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Classement du Vendée Globe : Jean-Pierre Dick et Alex Thomson reviennent / Stamm, toujours en course

Classement du Vendée Globe : Jean-Pierre Dick et Alex Thomson reviennent / Stamm, toujours en course
décembre 28
15:58 2012

 

Pendant qu’Armel Le Cléac’h (Banque Populaire) et François Gabart (MACIF) traversent actuellement par le sud une zone de transition météorologique qui freine significativement leur progression, Jean-Pierre Dick (Virbac Paprec 3) et Alex Thomson (Hugo Boss) mettent le turbo. Jean Le Cam (SynerCiel) ouvre toujours avec une bonne avance la voie des poursuivants alors que le reste de la flotte de ce septième Vendée Globe progresse à bonne allure vers l’est.

 

10,3 milles au classement de 5 h hier, 12,7 ce matin…la traversée de la zone de vent faibles rencontrées par les deux leaders à l’approche de la porte Pacifique Est, dernière du parcours avant le cap Horn, n’a rien changé en tête de flotte. Les deux jeunes skippers, après avoir empanné il y a près de 200 milles remontent maintenant vers ce passage obligatoire distant d’un peu moins de 300 milles aux vitesses les plus faibles affichées depuis bien longtemps. Si Armel Le Cléac’h et François Gabart semblent voir leur montures accélérer ces dernières heures, la vitesse de rapprochement au but est restée sous les 10 nœuds ces dernières 24 h…respectivement 9,9 et 9,8 contre 18 pour leur meilleur poursuivant ! Jean-Pierre Dick (Virbac Paprec 3), qui n’a cessé ces derniers jours d’alterner remontée spectaculaire et perte conséquente sur l’inséparable duo, bénéficie pour l’instant d’un bon vent de 25 nœuds de nord-ouest qui lui permet de tracer route directe vers la dernière porte. Sa trajectoire plus nord lui rallonge la route mais le maintien du vent jusqu’à celle-ci, malgré une bascule au nord-ouest, va lui permettre de maintenir sa bonne vitesse. Il a repris plus de 180 milles depuis 24 h ! Même schéma météorologique pour Alex Thomson (Hugo Boss) qui n’en finit pas d’impressionner sur son flamboyant plan Farr de 2007. Il est le seul des bateaux de génération plus ancienne à s’accrocher à moins de 1000 milles des derniers nés VPLP-Verdier (849,7). Lui aussi a repris plus de 170 milles à la tête de flotte depuis le classement de 5 h hier.

 

Le Cam en ouvreur

A 1874 milles d’Armel Le Cléac’h et à 800 milles de la porte Pacifique Ouest, Jean Le Cam (SynerCiel), actuellement dans un vent de sud-ouest de 20 nœuds qui va tourner progressivement à l’ouest, semble avoir retrouvé une mer beaucoup plus praticable que celle qu’il a dû subir la nuit précédente. Il avait relevé un peu le pied pour préserver son bateau et pouvoir enfin se reposer, après une exténuante nuit blanche à régler et manœuvrer…Il accélère à nouveau aujourd’hui et affiche la plus belle progression du groupe des tontons flingueurs, dont il a largement pris les commandes depuis la sortie de l’océan Indien. Sur une route plus nord que ses camarades quinquagénaires, il file à près de 400 milles devant Mike Golding (Gamesa), lui-même à la lutte avec Dominique Wavre (Mirabaud), une cinquantaine de milles seulement dans le sillage de l’Anglais. Un peu plus de 300 milles derrière le Suisse, Javier Sanso (Acciona 100% Eco-Powered) s’accroche et devrait accélérer à nouveau prochainement à la faveur d’une bascule du vent au nord et d’un renforcement de celui-ci.

 

Le Pacifique pour De Broc

Arnaud Boissière (Akena Vérandas), bien installé dans un flux de nord-ouest de 20/25 nœuds qui le pousse à près de 440 milles parcourus ces dernières 24 h, va gagner une place ce matin, aux dépends du malheureux Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat), toujours à l’abri dans le sud de la Nouvelle-Zélande pour effectuer ses réparations d’hydrogénérateurs. Le skipper d’Akena Vérandas n’est plus qu’à 450 milles de la porte de Nouvelle-Zélande, soit une journée de navigation à ce rythme. Pour Bertrand de Broc (Votre Nom autour du Monde avec EDM Projets), cette nuit était synonyme d’entrée dans le Pacifique ! A 22 h 55 hier soir, le skipper est parti à l’assaut du plus grand océan du monde. Assurément une source de grande joie pour lui lorsque l’on sait le plaisir que prend ce marin à évoluer dans ces contrées isolées, hostiles et magnifiques. Tanguy de Lamotte (Initiatives-cœur) devra attendre encore une journée pour planter ses étraves dans cette immense contrée des mers du Sud. A un peu plus de 300 milles dans le sillage de Bertrand De Broc, il navigue cependant 2 nœuds plus vite sur la route directe, et grignote depuis plusieurs jours un peu de milles. En queue de flotte, Alessandro Di Benedetto (Team Plastique) file toujours à vive allure à un peu plus de 650 milles de la porte Est Australie. Avec 341 milles parcourus ces dernières 24 h, il se paye même le luxe de remonter sur les leaders, avec près de 60 milles gagnés depuis le classement d’hier !

