CD ! Le bateau doit pouvoir rester un espace de liberté dans lequel tout plaisancier navigue en toute sécurité… Sécurité pour lui-même et pour les autres !

 

 

Rédigé par : Olivier LAPOINTE

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