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Vendée Globe (J+15) Retour sur la course et le week-end de l’arrivée dans l’hémisphère Sud

Vendée Globe (J+15) Retour sur la course et le week-end de l’arrivée dans l’hémisphère Sud
novembre 26
10:51 2012

 

Samedi / Bientôt l’hémisphère sud pour l’ensemble de la flotte

 

Pendant que devant, les marins les plus rapides continuent à accélérer en se rapprochant un peu plus de la route directe, les derniers concurrents s’extirpent avec peine des griffes du pot au noir. Bientôt, tous les skippers de ce septième Vendée Globe navigueront la tête à l’envers.

 

Flashé à près de 16 nœuds sur la dernière heure, Armel Le Cléac’h (Banque Populaire) accélère ! Profitant d’une légère rotation du vent, passé de sud-est à est, il peut libérer un peu plus la puissance de son monocoque, particulièrement performant avec ces angles de vent. Même si la brise reste légère, entre 10 et 15 nœuds toujours, les bateaux les plus récents ont une formidable capacité à glisser dans ces conditions comme en atteste son plus dangereux poursuivant. A 14 nœuds sur la dernière heure, François Gabart (MACIF) affiche même une meilleure VMG (Velocity Made Good) ou vitesse de rapprochement au but, un meilleur angle par rapport à la route théorique la plus courte. Ces dernières 24 h, le talentueux dauphin affiche la plus belle progression, avec près de 310 milles parcourus au soleil ou sous la pleine lune. Il n’a repris que 5 milles sur le leader depuis le dernier classement mais c’est suffisant pour montrer au skipper de Banque Populaire qu’il n’a pas d’autre choix que de surveiller en permanence son tableau arrière. Depuis plusieurs jours sur le même bord, les marins aux avant-postes, dans une mer très agréable et un vent modéré n’oublie pas que cette descente vers le sud est une âpre course de vitesse, sans véritable option météorologique stratégique pour l’instant. Troisième, Vincent Riou (PRB) maintient le rythme également, à 70 milles du leader. Dans son sillage, Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec 3) met également du charbon et enchaîne les journées autour des 300 milles. Un bon rythme que peinent à suivre Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat), toujours en proie à des soucis de génois et de pilote automatique et Alex Thomson (Hugo Boss), dont le plan Farr de 2007 affiche des vitesses légèrement en retrait dans ce type de vent léger. Il progressait ce matin à près de 11 nœuds à 135 milles du leader. Le groupe des tontons chasseurs, emmené par Mike Golding (Gamesa), suivi de Jean Le Cam (SynerCiel) et Dominique Wavre (Mirabaud), continue à perdre un peu de terrain, la faute à un décalage dans l’est qui lui rallonge la route.

 

