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Premier bilan de l’opération de collecte de bateaux en fin de vie

Premier bilan de l’opération de collecte de bateaux en fin de vie
novembre 21
23:32 2014

L’opération de collecte de bateaux hors d’usage organisée par le réseau EcoNav en partenariat avec Arc Environnement s’est déroulée les 9 et 10 octobre 2014 à Douarnenez (29). A la fois mise en place pour déconstruire les bateaux à moindre coût et sensibiliser les usagers à la problématique des bateaux en fin de vie, cette opération pilote était également un prétexte pour établir une méthodologie du processus opératoire pour que des collectivités puissent à leur tour reproduire une telle opération.

Six bateaux collectés

Les propriétaires qui ont participé à cette opération étaient majoritairement des retraités, anciens plaisanciers ou des personnes héritières d’un bateau familial désireuses de s’en débarrasser. Ils ont pour la plupart bien essayé de le vendre mais sans succès.

Aucun des propriétaires n’avait fait la démarche d’appeler un déconstructeur avant de contacter EcoNav. Les raisons qui les ont poussé à entrer dans l’opération de collecte sont : la vétusté des unités, l’arrêt de la navigation, le rachat d’une autre unité et l’absence d’utilité (bateau d’héritage).
Le prix compétitif proposé par l’opération de collecte a été déclencheur. Un prix qui reste encore une barrière puisque cinq d’entre eux auraient décliné les devis ou hésité davantage si le prix avait été plus élevé.

Au final ce sont six bateaux qui ont été collectés : cinq en polyester et un seul en bois. D’une moyenne d’âge de 35 ans, ces bateaux n’ont pu être transportés vers le site transfert prévu à cet effet. Certains des propriétaires n’étaient plus en mesure de bouger leur bateau (plus de remorque, de voiture pouvant tracter le bateau) ou n’avaient pas la possibilité de le sortir du port (héritage d’un bateau à flot) d’autres étaient dans un état dégradé …

Deux conséquences à cela précise Yveline Berréhouc, directrice administrative d’EcoNav « une opération logistique plus couteuse que prévu et un démantèlement trop complexe à mettre en place pour certains bateaux. ».

Un bateau valorisé

Pour rendre l’opération économiquement viable (autant que « durablement ») et au vu du nombre d’heures à passer sur le découpage des coques pour en extraire des morceaux valorisables, Arc Environnement a jugé certains bateaux trop complexes à démanteler et donc trop coûteux en temps.

Cette opération expérimentale montre donc les limites entre ce qui est techniquement possible aujourd’hui de faire – constitution d’un broyat de bateaux valorisable en une matière secondaire – et économiquement viable.
EcoNav est déjà en train de réfléchir sur des propositions pour encourager le développement de cette valorisation par la mise en place de leviers d’actions car si le processus existe bel et bien (CRITT Matériaux La Rochelle-Rochefort) il faut aujourd’hui aider à le rendre opérationnel et efficace.

Des centaines de personnes informées

Cette opération aura fait parler d’elle jusqu’à même être mise en avant au niveau européen et apparaitre dans une lettre d’information du projet « Boat Digest » .
Sur le terrain, la presse locale et régionale a été un véritable relais d’information vers les propriétaires de bateaux de plaisance … et futur propriétaires. C’est important car jusqu’à présent, la question des bateaux en fin de vie était minimisée en omettant que nous ne sommes qu’au début d’un gisement en croissance ! Informer aujourd’hui c’est agir demain.

Des collectivités sensibilisées à la problématique

Déjà les collectivités se penchent sur le sujet. Le Pays de Douarnenez s’est engagé dans cette opération et avec lui, l’Ouest Cornouaille, mais au-delà ce sont bon nombre des collectivités qui ont observé d’un œil cette opération pilote. Aujourd’hui EcoNav travaille avec plusieurs d’entre elles (Conseil Général du Finistère, du Morbihan, des Côtes d’Armor et bien sur le Conseil régional de Bretagne) sur la problématique des bateaux en fin de vie car conscientes que le sujet sera majeur dans les années à venir, celles-ci souhaitent dès à présent réfléchir à des solutions à mettre en place pour anticiper le gisement et les réglementations de plus en plus contraignantes sur la déconstruction des BPHU .
Comment aller plus loin ?

Sur les 100 bateaux comptabilisés en 2013 par EcoNav sur l’Ouest Cornouaille ce sont donc 6 bateaux qui ont été déconstruits …. dans l’opération. Ce que ces chiffres ne disent pas c’est aussi le nombre de propriétaires qui n’ont pu attendre Octobre pour se débarrasser de leur bateau, ceux qui ont décidé de re-naviguer, ceux qui n’ont pu faire partie de cette opération pour cause de délais administratifs mais qui seront déconstruits…

Bien sûr la question du coût reste prédominante ! Qui va payer et combien ? EcoNav pense que « mettre ce sujet au grand jour permet de faire prendre conscience des problèmes rencontrés par les acteurs – gestionnaires de ports, chantiers, propriétaires, ports à sec, prestataires déchets -, et donc de proposer des leviers d’actions ». Ces leviers sont au stade de la réflexion et de propositions, mais il faut dès à présent engager les collectivités, les industriels et la R&D sur le sujet.

L’opération est bel et bien une expérimentation qui demande à se perfectionner. Elle n’aurait pu voir le jour sans l’implication des collectivités et de la Fondation de France.

(1)Programme visant à améliorer les normes concernant la santé, la sécurité et l’environnement dans l’industrie du démantèlement et du recyclage des bateaux de plaisance.
(2) Bateaux de Plaisance Hors d’Usage

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