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9ème victoire d’étape pour Yann Eliès sur la Solitaire du Figaro!

9ème victoire d’étape pour Yann Eliès sur la Solitaire du Figaro!
juin 18
08:30 2014
A 1h26, ce mercredi, Yann Eliès a été le premier à franchir la ligne d’arrivée du deuxième acte de la 45e édition de la Solitaire du Figaro – Eric Bompard cachemire. Le skipper de Groupe Quéguiner – Leucémie Espoir s’est ainsi adjugé sa neuvième victoire d’étape sur l’épreuve et compte désormais le même nombre de manches gagnées qu’Alain Gautier. Il ne lui en manque donc plus qu’une pour égaliser le record de Jean Le Cam et deux pour le dépasser. Alors certes, le pari est audacieux, mais la détermination du marin est sans faille. La preuve, il a bouclé les 535 milles du parcours entre Plymouth et Roscoff avec une avance de 58 minutes sur son poursuivant le plus proche, démontrant ainsi, une nouvelle fois, l’ampleur de son talent, mais aussi son incroyable capacité à rebondir toujours plus haut et toujours plus fort, même après de gros coups durs, comme son démâtage lors du premier acte alors qu’il menait la danse. La question que l’on se pose aujourd’hui est : « qui peut l’arrêter ? ». Sûr que ses adversaires se le demandent aussi…

Yann, comment s’est passée cette deuxième étape ?
« Mieux que la première, ça c’est sûr, et je me suis réconcilié avec les phares parce que je suis passé en tête au Fastnet ! (rires) Plus sérieusement, ça c’est pas mal passé. Dès la première nuit, je me suis retrouvé devant. Globalement, j’ai été plutôt bien inspiré et après les Scilly, je n’ai fait que creuser l’écart. J’allais vite mais je pense que les conditions m’étaient favorables parce qu’on ne gagne pas six milles en une journée juste en étant plus rapide. Ceci étant dit, nous avons fini le parcours sur une allure et avec des conditions que j’adore. J’étais au taquet sur la marche du bateau, j’ai réglé en permanence et j’ai fait des petites trajectoires bien léchées mais j’ai tout fait sous pilote automatique. Ce qui est certain, c’est que j’étais bien en osmose avec la machine et en phase avec la météo. De plus, le fait que je ne sois plus un concurrent pour les autres pour le classement au général m’a facilité la tâche et m’a permis de m’envoler un peu. »

Vous naviguez donc plus libéré ?
« Exactement. Le fait de ne plus être dans la course pour le titre me donne la possibilité d’assumer mes choix stratégiques. Et pour cause, pour moi, il n’y a pas le risque de perdre du temps par rapport à mes adversaires. Je les vois bien derrière, ils se bagarrent les uns contre les autres. Le moindre petit décalage est encaissé à chaque fois. C’est une réalité, je ne suis plus un danger pour les leaders. Ils regardent sans doute un peu ce que je fais, mais ce n’est pas leur priorité. »

Vous visiez la victoire dans cette étape, même si le nouveau mât n’était pas fini d’être réglé…
« Je suis parti avec un gros mental. Après le démâtage, il fallait que je remettre un peu les choses au point. Je reste persuadé que j’aurais pu remporter une troisième Solitaire d’affiliée cette année. Depuis mon avarie, mon nouvel objectif est de remporter un maximum de manches. Avec cette victoire aujourd’hui, me voilà maintenant à neuf, à égalité avec Alain Gautier. Il m’en reste deux pour battre le record de Jean Le Cam. Je vais donc tâcher de rester dans la même philosophie.  J’ai souvent besoin de tomber au plus bas avant de rebondir. Je fonctionne comme ça. Quand tu te motives pour gagner un troisième titre, que tu as tout fait pour et que tout s’écroule, ça reste super dur à encaisser. Il n’empêche que je ne suis jamais aussi bon qu’au pied du mur. Tout le monde l’a constaté l’année dernière, après l’avant-dernière étape, celle où j’ai cassé mon étai. Après ça, je savais qu’il fallait que je réalise un exploit pour gagner et c’est ce que j’ai fait. Finalement, aujourd’hui, je ne suis presque pas étonné. Je suis parti en me disant que j’allais la gagner et j’y croyais. A Plymouth, quand on a préparé le bateau, avec Enzo (Vincent Busnel, son préparateur, ndlr), petit à petit, j’ai vu le truc se mettre en place et je me suis vraiment dit qu’on allait y arriver. Je l’ai fait chier jusqu’au bout, pour des petites garcettes, pour des tous petits détails. Il a fini épuisé, mais moi j’étais déjà dans ma course et je voulais absolument la remporter. »

Enzo, justement, a fait du super boulot…
«  Clairement. On s’est bien trouvé lui et moi. J’ai un bon sponsor aussi parce que je n’étais pas super motivé pour revenir comme ça, à la va vite. Je voulais prendre mon temps et m’aligner au départ de la troisième étape pour être certain d’être prêt. Avant même que j’arrive à Plymouth, j’ai eu l’impression qu’ils avaient déjà décidé que j’allais repartir, et ils ont bien fait. Je remercie Enzo, qui a effectué 80% du boulot, mais aussi tous les autres gars qui ont aidé et participé à la remise en état du bateau. Je leur dédie à tous cette victoire. Je ne suis pas sûr que, quand ils ont remis le mât sur le bateau, ils pensaient que j’allais remporter l’étape, mais ils m’ont permis de partir avec un Figaro nickel. »

Avez-vous eu des appréhensions avec le nouveau mât pendant la manche ?
« Oui (rires) ! Je l’ai entendu grincer un peu quand il a commencé à y avoir de la mer après les Scilly. Je me rends compte que je suis un peu traumatisé et que je vais le regarder de près jusqu’à la fin de la course. C’est la première fois que je perds un mât, comme ça, de but en blanc. J’y ai pensé en passant à proximité de Wolf Rock, en allant vers le Fastnet. Je l’ai cherché au retour, mais je ne l’ai pas revu. Il s’est caché, il avait honte (rires) ! En tous les cas, maintenant, j’ai l’impression que le mât est pas mal. Il me reste encore deux-trois bricoles à régler mais c’est vraiment bien et la bonne nouvelle, c’est qu’à présent, je ne suis plus dernier au classement ! »

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