Trois nouveaux bateaux dans l’hémisphère sud

A près de 600 milles du leader, Javier Sanso (Acciona 100 % EcoPowered) s’est extrait des griffes du pot au noir sans trop de difficultés, grâce à un passage ouest qui, tout comme à Tanguy de Lamotte (Initiatives-coeur), lui a bien réussi. Les deux skippers ont passé l’équateur dans la nuit, à 22 h 25 hier pour le skipper espagnol et 4 h 45 ce matin pour le français, qui continue à mener son plan Lombard de 1998 avec beaucoup de brio. Même s’il a passé l’équateur avant lui, à 1 h 44 cette nuit, Arnaud Boissières n’a pas eu la même chance. Son passage douloureux de la zone de convergence intertropicale lui à fait perdre beaucoup de terrain. A 682 milles du leader ce matin, il semblait cependant retrouver un peu le moral et l’humour qui le caractérise. « Bonsoir, désolé de vous réveiller mais cette nuit j’ai été flashé à 1 h 44 TU. Je n’ai vu personne alors j’ai pris une photo pour immortaliser un tel moment. Un saucisson d’Auvergne a été dégusté (il en reste pour l’apéro de samedi midi)’. J’en avait fait le cadeau à Neptune cet après midi pour demander mon passage (un petit morceau!!!) On dirait bien le Sud (comme dit Joe Dassin) ,il fait chaud ,mais FRANCHEMENT, c’est bien agréable. Un peu penché quand même ce qui occasionne des petites glissades dans le bateau assez improbables et amusantes (ambiance toboggan). Bon allez retournez vous coucher demain samedi, et samedi, c’est tennis ,pétanque ou juste repos pour vous amis terriens. Arnaud du bord de sa veranda volante», s’amusait le skipper dans son message de la nuit. Il en est un autre qui semblait beaucoup moins s’amuser, toujours aux prises avec un pot au noir qui semble l’avoir suivi dans sa route est. Bertrand de Broc (Votre Nom autour du Monde avec EDM Projets) semble pourtant avoir beaucoup manœuvré dans la nuit pour s’extraire au mieux de cette zone erratique. Il accusait ce matin 731 milles de retard sur Armel Le Cléac’h. Un constat très cruel après tous les efforts consentis pour revenir dans la course. A 80 milles de l’équateur ce matin, il est le seul concurrent avec Alessandro Di Benedetto (Team Plastique) encore dans l’hémisphère nord. Le skipper franco-italien, auteur ces derniers jours des plus belles progressions, affichait la plus faible ce matin, avec seulement 102 milles parcourus en 24 h. Sûrement pas de quoi entamer le moral inoxydable du skipper !

 

On apprend le choc avec une bouée métallique pour Riou et PRB…

A 7h00 ce Samedi matin, Vincent Riou prévenait son équipe à terre suite à une collision avec un objet flottant. Le skipper qui était à la table à cartes au moment des faits a pu sortir immédiatement après le choc et voir que l’objet qui venait de heurter PRB était une tonne de port (grosse bouée métallique). Suite à ce choc, Vincent a pu constater que la coque de son bateau était déchirée et délaminée sur environ un mètre. Le côté touché est le côté tribord du bateau et la partie déchirée se situe à trois mètres de l’étrave. Vincent n’a pas été blessé dans ce choc. Il attend le lever du jour pour évaluer les dégâts et envisager la possibilité d’une réparation. Les conditions sur zone sont bonnes, le vent souffle entre 12 et 15 nœuds. Au moment du choc, Vincent a immédiatement appelé la direction de course pour pouvoir signaler la position de cette bouée aux autres concurrents.

 

C’est comme dans le scénario d’un film. Combien y avait-il de possibilités que Vincent Riou croise la route d’une tonne d’amarrage à la dérive en Atlantique Sud ? Et comment imaginer les conséquences que cette rencontre fortuite risquait de provoquer ? Vincent, hier candidat à la victoire, est aujourd’hui dans l’incertitude, sans garantie de pouvoir continuer.

 

Décidément, Dame Fortune s’est levée du mauvais pied cette année. Après Kito de Pavant (Groupe Bel) et Louis Burton (Bureau Vallée), victimes d’un abordage avec un chalutier, c’est maintenant Vincent Riou qui, en plein Atlantique Sud, croise un engin flottant métallique à la dérive. A quelques mètres près, le skipper de PRB ne s’en serait peut-être jamais rendu compte. Et le voilà en train de cogiter pour savoir s’il est raisonnable d’envisager poursuivre son tour du monde. Il lui faut, à la fois, surveiller si la blessure de son bateau ne s’aggrave pas, entrer en relation avec son équipe technique pour faire un diagnostic le plus précis possible, recenser les points d’escale potentielle pour mouiller son bateau et réparer par ses propres moyens, sans oublier de tenir informé tous ceux qui suivent son parcours… C’est beaucoup pour un seul homme, fut-il un marin d’exception.

