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Vendée Globe (J+3) A 100 milles de Madère, progresser pour accélérer / Louis Burton percuté par un chalutier

Vendée Globe (J+3) A 100 milles de Madère, progresser pour accélérer / Louis Burton percuté par un chalutier
novembre 14
10:28 2012

 

Incroyable d’aisance dans toutes les conditions, François Gabart sur Macif domine toujours le haut du classement avec une grande maîtrise. La périlleuse traversée de la zone de calme n’aura pas eu d’effet dévastateur et bien au contraire. Au petit matin le trio de tête, Gabart, Stamm et Le Cleac’h continue sa route en attendant le virage vers le sud. Le reste de la flotte sort petit à petit des calmes et accélère en attendant eux aussi cette rotation du vent, synonyme de surfs et de belles glissades mais la progression vers l’objectif est lente, très lente pour certain.

 

Le pari de PRB… et des autres

Lundi soir, Vincent Riou a été le premier à dégainer. Plutôt que de se laisser glisser vers le sud en compagnie de ses camarades de tête François Gabart et Armel Le Cléac’h, le skipper de PRB n’a pas hésité à empanner pour faire route à l’ouest. Quitte à perdre de nombreuses places au classement général (il est passé de la 3e à la 10e place en 24 heures). Avec Javier Sanso (ACCIONA 100% EcoPowered), Jérémie Beyou (Maître CoQ) et plus loin Louis Burton (Bureau Vallée), le vainqueur de l’édition 2004 du Vendée Globe était aussi le premier à s’empêtrer dans les rets de la dorsale anticyclonique. Au pointage de la mi-journée, tous les « occidentaux » progressaient à moins de 4 nœuds ! Leur pari : être les premiers à sortir de cette zone de vents erratiques et attraper la dépression qui est en train de se caler sur les Açores. Cette nuit, ils devraient connaître des heures difficiles, avec de forts vents de face et des orages. Les marins situés les plus au nord de l’échiquier affronteront les conditions les plus musclées au passage du front. Mais une fois passée cette difficulté, ils pourront cavaler au portant en direction du Cap Vert.

 

Aujourd’hui, même hiérarchie

Le nouveau classement en ce début de journée devait peut-être révélé quelques surprises, mais il n’en n’est rien. Hormis quelques passations d’armes entres skippers, la hiérarchie n’a pas été bouleversée par le passage délicat de la zone de calme. Bien au contraire car le leader de ce Vendée Globe, François Gabart (Macif) est sorti sans encombre de ce piège et dispose même d’une soixantaine de milles d’avance sur son dauphin Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat).

Toujours aux avants postes, Armel Le Cleac’h (Banque Populaire) est également reparti à la chasse au milles et file comme ses adversaires à plus de 11 nœuds de moyenne. Mais derrière ces 3 solitaires, un trio tente de s’extirper des calmes, en s’échangeant les places à chaque pointage. Jean Le Cam 4e (SynerCiel), Mike Golding 5e (Gamesa) et Arnaud Boissières 6e (Akéna Vérandas) sont les moins rapides mais devraient à leur tour sortir de ce piège dans les prochaines heures.

 

Une lente progression sur la route directe

Si les nordistes ont été les premiers à toucher des vents plus forts, la rotation du vent se fait attendre mais d’ici quelques petites heures, un groupe de 6 concurrents composé de Jean Pierre Dick 7e (Virbac Paprec 3), Jérémie Beyou 8e (Maitre CoQ) et Alex Thomson 9e (Hugo Boss) qui naviguent l’un à côté de l’autre, Vincent Riou 10e (PRB), Javier Sanso 11e (Acciona) et Dominique Wavre 12e (Mirabaud) devrait mettre cap au sud. En treizième position, Samantha Davies (Savéol) vient également de toucher un peu plus de pression et navigue désormais à plus de 10 nœuds. Mais le fait de ces 24 dernières heures de course est la lente progression vers l’objectif. Entre les deux classements de 5h00 d’hier et d’aujourd’hui, Vincent Riou n’a progressé sur la route directe que de 52,5 milles soit une vitesse moyenne vers l’objectif de 2,18 nœuds. À l’inverse, le leader parcourait 213,4 milles à une vitesse moyenne de 8,9 nœuds. Savoir perdre pour mieux gagner est souvent une règle en voile et l’avenir donnera peut-être raison à l’ancien vainqueur du Vendée Globe surtout avec plus de 23000 encore à parcourir.

