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Plongez dans les lumières d’Océanopolis Brest avec Yann Kersalé

Plongez dans les lumières d’Océanopolis Brest avec Yann Kersalé
décembre 17
12:01 2013
C’est un artiste comme d’autres sont alchimistes : pour Yann Kersalé, plasticien, la lumière est une matière, dont il fait de l’art. Architecte de l’insaisissable, globe-trotter d’un monde qu’il inonde de lumières à chacune de ses inspirations, parfois pérennes, parfois éphémères, Yann Kersalé est de ces créateurs rares : il illumine. Et c’est en plein coeur d’Océanopolis Brest, lieu magique s’il en est, qu’il pose ses installations depuis ce lundi 16 décembre. Elles y séjourneront jusqu’au 15 juin 2014.

Au fil des ans, au gré de ses pérégrinations à travers un monde qu’il a illuminé de ses installations, Yann Kersalé est devenu un véritable spécialiste. Là où d’aucuns sculptent des matières « solides », lui travaille l’évanescent, s’approprie ce qui, par définition, compte parmi les choses les plus immatérielles et les plus fugitives : la lumière. Le plasticien de formation est passé maître dans l’art d’élaborer des concepts lumineux, in situ, en plein cœur des villes ou nichés dans la nature. En 2006, il avait illuminé, dans tous les sens du terme, le quai Branly, à Paris. En 2003, à Barcelone, la géante Torre Agbar s’habillait de lumières et déchirait les cieux catalans d’une nouvelle majesté. Plus récemment, il promenait ses inspirations géniales en Bretagne, avec son projet Sept fois plus à l’ouest, ou comment réinventer quelques lieux emblématiques bretons. Les alignements de menhirs de Carnac, l’illustre Chaos du Diable, à Huelgoat, étaient alors devenus autant de scènes pour l’art particulier de Yann Kersalé, expériences sensorielles à la fois déroutantes et délicates où la lumière est une caresse, une enveloppe, un écran. L’an dernier, l’artiste d’origine bretonne investissait aussi l’ancienne halle du Fonds Hélène et Edouard Leclerc, à Landerneau, et donnait à rêver avec À des nuits lumières, expérience totale à vivre entre nature, perte de repères et bruit de pierres. Ainsi se vit généralement l’art selon Kersalé : si la lumière est une matière visible, c’est que le noir lui donne la vie…

“Hymne-Mers-Ions” ne dérogera d’ailleurs pas à la règle. L’exposition, qui se tient à Océanopolis depuis ce lundi 16 décembre, se déroule dans un lieu unique : le pavillon Biodiversité est en effet plongé dans l’obscurité, devenant ainsi une boîte noire. Et c’est là, dans ce noir total, que surgissent les lumières, les images, issues des créations de Yann Kersalé. Jamais avare, toujours avide, voilà donc le plasticien et architecte embarqué dans une nouvelle aventure qui permettra au grand public de partir à la rencontre de son art lumineux. Yann Kersalé a posé en effet ses installations, au nombre de six, dans l’enceinte du parc de découverte des océans de Brest. Magie du lieu et du monde qu’il donne à découvrir… Yann Kersalé a succombé. Et cette nouvelle exposition à voir jusqu’au 15 juin, affirme, dans le même temps, la très longue histoire qui le lie à Océanopolis et à son directeur, Eric Hussenot. « Déjà, avant l’ouverture du parc, raconte l’artiste, nous nous étions dit qu’il serait bien qu’un jour nous réussissions à allier la mer et l’eau à la matière lumière.» Dont acte.

“Hymne-Mers-Ions” : du 16 décembre 2013 au 15 juin 2014 dans le Pavillon biodiversité.
Ouvert de 13h à 16h hors vacances scolaires et de 13h à 17h durant les vacances scolaires toutes zones.
Fermeture technique du 6 au 27 janvier inclus.
L’exposition est comprise dans le prix du billet d’entrée à Océanopolis.
Tarif : Adulte : 18,60 € – Etudiant : 15,60 € – Jeune (3-17 ans) : 12,70 € – Gratuit – de 3 ans.
Toutes les infos pratiques sur www.oceanopolis.com

Inauguration

“Hymne-Mers-Ions” a été inaugurée ce lundi 16 décembre en compagnie de Yann Kersalé lui-même. Dans ce lieu unique pensé comme un univers de sons et d’images créé à partir d’une banque de données de lumières marines extirpées des fonds d’images d’Océanopolis, le spectateur plongera. Enveloppé du noir de ce monde sous-marin, il vivra ainsi une plongée sans scaphandre, sans combinaison, à la découverte des lumières planantes, reposantes, spectrales, d’un Yann Kersalé qui, avec cette plongée au fond des mers, a peut-être paradoxalement atteint le sommet de son art. Ce sont des milliers d’heures d’images et de vidéos qui ont été sélectionnées par Yann Kersalé, et dont il n’a conservé que le meilleur, s’attachant à monter le tout dans un ballet éclatant où cohabitent sons et lumières. Pour le coup, l’artiste a laissé son imagination élaborer six réalisations distinctes et inédites où les ombres portées sont reines, où les vidéos font la loi.

Le spectateur est l’acteur

De ces six concepts, de ces six créations, il y a fort à parier que le spectateur sortira à la fois émerveillé et intrigué. L’expérience à vivre est intense, riche, cinématographique : pas de début, pas de fin, pour cette exposition dans laquelle on entre comme on feuillète un livre. Le spectateur devient acteur : à lui de trouver les angles de vue qui lui plaisent et lui parlent, de plonger ou d’observer… À lui, surtout, de bâtir une histoire selon ses propres plans avec, en guise de clé de voûte, la nature et ses bruits, la mer et ses lumières. Telles ont été les sources d’inspiration de Yann Kersalé au moment de créer “Hymne-Mers-Ions”. Et telle est toujours la philosophie qui guide l’art de Kersalé, artiste au contact du monde, créateur aux pieds bien sur terre : « Je fais de l’art comme on construit des passerelles, martèle-t-il. Là, en l’occurrence, pour cette exposition à Océanopolis, c’est un pont qui relie le monde des scientifiques au mien ». Venez. Et plongez !

Photo © Océanopolis

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