 

Pas de forfanterie

Pour ceux qui continuent leur descente vers le sud, cet accident vient rappeler à quel point le hasard est parfois versatile. François Gabart (MACIF), Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec 3) ou bien encore Armel Le Cléac’h (Banque Populaire) le savent bien qui abordent avec une grande humilité le plat de résistance à venir, les mers du Sud, alors que le hors-d’œuvre a pour certains un goût amer. Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) parle ainsi pudiquement de bricoles plus ou moins importantes à régler. Parmi elles, une nouvelle grimpette dans le mât pour essayer de  réparer son hook de génois, ou la réparation d’un de ses hydrogénérateurs, endommagé au large du Portugal. François Gabart quant à lui compte sur une préparation exemplaire pour s’éviter de tels exercices. Il sait que la navigation sera autrement plus complexe d’ici une bonne semaine et que toutes les forces méritent d’être économisées.

Derrière le groupe de tête, les concurrents sont toujours soumis au régime de la douche écossaise. Après une belle remontée, Bertrand de Broc (Votre Nom autour du Monde) s’est fait piéger dans le pot au noir et perd une grande part de ses dividendes. Arnaud Boissières (Akena Vérandas) se construit un moral tout neuf à l’occasion du passage de l’équateur. Une manière de se dire que l’Atlantique Nord et son cortège de déconvenues sont maintenant derrière. Quatre ans auparavant, les mers du Sud lui avaient plutôt réussi. Il pourrait, tel Kito de Pavant sur sa plage de l’Espiguette, regarder le cœur en berne, les copains naviguer. Le fait d’être encore en course est déjà un privilège de qualité et Cali nous rappelle, à son entrée dans l’hémisphère sud, qu’il compte bien en profiter. Vincent Riou quant à lui, faire route sous voilure réduite, au sud-ouest dans l’espoir de trouver un abri pour tenter une réparation.

 
 

Dimanche / JP Dick passe à l’attaque !

 

 

Jean-Pierre Dick, le skipper de Virbac Paprec 3, a gagné deux places en 24 h. Une première suite à la collision malheureuse de Riou avec une bouée dérivante et une autre à la vitesse pure pendant la nuit. Il est ce matin le nouveau dauphin d’Armel Le Cléac’h (Banque Populaire).

 

Ça déboule à bord de Virbac Paprec 3 ! Avec près de 340 milles parcourus à 14 nœuds de moyenne, Jean-Pierre Dick a réalisé la meilleure progression ces dernières 24 h et doublé François Gabart (MACIF) dans la nuit. De son aveu, il n’a fait que deux choses depuis le départ, veiller à la marche du bateau et dormir…Flashé à plus de 17 nœuds sur la dernière heure avant le classement de ce matin, il semble qu’il va devoir attendre encore un peu pour se détendre et profiter de sa navigation. Derrière un Armel Le Cléac’h (Banque Populaire) inflexible, qui maintient son petit matelas d’avance sur ses poursuivants directs (50 milles), la lutte fait donc rage. François Gabart (MACIF) s’est fait doublé par l’extérieur dans la nuit, dans une zone de vent visiblement plus faible. « La mer s’est aplatie. Le bateau glisse tout seul sans forcer. On ne bat pas des records de vitesse, certes, mais la sensation de glisse sans forcer est tellement sympa. Si seulement on pouvait avoir ces conditions toute la nuit… », confiait le skipper. Sûr que ce matin, il doit appeler de ses vœux les plus chers le retour d’un peu plus de pression ! Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat), passé 4ème, semblait quant à lui reprendre un peu de vitesse. Peut-être le signe qu’il commence à venir à bout de ses multiples soucis techniques. Même constat pour Alex Thomson (Hugo Boss) qui n’en finit pas d’impressionner à bord de son monocoque de 2007. Il affichait ce matin la deuxième meilleure progression des dernières 24 h, soit 312 milles. Une performance qui lui permet de réduire sensiblement son retard sur le leader, à 125 milles de l’étrave chromée de sa magnifique monture. Malheureux 6ème, Vincent Riou progressait ce matin à faible vitesse au cap 250 (sud-ouest), à 300 milles de la côte brésilienne, toujours à la recherche de la solution optimale pour continuer sa route dans les meilleures conditions. Le skipper est bien décidé à tout tenter pour repartir. Mais la réparation s’annonce longue et compliquée, notamment en ce qui concerne le tirant d’outrigger…

 

Cap au sud !

