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Volvo Race : L’insoutenable légèreté de l’air

Volvo Race : L’insoutenable légèreté de l’air
mai 06
22:12 2015

Ces dernières heures de course sont un cauchemar pour les leaders. Mais elles font aussi renaître l’espoir de victoire pour les chasseurs. Il ne reste que 116 milles à parcourir mais plus que jamais, il est bien osé de vouloir parier sur le vainqueur à Newport.

Dongfeng est toujours en tête de la flotte mais c’est un peu la double peine qui attend l’équipage de Charles Caudrelier. Tout d’abord, il est en train de s’extraire de l’influence du Gulf Stream qui lui était favorable. « Le Gulf Stream, c’est comme un ascenseur thermique qui te propulse directement vers le but, deux nœuds plus vite que prévu » raconte Charles.

Le speedomètre de Dongfeng va malheureusement redescendre car non seulement, le Gulf Stream ne sera plus un allié de choix mais l’équipage va devoir aussi faire face à une nouvelle zone de transition. Devant l’étrave du bateau rouge s’étend une zone sans vent. Le leader va être le premier à buter dedans et va assister impuissant au retour de ses poursuivants. Si Dongfeng affichait une vitesse de 22.2 nœuds ce matin, il n’avançait plus qu’à 14.2 nœuds au classement de 14h40 HF.

« C’est comme un nouveau départ. Ces dernières heures vont être un cauchemar. Cela va être très compliqué de rester devant » décrit Charles qui n’a pas lâché la tête de flotte depuis le 2 mai au classement de 14h40 HF. Avec ses 2.2 petits milles d’avance sur le deuxième, Abu Dhabi Ocean Racing, on comprend pourquoi le skipper du bateau sino-français analyse aussi froidement la situation.

Derrière, certains se frottent les mains. A bord de MAPFRE, on voit là l’occasion parfaite de prendre les commandes. Fernandez et ses hommes accusent pour l’heure 19.7 milles de retard. « Nous avons de nouveaux espoirs et on veut vraiment gagner cette étape. Je pense qu’il n’y aura pas plus de 10 milles d’écart sur la ligne d’arrivée entre les quatre premiers » raconte Francisco Vignale le reporter embarqué. Amory Ross, à bord de Team Alvimedica décrit le même esprit : « Le vent va progressivement diminuer jusqu’à tomber complètement. C’est notre chance pour revenir sur les leaders ». Ian Walker motive quant à lui son équipage à grands coups de « Let’s go for it » !

La pression est donc définitivement sur les épaules de Caudrelier et ses hommes. L’équipage est bien décidé à ne rien lâcher et a prouvé sa capacité de résistance depuis le début de la course. Black, l’un des équipiers chinois de Dongfeng, explique combien il n’est pas évident de constater le retour des adversaires alors qu’il peut de nouveau les voir depuis le pont du bateau… et sans jumelles ! Mais il a fait part à ses co-équipiers de son rêve américain. Un rêve qui pourrait sans nul doute pousser à lui seul toute une équipe.
« Pour beaucoup de monde, l’Amérique est le lieu de tous les rêves, tous les possibles. Beaucoup de personnes aimeraient venir y étudier ou faire du business. Mais pour moi, le seul rêve américain qui compte est de bien finir cette étape ». Un message fort qui doit résonner chez Charles Caudrelier et tout l’équipage. Dongfeng Race Team réalisera-t-il son rêve américain ? Réponse dans quelques heures seulement. Les bateaux sont attendus dans la nuit (heure française) à Newport.

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