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Plein les bottes : Plein les bottes

François Van Malleghem Photographe

Plein les bottes : Plein les bottes
septembre 15
17:11 2016

Décidément, cette étape retour n’aura rien d’une partie de plaisir. Malmenés par une mer de plus en plus formée, trempés, baignant dans une humidité moite même à l’intérieur de leur cabine, les concurrents de la Douarnenez Horta Solo font le dos rond. Et se disent qu’à défaut de jours meilleurs, la purge ne devrait durer encore qu’une quarantaine d’heures.

Rien de bien nouveau sur le golfe de Gascogne. En tête Charlie Dalin (Skipper Macif 2015) continue son insolente domination poursuivi par son compère Yoann Richomme (Skipper Macif 2014). Ces deux-là ont trusté tous les podiums depuis le début de la saison de course et se verraient bien faire une nouvelle fois la passe de deux sur la Douarnenez Horta Solo. Mais auparavant, il aura fallu se débarrasser de la dernière difficulté majeure sur la route du retour, avec le creusement d’une dépression orageuse particulièrement virulente sur le golfe de Gascogne.

Les leaders, plein front

La nuit qui vient promet donc d’être particulièrement musclée, particulièrement pour les hommes de tête. Charlie Dalin, joint par téléphone dans l’après-midi, parlait déjà de vent établi à près de 35 nœuds et s’apprêtait à vivre des heures difficiles en début de nuit. Par chance, le centre dépressionnaire semble s’éloigner rapidement vers le fond du golfe de Gascogne et la période de vents les plus forts pourrait être de courte durée. C’est tout au moins ce qu’espèrent les solitaires qui ferment la marche : les cinquante milles qui les séparent de la tête de course pourraient leur épargner une grosse part de ce que risquent de subir les leaders. C’est du moins ce qu’espéraient secrètement Sophie Faguet (Région Normandie) et Damien Cloarec (Saferail) bord à bord, sans trop d’illusions non plus. Cinquante milles à l’échelle d’une dépression de cette nature ne pèsent pas grand chose. Mais tout ce qui peut être grappillé sera bon à prendre.

Comme des dahus

Car les solitaires commencent à trouver le temps long. Même les durs au mal comme Xavier Macaire (Chemins d’Océans) ou Martin Le Pape (Bellocq Paysages) commencent à trouver le temps long… Et il faut toute la capacité d’émerveillement d’un Théo Moussion (#theoenfigaro), dont c’est le baptême du feu dans le mauvais temps au large, pour ne pas avouer que ce dont on rêve par dessus tout, c’est d’un bon steak – frites, d’un espace stable et sec… bref, de poser sac à terre à l’issue d’une saison bien remplie. Entre les indispensables changements de voile sur la plage avant, les efforts permanents qu’il faut faire pour vivre dans un univers où l’horizon a basculé de 30°, les prouesses qu’il faut réaliser pour se concocter une soupe ou un semblant de repas chaud, le temps paraît forcément plus long. La finale du Championnat de France se mérite.

Classement à 17h :

1 Charlie Dalin (Skipper Macif 2015) à 377 milles de l’arrivée

2 Yoann Richomme (Skipper Macif 2014) à 10 milles

3 Xavier Macaire (Chemins d’Océans) à 12 milles

4 Nicolas Lunven (Generali) à 8 milles à 16 milles

5 Anthony Marchand (Ovimpex – Secours Populaire) à 17 milles

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