Derrière, le trio composé par Mike Golding (Gamesa), Jean Le Cam (SynerCiel) et Dominique Wavre (Mirabaud) met enfin le cap vers le sud-est et semble s’allonger un peu, à la faveur d’une accélération du marin anglais. Jean Le Cam reste dans la roue de Golding et maintient le rythme pendant que Wavre semble très légèrement décrocher. Entrés dans l’Atlantique Sud hier, dans la nuit, Javier Sanso (Acciona 100 % EcoPowered) et Tanguy de Lamotte (Initiatives-coeur) plongent maintenant franchement vers le sud, en suivant un peu à l’est la trajectoire du groupe de tête. Les vitesses progressent sensiblement à mesure qu’ils avancent dans l’alizé. Plus à l’ouest, après un passage du pot au noir particulièrement difficile, Arnaud Boissières (Akena Verandas) et Bertrand de Broc (Votre Nom autour du Monde avec EDM Projets) retrouvent des vitesses à deux chiffres et allongent la foulée vers le sud. Très décalé à l’ouest, le skipper de Votre Nom autour du Monde avec EDM Projet devrait passer tout près de l’archipel des îles Fernando de Noronha, à moins d’une centaine de milles. Encore  dans l’hémisphère nord, à 225 milles de l’équateur, Alessandro Di Benedetto (Team Plastique) semble tout juste s’extirper des griffes de la zone de convergence intertropicale. Sur son monocoque à quille fixe, le seul de la flotte, il est encore à plus d’une journée de navigation de l’équateur.

 

Vincent Riou contraint à l’abandon…

Alors qu’il estimait être en mesure de réparer la coque de son bateau, Vincent Riou n’a pas pu, en revanche, trouver de solution pour pallier la blessure de son tirant d’outrigger. Aller dans les mers du sud dans de telles conditions est inenvisageable. Le diagnostic de Vincent est donc tombé ce matin : il rend les armes sur ce Vendée Globe 2012. Il abandonne. Cette décision est murement réfléchie. C’est la mort dans l’âme et les larmes aux yeux que Vincent annonce son retrait sur son troisième Vendée Globe. « Pouvoir poursuivre la course dans les conditions de sécurité nécessaires pour les mers du Sud, c’est ce qui guidera mon choix » avait expliqué Vincent avec beaucoup de lucidité quelques minutes après le choc. Aujourd’hui, les conditions ne sont pas réunies. Le skipper de PRB est contraint de faire route vers le Brésil pour réparer son monocoque. Il pourrait rejoindre Salvador de Bahia d’ici trois jours, 500 milles le séparant de la baie brésilienne. Se résoudre à l’abandon en raison d’une collision avec un objet flottant, qui plus est une bouée de port, est une situation particulièrement dure. Pour Vincent, la déception s’est mêlée d’un sentiment d’injustice. Le compétiteur qu’il est avait jusque-là mené son 60′ avec beaucoup de prudence. Lui qui a remporté ce Vendée Globe en 2004-2005, savait que la route était longue et voulait justement aborder le Sud avec un bateau intact, capable de gérer des conditions de mer et de vent extrêmes. La course est finie pour Vincent, le skipper de PRB, l’un des grands favoris de ce Vendée Globe, ne sera pas de la partie dans le Sud ! Le Vendée Globe est  la course la plus intransigeante qui  soit. La plus belle certainement, la plus dure parfois. Ce week-end elle se révèle injuste, forcément injuste, pour Vincent et son bateau PRB.

