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Solitaire du Figaro : Spi acrobatique / Desjoyeaux passe en tête

Solitaire du Figaro : Spi acrobatique / Desjoyeaux passe en tête
juin 04
09:31 2013

 

 

Le vent a bien fraîchi aux premières lueurs du jour et c’est maintenant avec un bon 30/35 noeuds d’Est-nord-Est que la flotte, emmenée par Yann Eliès, cavale sous spi à plus de 12 noeuds de moyenne, au large du cap Ortegal. Une navigation très humide et particulièrement délicate sous spi, au milieu des bateaux de pêche (crédit phorto : Alexis Courcoux)

 

Peu de skippers ont répondu ce matin à la vacation radio. Et pour cause, c’est sur le fil du rasoir, dans des surfs à plus de 16 nœuds, qu’ils progressent autour de la pointe occidentale de la péninsule ibérique. Au lever du jour, les appels à la direction de course pour annoncer départs au tas et spis explosés étaient légion. Amaiur Alfaro (Région Aquitaine Atelier de France) n’a plus de pilote automatique principal et s’est fait un gros départ à l’abattée, spi dans l’eau, désormais en lambeaux. Il est actuellement en fuite pour tenter de résoudre tous ses problèmes. Gilles Le Baud (Carnac Thalasso et Spa) s’est fait quelques petites frayeurs avec des bateaux de pêche et progresse sous voilure réduite. Henry Bomby (Rockfish) n’a plus de grand spi. Armel Le Cléac’h (Banque Populaire), pointé ce matin en 2e position, a le sien entortillé autour de l’étai. Et ce n’est qu’une petite partie de la liste. Cette navigation très sportive va encore perdurer quelques heures, au moins jusqu’au passage du cap Finisterre, avant une accalmie prévue plus tard le long des côtes espagnoles. Dans ces conditions, la stratégie est mise de côté. La priorité est avant tout de préserver le matériel et notamment ses voiles de portant. Car c’est peut-être là-dessus que se jouera le résultat de cette première étape mercredi soir à Porto.

 

Communications radio

 

Claire Pruvot (Port de Caen Ouistreham) – 29ème au classement de 5h

« Je ne vais peut-être pas restée très lontemps parce qu’on a encore 35 nœuds de vent. Je viens de croiser un bateau qui n’est pas de la course, il y a des pêcheurs un peu partout… Il faut être vigilant et je n’ai pas de carto à l’extérieur donc je ne vais pas rester longtemps. Actuellement je suis sous petit spi, je suis à la barre en permanence, c’est pour ça que ce n’est pas terrible… »

 

Anthony Marchand (Bretagne – Crédit Mutuel Performance) -15ème au classement de 5h

« Je suis à 18 nœuds, ça envoie, ça envoie, On a actuellement 35 nœuds, c’est super chaud, il y a pas mal de bateaux. Il faut faire gaffe avec le bateau. Avec des alllures portantes vite comme ça, on n’est pas très manoeuvrable. On n’a pas trop d’échappatoires en angles et en direct pour éviter les bateaux donc c’est super tendu ! Hier j’ai bien dormi, c’était des conditions où il fallait se reposer pour attaquer maintenant les prochaines heures. Il faut profiter de cette session de brises, après on va en quelques sortes se cacher dans le cap Finisterre donc on sera déventé, on n’aura plus de vent, il faut donc en profiter maintenant. Je ne suis pas vraiment content de ma position, je n’avançais pas, j’ai heurté un truc dans l’étrave, un gros bout de bois, j’ai un peu abimé le bateau… Mais là je rattrape un peu c’est déjà ça ! »

 

