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La Transat Jacques Vabre voit son départ reporté

La Transat Jacques Vabre voit son départ reporté
novembre 04
12:05 2013

Compte-tenu des conditions météo très difficiles dans la nuit de lundi à mardi (jusqu’à 50 nœuds et une mer très formée), la direction sportive en concertation avec l’organisation a pris la décision de reporter le départ de demain lundi à une date ultérieure (la date de jeudi n’est pas encore une certitude). La transatlantique en double dont la particularité et la force résident dans son caractère multi-classes joue également la carte de la solidarité pour que la flotte entière puisse participer à l’épreuve dans les meilleures conditions possibles (crédit photos : JM Liot / DPPI / TJV13).

Manfred Ramspacher (directeur sportif) « La direction sportive et l’ensemble de l’organisation ont décidé de reporter le départ dans une situation favorable qui pourrait-être jeudi. Des vents entre 30 et 50 nœuds qui pourraient mettre en danger les skippers et leurs bateaux sont attendus dans la nuit de lundi à mardi. Un départ demain du Havre se serait fait dans des conditions musclées, et avec une incertitude au raz Blanchard, également au passage d’Ouessant, et un début de golfe de Gascogne très difficile. Nous sommes bien conscients que d’autres classes comme les IMOCA auraient pu prendre le départ. Mais notre préoccupation principale demeure la sécurité des équipages. Notre décision est donc sur ce report. Notre volonté première, c’est d’avoir le maximum de bateaux à Itajaí, et nous nous donnons le moyen d’y arriver. Il faut accepter cette solidarité dans l’épreuve. Le créneau de mercredi ou jeudi n’est pas une certitude aujourd’hui. Nous pensons que cela peut passer, mais cela reste encore incertain. Les MOD 70 sont toujours dans le scénario de mercredi ou jeudi, on le fera en concertation avec eux. »

Départ de la Transat Jacques Vabre

Un marin ressent toujours un zeste d’appréhension quand il part pour une transatlantique. D’autant plus quand il sait que les premiers milles vont être très délicats à négocier. Les 44 voiliers de la Transat Jacques Vabre s’élanceront pour un parcours préliminaire devant le cap de la Hève. Si les deux MOD70 reviendront au Havre pour un stand-by de deux jours, tous les autres duos s’engageront pour 5 400 milles en direction d’Itajaí. Dans des conditions de vent musclées et sur une mer très chaotique…

Quand départ il y aura, les IMOCA pourraient mollir les écoutes dès mardi matin après avoir débordé Ouessant, suivis quelques heures plus tard par les Multi 50 tandis que les Class40 vont encore peiner contre le vent d’Ouest fort et face à une mer très hachée en arrivant sur la pointe bretonne, mardi soir… Les 400 premiers milles de ce parcours de 5 400 milles entre Le Havre et Itajaí seront peut-être les plus difficiles à négocier ! Les deux MOD70 auront droit à une pause au Havre.  S’ils prendront le départ cette semaine (si tou va bien…) en compagnie des autres classes pour effectuer leur prologue, ils reviendront au bassin Paul Vatine dans l’après-midi après un parcours de onze milles entre le cap de la Hève, la bouée « France Info », la bouée « France 3 » et l’arrivée devant Sainte-Adresse.

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Le parcours de la Transat 2013

Entre Le Havre et Itajaí, les marins vont suivre une trajectoire nord-Sud avec des phénomènes météorologiques subis par le travers, contrairement aux transatlantiques « classiques » entre l’Europe et les Caraïbes. Un parcours de 5 400 milles semé d’embûches dont la première partie s’annonce musclée. L’intérêt de cette Transat Jacques Vabre vient du fait qu’elle se démarque par son parcours « vertical » et par la distance à effectuer, 5 400 milles soit la plus longue de toutes ! Mais avant de plonger plein sud vers l’équateur, il faut d’abord s’extraire de la Manche, une zone de 200 milles qui cumule les obstacles et les dangers. D’abord le vent qui s’y engouffre comme dans un entonnoir ; ensuite le courant de marée qui change de direction toutes les six heures avec de forts coefficients lundi pour le jour du départ; enfin le trafic maritime dense.

Avec une brise de secteur nord pour le départ lundi, tournant assez rapidement à l’ouest en début de nuit, la sortie de la Manche sera relativement rapide mais très agitée avec plus de quatre mètres de creux au large d’Ouessant et un vent qui se renforce à plus de 25 nœuds au fil des heures. L’objectif des coureurs en Class40, en monocoque IMOCA et en Multi50 sera avant tout de ne pas casser de matériel sur cette mer très chaotique. La suite sera aussi dynamique au vu des fichiers météo : la traversée du golfe de Gascogne (350 milles) s’annonce très humide avec un vent d’ouest de travers de plus de 30 nœuds. La brise devrait nettement se calmer aux abords du cap Finisterre, mais il y aura encore une mer très formée !

La zone suivante entre la pointe espagnole et l’île de Madère, soit 750 milles, ne se présente pas comme une partie de plaisir : certes le vent va mollir et la mer se calmer, mais cette pause météorologique sera difficile à appréhender. Regroupements ou échappées sont probables… Avant d’accrocher des alizés canariens qui semblent bien installés sur les 1 600 milles suivants jusqu’au Pot au Noir. La négociation de cette Zone de Convergence Inter Tropicale (ZCIT) sera la partie aléatoire de cette transat. Ensuite, le régime est calé par l’anticyclone de Sainte-Hélène et son flux de sud-est qui tourne progressivement à l’est en abordant les côtes brésiliennes au large de Salvador de Bahia, soit 800 milles à courir. La suite est normalement sous contrôle avec un long bord de spinnaker de 600 milles jusqu’aux cap Frio qui marque l’entrée de la baie de Rio de Janeiro. Et là, c’est le capharnaüm ! Les 700 derniers milles jusqu’à Itajaí sont les plus incertains du point de vue météo : peu de données, peu d’expériences précédentes, beaucoup d’orages…

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