 

Lundi / Passage délicat aux avant postes

 

En tête de flotte, les premiers concurrents s’approchent d’un passage délicat entre l’anticyclone de Saint-Hélène et une dépression en formation au large de l’Argentine. Alessandro Di Benedetto n’est plus qu’à 40 milles de l’équateur.

 

En passant ce matin sous la barre symbolique des 20 000 milles de distance théorique la plus courte pour rejoindre l’arrivée (la fameuse DTF, Distance To Finish), Armel Le Cléac’h (Banque Populaire), le plus à l’est de la flotte, semblait ce matin toucher les premiers effets de la dorsale. Avec une avance de 44 milles sur son fidèle dauphin François Gabart (MACIF), il doit négocier un passage délicat dans un vent qui tourne de l’est au nord-est et va baisser progressivement. Il avançait à moins de 10 nœuds ce matin quand Gabart filait encore à un peu plus de 12. Jean-Pierre Dick (Virbac Paprec 3), qui était remonté très fort hier, passant même second au premier classement de la journée, a reperdu un peu de terrain ce matin. Mais un décalage dans l’ouest pourrait lui permettre de bénéficier plus longtemps de meilleurs vents et de combler à nouveau son retard. Derrière, Alex Thomson (Hugo Boss) enchaîne les milles et s’accroche de belle manière à sa nouvelle place de 4°, acquise hier aux dépends de Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat), qui semble pourtant avoir retrouvé de la vitesse. Et de la vitesse, Jean Le Cam (SynerCiel) n’en manque pas ! Avec 374,4 milles parcourus ces dernières 24 h, à la moyenne de 15,6 nœuds, il est de loin le plus rapide de la flotte. Même s’il reste toujours derrière Mike Golding (Gamesa) au classement, 16 milles dans son tableau arrière, son fort décalage dans l’ouest va lui permettre, tout comme Jean-Pierre Dick (Virbac Paprec 3) de bénéficier plus longtemps d’une meilleure pression et de continuer à accélérer. Un peu décroché, Dominique Wavre (Mirabaud) affichait tout de même de belles moyennes (plus de 300 milles sur 24 h). Vincent Riou (PRB) était ce matin à 300 milles à l’est de Salvador de Bahia.

 

Légère accélération à l’arrière

A un peu plus de 700 milles du leader, Javier Sanso (Acciona 100 % EcoPowered) fonçait plein sud à près de 13 nœuds de moyenne depuis hier aux commandes de son plan Owen Clarke dernière génération (mis à l’eau fin 2011). A moins de 70 milles derrière, et comme lui sur une route un peu est depuis la sortie du pot au noir, Tanguy de Lamotte (Initiatives-coeur) s’accroche à une inespérée place de 10°. « Suite à l’abandon malheureux de Vincent Riou, me voici dans le “top 10″…Dans cette course, il faut de l’envie, de l’endurance, de la réussite et aussi un poil de chance, une bonne étoile…Je ne pense pas pouvoir imaginer ce que ça fait d’abandonner, c’est toujours trop tôt… et par contre, je mesure bien la chance que j’ai d’être encore en course dans de bonnes conditions. Bon courage Vincent ! Il fait très chaud ici mais le bateau est plutôt bien ventilé au près avec la trappe de cockpit ouverte, ce matin, il y avait 2 poissons volants dans le compartiment arrière qui s’étaient pris la trappe en plein vol… ouille ! Toujours au près en bâbord amure avec le J2 et la grand-voile haute, une mer plutôt calme et un vent de 12 nœuds. Bonne fin de journée », confiait Tanguy dans son message d’hier soir. Il aura cependant fort à faire pour contenir le retour d’Arnaud Boissières (Akena Vérandas). Sur l’ex-PRB de Vincent Riou, le skipper sablais semble avoir retrouvé de la vitesse et affichait ce matin la plus belle moyenne du groupe des retardataires (312,5 milles en 24 h), juste devant Bertrand de Broc (Votre Nom autour du Monde avec EDM Projets), rapide également avec près de 300 milles parcourus ces dernières 24 h mais distant d’un peu plus d’une centaine de milles du skipper d’Akena Vérandas. Il paye son passage catastrophique du pot au noir. Encore dans l’Atlantique Nord, Alessandro Di Benedetto (Team Plastique) devrait le quitter en milieu de matinée. Très à l’est, il a incurvé sa route vers l’ouest pour éviter de se jeter dans les calmes de l’anticyclone.