Sam Goodchild (Shelterbox – Disaster Relief) – 20ème au calssement de 5h

« Je suis passé sous petit spi pour ne pas abîmer le grand. C’est très humide mais très rapide donc, je ne peux pas me plaindre. J’aime bien ce genre de condition. Il faut juste essayer de ne rien casser. Pour le moment, j’essaie de faire la route la plus courte. Et on verra ce que ça donne. Il y a encore pas mal de chemin à faire. On a encore 70 milles jusqu’au cap Finisterre et après, on annonce peu de vent pour la suite. Je pense que cet après-midi, on sera peut-être en train de chercher du vent. J’ai du mal à le croire, parce qu’en ce moment, on a 35 nœuds de vent. Mais apparemment, c’est ce qui est prévu. J’ai beaucoup dormi depuis le départ, parce que je savais qu’à partir du cap Finisterre, ce ne serait pas facile. Donc je suis assez frais, j’ai bien mangé ; tout va très bien !»

 

La journée d’hier

 

Sous spi depuis dimanche soir, les 41 Figaro Bénéteau se sont éparpillés du nord au sud dans le golfe de Gascogne pour aborder dès ce soir le grand virage à gauche à la pointe occidentale de l’Espagne. Les premiers empannages déclenchés ce Lundi matin ont encore enfoncé le clou : une partie de la flotte ayant l’intention de faire l’intérieur de la piste. C’est le cas de Yann Eliès (Groupe Quéguiner-Leucémie Espoir), Armel Le Cléac’h (Banque Populaire) et Julien Villion (Seixo Habitat), les trois hommes les plus méridionaux, pointés en tête ce Lundi après-midi. Toujours poussés par un flux d’est-nord-est de 15/20 noeuds, les marins s’attendent à un renforcement du vent dans la soirée et la nuit avec des rafales à 35 noeuds du côté du cap Finisterre.

 

Les premiers positionnements se sont opérés après la sortie de l’estuaire de la Gironde, quand il a fallu choisir entre conserver le spinnaker au largue serré, ou rester sur la route directe avec le génois. Yann Eliès (Groupe Quéguiner-Leucémie Espoir) a opté pour la première solution ce qui l’a décalé le plus au Sud de la flotte quand Jean-Pierre Nicol (Bernard Controls) se voyait contraint de rester Nord après avoir déchiré son grand spinnaker. Et l’air de rien, c’est au coucher du soleil que la flotte a commencé à partir en éventail : pas grand-chose au début avec seulement quatre milles de décalage latéral, mais au fil des heures l’entonnoir s’est élargi pour atteindre dix-sept milles de différentiel Nord-Sud sous les douze coups de midi. En fait, les « Sudistes » emmenés par Yann Eliès avec Julien Villion (Seixo Habitat), Armel Le Cléac’h (Banque Populaire), Yoann Richomme (DLBC) ainsi que les Britanniques Henry Bomby (Rockfish) et Sam Goodchild (Shelterbox – Disaster Relief) ont bénéficié d’un tout petit peu plus de pression : un bonus de quelques centièmes de nœud mais surtout la possibilité de glisser un peu plus au vent arrière, augmentant ainsi le décalage latéral. Au Nord, Jean-Pierre Nicol sous petit spinnaker n’a pas d’autre choix que de lofer plus que ses concurrents et il se retrouve de plus en plus seul sur cette trajectoire septentrionale. Du côté du peloton emmené par Michel Desjoyeaux (TBS) et Paul Meilhat (Skipper Macif 2011), il y a en fait plusieurs groupes puisque Frédéric Duthil (Sepalumic) se positionne sur une voie intermédiaire avec Fabien Delahaye (Skipper Macif 2012) et Gildas Morvan (Cercle Vert) dans son sillage.

