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Tentative de record sur la route de la découverte : Joyon avait 400 miles d’avance

Tentative de record sur la route de la découverte : Joyon avait 400 miles d’avance
février 13
10:46 2013

 

Hier, Francis Joyon avait déjà 400 miles d’avance (sur son propre chrono de 2008) et était à 1000 miles de l’arrivée (San Salvador). Il a parfaitement négocié la première des trois difficultés qui se présentaient devant les étraves du maxi-trimaran IDEC : du front avec ses 35 nœuds de vent, il ne reste plus qu’une grosse houle de nord-ouest qui malmène le bateau (crédit photo : JM Liot/DPPI/IDEC ).

 

La cavalcade à travers l’Atlantique continue pour Francis Joyon, qui enchaine les journées à plus de 530 milles parcourus. « J’ai effectivement eu droit au front que j’attendais hier : une grosse barre nuageuse dans laquelle le vent est monté à 35 nœuds. J’ai réduit à trois ris un moment, mais le bateau a bien négocié et je suis très content d’avoir pris un peu d’avance (400 milles tout de même, donc) en prévision des deux difficultés qui restent : le positionnement par rapport à l’anticyclone qui est au-dessus de moi et le risque de calmes sur l’arrivée, en fin de parcours », résume le skipper d’IDEC. Sans jamais se départir de son calme, comme d’ordinaire.

 

Une arrivée dès vendredi ?

Tout va bien donc pour Joyon qui achèvera en début d’après-midi le 6e jour de cette tentative d’amélioration du Record de la Route de la Découverte, avec plus de 2850 milles déjà couverts depuis le départ de Cadix. Francis a désormais bon espoir d’effectivement gagner une poignée d’heures sur son chrono de 2008, voire un peu plus. Il reste très prudent sur le sujet « car je sais que les calmes du final peuvent s’étendre très loin et nous ralentir copieusement. Mais disons que le scénario très optimiste, à prendre avec beaucoup de précautions, me ferait arriver en un tout petit peu moins de 9 jours ».

Cela voudrait dire qu’IDEC pourrait être dès vendredi sur la ligne des Bahamas. Mais prudence : en 2008, seulement 200 milles avaient pu être couverts lors de chacun des deux derniers jours de course, à cause de ces fameux calmes. « C’est un coup classique sur les Bahamas, il faut juste que ça ne dure pas trop longtemps sinon on est embêtés. »

Francis Joyon s’attend donc à être ralenti d’ici l’arrivée. On comprend mieux pourquoi il est « très content » d’avoir aujourd’hui une avance qui n’est donc que faussement confortable. Qu’il soit à une ou plusieurs coques, en flotte ou en record, on sait depuis longtemps que tant que la ligne n’est pas franchie, rien n’est jamais gagné d’avance. Pour le moment « le bateau travaille beaucoup, dans du vent portant mais avec une grosse houle de nord-ouest. Je suis donc un peu malheureux pour lui, mais du côté du marin tout va bien ». IDEC a suivi la rotation du vent au nord-est, derrière le front. Côté vie à bord, « j’ai réussi à trouver un rythme de sommeil qui me convient ». Et est-ce que le Joyon est toujours aussi heureux sur l’eau ? Le pilote d’IDEC a une pirouette pour cette question : « Ah oui, ça oui ! On imagine que la vie du navigateur solitaire est spartiate et horrible, mais il y a des moments sympas aussi : quand le bateau glisse bien sur la mer, qu’il y a de belles lumières sur l’eau, que la couleur de l’océan est magnifique, comme en ce moment… Pour résumer, on va dire qu’au niveau confort on est très loin de la vérité, mais d’un point de vue esthétique on approche tout de même du bonheur par la beauté des éléments qui nous entourent. » Du Joyon dans le texte.

 

Francis Joyon sur IDEC maxi trimaran

 

Le challenge

Dans le monde du multicoque de compétition, le nom de Nigel Irens sonne comme une griffe, un gage d’élégance et de performance… Aujourd’hui associé à Benoît Cabaret, l’architecte britannique a en effet signé les plans d’une armada de vainqueurs, au nombre desquels on retiendra le trimaran Eure & Loir, qui permit à Francis Joyon de s’octroyer une éclatante victoire lors de la Transat Anglaise en 2000. Il était donc naturel, pour le marin de Locmariaquer, de se tourner vers ce grand spécialiste envers qui, par ailleurs, il porte une grande estime.

 

La simplicité

Le cahier des charges proposé par Francis Joyon au duo Irens-Cabaret était clair et argumenté autour d’un maître mot bien à l’image de son auteur : la simplicité. Le défi d’adapter à un homme seul, quand bien même s’appelât-il Francis Joyon, une machine aux dimensions capables de relever le pari ultime qui consiste à tourner le plus vite possible autour de la planète avec la seule force du vent a séduit Nigel Irens et Benoît Cabaret, déjà créateurs et concepteurs du Castorama de Dame Ellen MacArthur. En s’appuyant sur cette expérience probante, les deux architectes ont décidé de pousser encore plus loin le concept d’allongement maximum de la longueur à la flottaison tout en restant raisonnable sur la puissance du bateau afin qu’il puisse être géré par un homme seul.

 

Plus d’informations : www.trimaran-idec.com

 

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