 

Point / Retour sur l’ensemble des abandons du Vendée Globe

 

Bruno Retailleau, Président de la SAEM Vendée, revient sur les derniers abandons

« Chaque abandon est pour nous un arrachement douloureux. Mais ce qui fait la beauté du Vendée Globe, c’est son exceptionnelle dureté. J’ai à cet instant une pensée toute particulière pour Vincent Riou et son partenaire PRB, présidé par Jean-Jacques Laurent, ainsi que pour les skippers qui ont dû se résoudre à l’abandon».

Entendre les silences de Vincent Riou, sa voix qui se perd à la vacation, permet de mesurer combien un abandon dans le Vendée Globe est un drame personnel. Chacun des marins laissés sur le bord de la piste a dû se résoudre à l’impensable, finir par accepter de ne plus faire partie de l’aventure. Ce qui fait le caractère unique du Vendée Globe, c’est aussi l’extrême simplicité de ses règles : en solitaire, sans escale, sans assistance. Et c’est aussi son exceptionnelle dureté. Dès lors, l’abandon peut paraître souvent injuste, mais il est aussi inscrit dans les gènes de la course du Vendée Globe. C’est Yannick Bestaven, en 2008, qui démâte après quelques heures de course et voit tous ses efforts pour réunir le budget nécessaire pour être présent au départ, anéantis. C’est encore Isabelle Autissier qui, en 1996, est obligée de finir hors course pour avoir obtenu de l’aide pour changer un de ses safrans brisé suite à un choc avec un objet flottant non identifié…. Dès la première édition, l’épreuve avait été marquée par près de 50% d’abandons et pour la précédente édition, ce chiffre a grimpé jusqu’à 60%. L’organisation vit chaque abandon comme une amputation. Pourtant, les infortunes de mer font partie de l’histoire du Vendée Globe. Bruno Retailleau, Président de la SAEM Vendée, entend bien le réaffirmer : « c’est l’extrême dureté de cette course, son caractère parfois tellement injuste et aléatoire qui génère pour le grand public une telle fascination et qui en fait aussi une aventure sportive unique au monde ».

En attendant, la course a déjà repris ses droits : en tête Armel Le Cléac’h (Banque Populaire) résiste toujours aux assauts d’un Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec 3) en pleine bourre et d’un François Gabart (MACIF) toujours aussi incisif. Derrière eux, la lutte est rude pour la quatrième place entre Alex Thomson (Hugo Boss) et Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat). A l’arrière de la flotte, il ne reste plus qu’Alessandro Di Benedetto (Team Plastique) dans l’hémisphère nord, quand le quatuor Bertrand de Broc (Votre Nom autour du Monde avec EDM Projets) Arnaud Boissières (Akena Vérandas) Tanguy de Lamotte (Initiatives-cœur) et Javier Sanso (Acciona 100% EcoPowered) se rend coup pour coup au large de Recife. Enfin, Mike Golding (Gamesa), Jean Le Cam (SynerCiel) et Dominique Wavre (Mirabaud) auront croisé la route de Vincent Riou et de son bateau blessé. Une manière de relativiser les petits bobos du jour quand on mesure la chance d’être toujours en course autour du globe.

 

 

 

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