 

Bernard Stamm bientôt de retour en jeu

 

Depuis plus de 24 heures maintenant, Bernard Stamm est au mouillage à l’abri de la côte néo-zélandaise, aux abords de Dunedin. Sans relâche, le skipper de Cheminées Poujoulat s’emploi à fixer en fond de coque son deuxième hydrogénérateur. Une opération quasiment terminée, qui va permettre au Suisse de reprendre le large et surtout sa course dans ce Vendée Globe. Un soulagement pour celui qui n’entend rien lâcher d’ici à son retour aux Sables d’Olonne. 

 

Depuis le large du Portugal, l’énergie du bord est devenu un réel sujet de préoccupation pour Bernard Stamm. Très vite, il s’est confié sur la difficulté à refixer de ses hydrogénérateurs arrachés et le 23 décembre dernier, quand il a jeté l’ancre dans les îles Auckland, c’était bel et bien pour “réparer” ses problèmes liés à l’impossibilité de recharger ses batteries. Pour y voir plus clair sur le travail essentiel entrepris et accompli par le skipper de Cheminées Poujoulat, Gautier Levisse, le boat captain du bateau explique précisément le déroulement des différentes opérations : “Au départ des Sables d’Olonne, les hydrogénérateurs étaient montés sur des chariots avec un rail pour les monter et les descendre. Nous avions installé des cadènes pour fixer les hydrogénérateurs aux chariots. Au large du Portugal, une de ces cadènes s’est cassée et elle a endommagé le rail. Malheureusement, la deuxième valide a également fini par casser. Nous avons alors tenté de supprimer les cadènes et d’installer un système de lashing. Cela a pris du temps à Bernard, ça pouvait marcher, mais l’hydrogénérateur avait trop de degré de liberté. Il y avait cavitation et ça ne fonctionnait pas (création de bulle d’air dans l’hélice empêchant sa rotation). L’autre solution était de les fixer au bateau et de découper la jupe arrière”. 

 

Conjonction de facteurs négatifs
Délicate et nécessitant un arrêt momentané du monocoque pour une mise à l’abri, Bernard Stamm, décidait pourtant d’opter pour cette deuxième alternative, venant alors mouiller au nord des îles Auckland le 23 décembre au matin : “Sur ce premier mouillage, il avait attaqué un premier hydrogénérateur, mais un renforcement de la découpe était nécessaire, avec une phase de collage, puis de stratification pour que les efforts soient répartis équitablement. C’était très compliqué à faire. A cela s’ajoutait le fait de devoir faire attention à tout : au stock de papier à poncer, de résine, à la charge de la ponceuse… Un problème de météo sur les îles Auckland est venu se greffer à ça, la pluie incessante rendant l’application des produits et surtout le ponçage difficile. Un grand nombre de facteurs négatifs se sont cumulés pour l’empêcher de faire du travail de qualité. Sans compter le coup de vent dans le mauvais sens du 24 décembre qui aurait pu envoyer le bateau à la côte et faire tout perdre… C’est pour cette raison que le changement de mouillage a été décidé et que Bernard a mis le cap sur l’ile du Sud de la Nouvelle-Zélande”.

 

Fin des travaux en vue
Préférant perdre un peu plus de temps avec cette réparation mais mettre de son côté toutes les chances de revenir encore plus fort dans ce match du Vendée Globe, le skipper de Cheminées Poujoulat a donc rallié un nouveau mouillage à proximité de Dunedin, avec deux zones laissées au choix, en fonction de la direction du vent (d’où le changement opéré la nuit dernière d’ailleurs pour passer d’une plage à une autre). Une navigation vers la plage de Kaikai qui lui a permis de tester le premier hydrogénérateur fixé en fond de coque, en termes d’impacts par rapport à la vague. Depuis hier 26 décembre, Bernard Stamm fixe le second. ” Il essaye de se protéger au maximum du vent et de la houle pour pouvoir travailler dans les meilleures conditions possibles, même si tout est relatif.  Entre deux temps de prise, il s’occupe de toutes les petites bricoles à bord. Il devrait partir après le lever du jour, soit ce soir pour nous”. 

 

Classement du Vendée Globe

 

1 – ARMEL LE CLEAC’H
[Banque Populaire ]

à 8773,5 milles de l’arrivée

2 – FRANCOIS GABART
[ Macif ]
à 12.7 milles du leader

3 – JEAN-PIERRE DICK
[ Virbac Paprec 3 ]

à 460.4 milles du leader

4 – ALEX THOMSON
[ Hugo Boss ]

à 849.7 milles du leader

5 – JEAN LE CAM
[ SynerCiel ]

à 1874.7 milles du leader

 

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