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Solitaire du Figaro : Les Sudistes remportent le gros lot

Solitaire du Figaro : Les Sudistes remportent le gros lot
juin 03
10:40 2015

L’heure est au comptage des points. Même si jusqu’à Sanxenxo les cartes peuvent encore être redistribuées, force est de constater que la nuit a été fatidique pour les sept cowboys de l’Ouest. La bande d’Adrien Hardy (Agir Recouvrement) est passé de 9 à 25 milles d’écart avec Charlie Dalin (Skipper Macif 2015), en tête au classement de 5 heures. La faute à une zone de « molle » que le gros de la flotte n’a pas rencontrée.

A la longitude du cap Ortegal, six lascars se battent comme des chiffoniers. Thierry Chabagny (Gedimat), Yann Eliès (Groupe Quéguiner – Leucémie Espoir), Charlie Dalin (Skipper Macif 2015), Xavier Macaire (Skipper Hérault), Gildas Morvan (Cercle Vert) et Jérémie Beyou (Maître Coq) ne se lâchent pas d’une semelle, présageant une bataille d’anthologie sur le dernier tronçon du parcours. S’ils n’ont pas été ralentis cette nuit, ils se préparent à tactiquer ce matin dans un vent de Nord-Est faiblissant avant d’enrouler la pointe ouest de l’Espagne et doubler le cap Finisterre cet après- midi dans des conditions musclées. Pour les partisans de l’option ouest, très ralentis cette nuit, mais désormais sous spi et plus rapides que les gars du sud, l’approche de la pointe espagnole sera plus simple. L’écart va t’il encore se réduire ?

Brassière de rigueur au cap Finisterre

Météo Consult annonce 30-35 nœuds au cap Finisterre avec une mer formée. Pour des raisons de sécurité, la Direction de Course a imposé le port de la brassière aux marins. Après trois nuits en mer dans un golfe de Gascogne difficile, la fatigue gagne du terrain, un départ au lof sous spi est vite arrivé… A bord des Figaro, les skippers se préparent à affronter le puissant flux de nord-est. Charlie Dalin confiait ce matin à la vacation qu’il commençait à ranger l’intérieur de son bateau, préparer son petit spi, sa nourriture et ses vêtements.

135 milles restants sous haute tension

Les marins le savent bien : sur la Solitaire du Figaro – Eric Bompard cachemire rien n’est jamais joué tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie. Après la descente tonique le long des côtes de la Galice, il faudra mettre le clignotant à gauche et naviguer dans les petits airs variables. A Sanxenxo, le thermique souffle la journée mais s’éteint la nuit. Et l’arrivée des premiers Figaristes pourrait bien avoir lieu en deuxième partie de nuit prochaine. Sur la Solitaire, il peut y avoir des coups de poker !

3 juin la solitaire du figaro point route 10h30

Ils ont dit …

Charlie Dalin (Skipper Macif 2015) – 1er au classement de 5h00 :


« Je viens d’envoyer le spi et j’ai 9 nœuds de vent. J’ai du 20 degrés en direction et pas de molle ! Nous avons des transitions régulières pour le moment. Nous n’avons pas eu de pétole. On aura plus de vent au cap Finisterre, la Direction de course nous a obligé, a partir de midi, à porter la brassière car nous allons avoir beaucoup de vent. Mon programme pour la suite est de bien gérer la rotation du vent. Quand il sera établi, il y aura deux choses à faire : dormir un peu et préparer le bateau, tout « cleaner », tout ranger, préparer le petit spi, bref se caler pour ce soir. Là, je suis a 16 milles du Cap Ortegal. Nous devrions être au cap Finisterre dans 6 heures mais cela dépendra du vent. Depuis le virement, je regarde beaucoup ce que font les autres. C’était compliqué pour moi de creuser l’écart, c’est revenu par l’arrière. On est un petit groupe, je crois que le flotte a été pas mal séparée depuis le golf de Gascogne, je ne sais pas où ils en sont, j’espère simplement qu’ils ne sont pas devant (rires). La question pour moi, c’est « quel vent je vais avoir à Ortegal ? ». Dans la brise ensuite, je n’ai pas envie de déchirer de voile, c’est un risque. Ensuite, la question, ce sera « A quel moment on va mettre le clignotant à gauche pour Sanxenxo ? » La fin de course est toujours incertaine, il y a encore beaucoup de travail !».

Alexis Loison (Groupe Fiva) – 7ème au classement de 5h00 :

« Ca va pas mal ! Voilà une troisième nuit qui se termine. On a envoyé les spis il y a deux heures et ça glisse gentiment vers le cap Finisterre. Il n’y a pas eu de pétole dans mon paquet mais nous n’en étions pas loin avec 5 nœuds de vent ! Il y a un peu de mer, les voiles claquent un peu, il faut faire des réglages. Il va y avoir du vent avec la levée du jour. Nous devrions avoir 30 à 35 noeuds d’après les prévisions ! On a déjà un peu de déficit au niveau du sommeil il va donc falloir être vigilent. J’ai connu plus simple que cette descente du golfe de Gascogne, mais c’était intéressant je suis encore dans le match ! Derrière moi je vois encore quelques bateaux. Je me suis forcé à dormir, entre le vent fort prochain et la pétole annoncée à l’arrivée, j’ai vraiment cherché à dormir. J’aurais bien dormi davantage, mais les conditions ne le permettent plus. Concernant l’ETA, ce n’est pas simple à dire, on a pris un peu d’avance là car nous n’avons pas été arrêté, on devrait arriver dans la nuit à Sanxenxo mais apparemment il n’y a pas de vent la nuit là-bas ! On va peut être tous être arrêtés dans la baie … mais je sais que la 4ème nuit sur une étape c’est toujours compliqué. Je suis content de mon début de Solitaire, pourvu que ça dure ! »

Clément Salzes (Bordeaux Terre Atlantique) – 32ème au classement de 5h00:

« Tout va bien à bord ! Je viens d’envoyer le spi. Je sors d’une zone de vent hyper légère et très compliquée. Je n’ai pas d’idée sur ce qu’il se passe autour. Nous venons de récupérer du vent de nord-ouest. Je suis très au nord de la route, pour moi le risque était une zone sans vent, j’ai donc voulu monter dans le nord pour profiter du peu de vent de la deuxième dépression. Le fait de ne pas voir les autres bateaux, j‘ai du coup fait mon truc un peu tout seul de mon côté. Je n’ai aucune idée du classement. Physiquement, je suis cuit, on a du beaucoup barrer dans la première phase de cette étape mais j’ai pas mal dormi, en temps de sommeil je ne suis si pas mal, j’ai pu manger également car je sais que la fin va être costaud. Je me sens prêt pour l’attaquer ! C’est hyper physique, je suis tombé plusieurs fois dans le bateau entre la sortie de la Gironde et la mauvaise mer que l’on a eu. Le cap Finisterre pourrait-être en début de soirée pour moi. Nous verrons bien en fonction de la force du vent. »

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