 

 

Armel Le Cléac’h, premier à empanner

Mais, ce Lundi matin, juste avant le classement de 11h00 diffusé à toute la flotte, Armel Le Cléac’h décidait de partir tout seul vers le Sud-Ouest : un empannage qui lui permettait de se rapprocher de la route directe, bientôt imité par une partie de ses camarades. Tout en calculant leur couloir pour contourner la pointe ouest de la péninsule ibérique, les solitaires, entre deux siestes réparatrices, ont joué toute la journée les bascules de vent. En tout cas, tout le monde se préparait à une nuit agitée : au large du cap Ortega, la brise devait atteindre les trente nœuds voire plus et si l’effet devait être temporaire, les marins allaient devoir choisir entre garder le grand spinnaker au risque de le déchirer ou envoyer le petit au risque de se faire décrocher par leurs concurrents directs. Certes l’accélération ne devait durer qu’entre cinq et huit heures, mais une fois dedans, impossible de lâcher la barre et délicat d’enclencher un empannage. La préparation à cette deuxième nuit en mer était donc au programme ce lundi après-midi car il faut tout ranger à bord en déplaçant le matériel sur l’arrière, sortir bouteilles d’eau et barres énergétiques pour tenir jusqu’après le lever du jour car il n’y aura plus de pause avant d’en finir avec le cap Finisterre ! Les routes auront alors convergé avec probablement un à deux milles d’écart latéral et il est certain que la flotte va nettement s’étirer sur ce passage névralgique…

 

 

Classement Solitaire du Figaro

Classement du 4 Juin, 8h00

Bateau Nom Distance Arrrivée
1 TBS Michel Desjoyeaux 155,37
2 GROUPE FIVA Alexis Loison 155,91
3 AGIR RECOUVREMENT Adrien Hardy 157,18
4 MAITRE COQ Jeremie Beyou 157,75
5 GROUPE QUEGUINER – LEUCEMIE ESPOIR Yann Elies 158,30
6 SEPALUMIC Frederic Duthil 158,75
7 DLBC Yoann Richomme 158,87
8 GEDIMAT Thierry Chabagny 159,03
9 VENDEE Morgan Lagraviere 160,17
10 CERCLE VERT Gildas Morvan 160,39
11 BANQUE POPULAIRE Armel Le Cleac’h 161,35
12 SHELTERBOX – DISASTER RELIEF Sam Goodchild 161,36
13 PRATI BÛCHES Vincent Biarnes 161,57
14 BRETAGNE – CREDIT MUTUEL PERFORMANCE Anthony Marchand 161,73
15 MAGMA STRUCTURES Nick Cherry 161,74
16 SEIXO HABITAT Julien Villion 162,43
17 LA SOLIDARITE MUTUALISTE Damien Guillou 162,69
18 DFDS SEAWAYS Frederic Rivet 162,80
19 DESTINATION DUNKERQUE Thomas Ruyant 162,84
20 IN EXTENSO – Experts comptables Nicolas Jossier 163,18
21 SKIPPER HERAULT Xavier Macaire 163,94
22 ARTEMIS 37 Edmund Hill 164,54
23 SKIPPER MACIF 2011 Paul meilhat 164,59
24 ROCKFISH Henry Bomby 165,60
25 SKIPPER MACIF 2012 Fabien delahaye 165,72
26 GENERALI Nicolas Lunven 165,96
27 BERNARD CONTROLS Jean-Pierre Nicol 166,05
28 BRETAGNE – CREDIT MUTUEL ESPOIR Corentin Horeau 166,22
29 REGION BASSE NORMANDIE Joan Ahrweiller 167,91
30 PORT DE CAEN OUISTREHAM Claire Pruvot 169,07
31 GROUPE SNEF Jean-Paul Mouren 169,46
32 ARTEMIS 77 Jackson Bouttell 171,18
33 LAFONT PRESSE Mathieu Girolet 171,81
34 CARNAC THALASSO & SPA Gilles Le Baud 173,04
35 FULL IRISH David Kenefick 174,32
36 ADOCIS / IB REMARKETING Benoit Hochart 176,13
37 JOANNA Louis-Maurice Tannyeres 183,83
38 THERMACOTE France Yannig livory 186,58
39 JEHOL Didier Bouillard 187,42
40 REGION AQUITAINE / ATELIER DE France Amaiur Alfaro 192,42
41 LES RECYCLEURS BRETONS Simon Troel 251,82

 

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