Toujours aux prises avec cette zone de calme au large du Portugal, Tanguy De Lamotte (Initiatives Cœur) et Alessandro di Benedetto (Team Plastique) vont devoir encore patienter avant de sentir une nouvelle fois frémir la quille et les safrans. Ils évoluent à l’instant à des vitesses comprises entre 3 et 4 nœuds.

 

Course poursuite

Repartis des Sables d’Olonne avec un gros déficit de temps et une sortie du Golfe de Gascogne au pas de sénateur, Bertrand de Broc s’est lancé depuis plus de 24h à la poursuite du polonais « Gutek » sur Energa. Une navigation payante car en une journée le skipper de Votre Nom Autour du Monde avec EDM Projets a réduit son écart de 100 milles. La chasse est ouverte d’autant que les deux marins naviguent sur une même route et dans le même système à 275 milles dans l’ouest du Cap Finsterre.

 

 

Louis Burton, percuté par un chalutier…

 

La direction de course a reçu cette nuit à 3h10, heure locale, l’appel du bateau Bureau Vallée. Louis Burton signalait avoir percuté sur le flanc bâbord un chalutier a environ 400 Nm à l’ouest de Lisbonne position 38° 22N ; 18° 10W. Il était en veille dans le cockpit et son radar et AIS étaient allumés.

 

Il évoluait à 18 noeuds dans une mer formée avec un vent de Sud Ouest de 32 nœuds générant une visibilité très limitée. Rapidement Louis a viré pour faire route au Nord Est, sécuriser le mât et a constaté un hauban endommagé à 1m80 au dessus du pont. Louis va bien, il attend le lever du jour (aux alentours de 09h30 heure française) pour un diagnostique plus complet sur le galhauban bâbord avant de prendre toute décision sur la suite de la course.

 

 

Parole de skipper

 

François Gabart : 

“Pas beaucoup de vent à bord de Macif. Je crois qu’on a passé le plus dur mais c’est pas encore tout à fait établi… Il faut être patient… D’ici quelques heures ça devrait aller plus vite… Je ne sais pas trop ce que ça donne pour les autres mais je suis content d’être là où je suis. Je me concentre aux réglages. Dès que le vent se stabilise un peu je vais me reposer. Voilà le quotidien du marin… En prime vous avez le droit à une petite photo du coucher de soleil depuis le bout de l’outrigger. Je vous rassure je ne suis pas allé là-bas que pour la photo. Je voulais vérifier que les galhaubans ne s’étaient pas abîmés avec les écoutes de gennaker. Tout est ok, rien à signaler. Du coup j’ai trouvé que le point de vue était sympa pour une petite photo. La difficulté étant de cadrer et de se tenir… Pour les mamans (la mienne, celle de mon fils (!) et toutes celles qui peuvent se faire du souci…) ne vous inquiétez pas j’étais bien accroché!”

 

Tanguy De Lamotte :

“Je passe comme prévu une nuit de transition bien lente mais le vent est maintenant bien orienté et je suis de nouveau sur la route “normale”, je manoeuvre en musique car pour une  fois c’est assez calme pour entendre dehors en en profitant. Il y avais aussi quelques dauphins dont j’ai entendu les chants de l’intérieur et que j’ai entendu sauter autour du bateau mais je ne les ai pas vu dans la nuit noire malgré les étoiles très brillantes, il n’y a pas de lune…   Hier matin j’ai trouvé un gros poison volant sur le pont, je n’en avais jamais vu un si gros… taille 60 pieds ;-) c’est tôt pour en voir!!! J’ai réussi à dormir 4 fois 30 min en début de nuit et je pense bien pouvoir recommencer la même chose en fin de nuit.”

 

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