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[Vendée Globe en direct] Il y a foule au pot, le peloton s’apprête à y entrer

[Vendée Globe en direct] Il y a foule au pot, le peloton s’apprête à y entrer
novembre 19
17:33 2012

 

En tête de cortège, le panache blanc d’Armel Le Cléac’h est un bon indicateur de l’activité de la Zone de Convergence Inter Tropicale (ZCIT). Hier le navigateur de Banque Populaire pouvait encore espérer passer sans encombre, mais, dans la nuit de dimanche à lundi, la donne a changé radicalement. De nombreuses petites cellules convectives se sont formées et la route du leader comme de ses poursuivants peut s’avérer semée d’embuches. Pour reprendre une image culinaire, la formation des grains est aléatoire et pourrait s’apparenter à la naissance des bulles dans une casserole, quand on fait bouillir de l’eau.

 

A ce petit jeu, il faut savoir être réactif, essayer d’anticiper les phénomènes à quelques heures près et compter sur le coup de pouce du destin. On a vu plusieurs fois des concurrents, éloignés de quelques centaines de mètres à peine, connaître des fortunes opposées : l’un partant avec une risée et retrouvant progressivement du vent, quand l’autre restait scotché sur place pendant des heures. Ajoutons à ce tableau les orages et la foudre qui peuvent endommager l’électronique embarquée et l’on comprendra que le plat peut être parfois salement épicé.

 

Sainte alliance

Les classements reprendront véritablement leur sens, une fois le groupe de tête sorti du pot au noir. D’ici là, on peut assister à des retournements de situation, à des rebondissements vaudevillesques. D’Armel Le Cléac’h, leader, à Vincent Riou (PRB), cinquième, tout est encore possible. Alex Thomson peut avoir lui aussi son mot à dire. A bord d’Hugo Boss, le skipper gallois a réalisé un petit exploit en se maintenant au contact des premiers, tout en réparant la barre de liaison de ses deux safrans, endommagée par son hydrogénérateur qui s’était désolidarisé du tableau arrière. Pour Alex, il faut maintenant réparer cette autre pièce, car le navigateur, de son propre aveu, ne dispose pas de suffisamment de gazole à bord pour boucler son tour avec son seul moteur comme producteur d’énergie. Derrière lui, Dominique Wavre (Mirabaud), Mike Golding (Gamesa) et Jean Le Cam (SynerCiel) avancent en rangs serrés. Le navigateur breton a bien tenté de proposer à son homologue helvète une sainte alliance contre la perfide Albion, mais il n’est pas certain que la négociation aboutisse. Ces trois-là sont sans aucun doute ceux qui possèdent le plus d’expérience cumulée des tours du monde. Ils ont choisi de naviguer à leur propre rythme, sachant que la route est encore longue.

 

Jérémie abattu mais combatif

Jérémie Beyou a donc jeté l’éponge. Joint ce midi à la vacation, alors qu’il était au mouillage devant les îles du Cap Vert, le skipper de Maître CoQ a expliqué qu’il ne pouvait pas réparer par ses propres moyens et qu’en conséquence, il devait abandonner. Mais Jérémie ne compte pas en rester là. Assuré du soutien de son partenaire pour les quatre ans à venir, il va d’abord réparer sur place avant de convoyer son bateau vers Les Sables d’Olonne. Viendra ensuite, le temps de la réflexion et des propositions. Jérémie Beyou n’étant pas homme à fourrer sa tête dans le sable, nul doute que l’on devrait l’entendre assez vite pour faire des propositions d’une part et pointer à nouveau l’étrave de son Maître CoQ au départ des courses océaniques avant le prochain Vendée Globe. De quoi avoir hâte à 2016…

 

 

Paroles de skippers

 

Jérémie Beyou :

“Le diagnostic est clair : la façon dont j’ai amarré la tête de quille hier (dimanche), c’est la meilleure des façons de l’amarrer ; cela m’a permis de ramener le bateau à l’abri des côtes. En revanche, l’analyse que l’on a pu faire, c’est que cela ne permet pas de mettre quelque charge que ce soit sur la tête de quille. On risque de la casser. Cela ne permet donc pas de faire un Vendée Globe, d’aller dans les mers du Sud… Et même en naviguant sous-toilé, cela ne fonctionnerait pas. Donc, pour être très clair, j’ai fait sauter mon plomb de moteur et je me dirige vers l’île Saint Vincent où mon équipe technique m’attend. La course est finie. Je suis déçu aussi pour toutes les personnes qui m’ont fait confiance, Stéphane Sallé (ndlr : directeur général de Maître CoQ) en premier lieu, et toutes les personnes qui m’envoient des messages depuis hier, les éleveurs partenaires de Maître CoQ… tous sont derrière moi. Je suis en colère. Cela n’aurait pas dû arriver. Est-ce que l’on a tapé quelque chose ? Il y a des butées de jauge sur le vérin de quille : est-ce que cela a pu fragiliser la pièce ? Est-ce la pièce elle-même ? Il est beaucoup trop tôt pour le dire. Un fournisseur en hydraulique va venir, on va expertiser tout cela. Ça va prendre pas mal de temps. “

 

Jean Le Cam :

“Pour le moment je suis assez satisfait. C’est déjà satisfaisant d’être en course vu ce qu’il se passe aux alentours. Là, on est un trio international, France (ndlr : lui-même), Suisse (Wavre), Angleterre (Golding) : allez la France ! Je ne veux pas trop parler de la stratégie qu’on a mise au point tous les trois. On s’était mis d’accord, enfin pas avec Mike Golding, ça c’est sûr (rire). Mais c’est intéressant d’avoir un petit groupe à trois comme ça. Si on devait tomber dans l’ennui à un moment, avec mes deux compères autour de moi, c’est impossible. Ça me plaît bien d’être à la bagarre avec la Suisse et l’Angleterre. On va faire une coalition avec la Suisse contre les Anglais.”

 

 
 

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