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Yvan Bourgnon de Bora-Bora aux Samoa

Yvan Bourgnon de Bora-Bora aux Samoa
mai 12
10:11 2014
La météo annoncée ne donnait pas vraiment envie de reprendre la mer et pourtant je ne me voyais vraiment pas rester 2 semaines de plus en Polynésie dans l’attente d’une bonne fenêtre. Les conditions extrêmes, les dépressions, les tempêtes doivent faire partie de mon Défi et mon idée repose toujours sur un principe simple: je fais avec ce que me donne la nature et je m’adapte.

Pour le coup j’ai été bien servi avec une première journée très sportive (30 – 35 nœuds au portant) avec des surfs incroyables mais très scabreux pour un si petit catamaran. Le bateau accompagnateur a très rapidement subi des pertes en brisant en 2 sa bôme sans pourtant faire d’erreur et en déchirant son spi, du coup le bateau m’informa qu’ils allaient se dérouter légèrement vers les iles Samoa pour réparer.  J’étais vraiment satisfait de rester en vie sans dégâts et pourtant le pire restait à venir.

A mi-parcours, le front d’une dépression se présenta avec une configuration inédite, du vent bien sûr, beaucoup de vent (120 km/h) mais aussi une pluie amazonienne qui ne cessera pas durant 12h. Durant toute une nuit, je fus trempé jusqu’aux os à attendre une potentielle éclaircie. Ce front restera le plus long de mon histoire de la voile, une lutte de plusieurs heures pour rester à l’endroit, éviter la casse, essayer de voir dans une nuit aussi noire qu’une grotte sous terre. En apothéose, j’ai eu le plaisir de vibrer durant 4h entre les coups de tonnerre qui rugissaient de partout et les éclairs qui illuminaient tout l’horizon à m’en faire frissonner. Malgré mon positionnement sur le trampoline, j’ai reçu une très violente décharge électrique dans les bras, je me suis vu complètement foudroyé durant ¼ de seconde. Plus de peur que de mal, seule une partie de mon électronique semble avoir renoncé à toute survie.

Interview d’Yvan Bourgnon à son arrivée aux Samoa:

 

La punition n’était pas assez soutenue, Eole me réserva ensuite 3 jours à l’allure du près qui est vraiment la plus inconfortable pour mon bateau. 3 jours sans pouvoir dormir malgré toutes mes tentatives : attaché, assis, devant, derrière etc… Essayez de dormir sur un manège violent de Luna Park avec un seau d’eau en plein visage toutes les 2 minutes… ce n’est pas simple

Mon bonheur je l’aurai sur la dernière section du parcours, 100 milles pour un run vent de travers qui me réconciliera avec cette étape, la plus dure depuis la traversée de l’Atlantique. Ma satisfaction est d’avoir ce bateau toujours intact  malgré une mutilation permanente… Merci encore au chantier JPS à la Trinité, à Siegfried et plein d’autres qui m’ont tellement aidé pour construire cet incroyable catamaran qui n’arrête pas de m’étonner.

4 jours d’escale aux Samoa pour réparer, dormir puis reprendre la mer vers les Iles Fidji, une étape de 670 milles ou j’espère rencontrer des conditions plus clémentes pour profiter de ce magnifique Pacifique.

Partenaire du jour : DHL Tahiti représenté par Christian Paulet qui nous a accompagné dans le dédouanement de nos colis, notamment mon nouveau safran tout droit venu de Bretagne.

 

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