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Le Vendée Globe 2012-2013 : Paroles de skippers en solitaire

Le Vendée Globe 2012-2013 : Paroles de skippers en solitaire
janvier 14
17:52 2013

 

Revenons sur les derniers commentaires des navigateurs autours du monde. Pour le moment, François Gabart fait sa course en tête, seul, avec une bonne avance sur Armel Le Cléarc’h.

 

Ce n’est ni le petit cheval blanc insouciant de la chanson, ni Ourasi, le roi fainéant qui dominait de la tête et du poitrail ses adversaires. François Gabart continue de construire sa domination à force de travail et d’une rigueur méthodique dont il ne se départit pratiquement jamais. Interrogé lors du direct sur ses éventuels loisirs à bord, le leader avouait passer l’essentiel de son temps libre à dormir, de manière à être au mieux de sa forme au moment d’aborder l’hémisphère nord. Car la météo ne promet pas forcément d’être très simple et pourrait conditionner un passage plus ou moins ouest du pot au noir. Pour l’heure, le skipper de MACIF monte plein nord en direction du méridien 28° ouest où la zone de convergence intertropicale semble peu active. Armel Le Cléac’h (Banque Populaire), tout comme Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec 3) et Alex Thomson (Hugo Boss) ne peuvent que suivre le sillage, en attendant un éventuel chausse-trappe dans lequel tomberait le leader. François Gabart est attendu à l’équateur demain en fin de matinée. Armel Le Cléac’h pointerait 17 heures plus tard, suivi de Jean-Pierre Dick et d’Alex Thomson, chacun avec un retard d’une journée sur le précédent.

 

A l’heure prochaine du démarrage du Tournoi des Six Nations, Jean Le Cam (SynerCiel) et Mike Golding (Gamesa) remettent la vieille rivalité franco-anglaise à l’honneur. Entre les deux concurrents qui se connaissent par cœur, il n’y a plus que 21 milles d’écart. Deux précautions valant mieux qu’une, le navigateur britannique n’a pas manqué d’accompagner sa remontée sur son adversaire d’un commentaire non dénué d’humour, sur le fait qu’il souffrait de soucis techniques et que, par conséquent, Jean Le Cam devait surement être affecté du même mal. Ici Londres, la guerre des ondes a commencé… La bataille est tout aussi chaude entre Dominique Wavre (Mirabaud), Javier Sanso (ACCIONA 100% EcoPowered) et Arnaud Boissières (AKENA Vérandas). Le navigateur suisse, sur une position médiane, contient pour l’instant les assauts de ses deux adversaires, le premier parti sur une option est, en vue de rejoindre la bordure de l’anticyclone de Sainte-Hélène, l’autre plutôt vers l’ouest, espérant un retour des vents portants générés par un nouveau centre dépressionnaire en formation. Mais dans cette région, les routages restent très aléatoires, compte tenu de l’instabilité des situations météo. Réponse d’ici trois à quatre jours.

 

C’est aujourd’hui en fin d’après-midi que Bertrand de Broc va faire franchir le cap Horn aux milliers de souscripteurs qui ont participé à l’aventure Votre Nom autour du Monde avec EDM Projets. Pour le navigateur de Sainte-Marine, l’émotion était palpable lors du direct de ce jour. Si le projet, malgré sa date de lancement tardive, a pu voir le jour, c’est grâce à la mobilisation de ces anonymes qui peuvent se dire qu’ils ont participé à leur manière au franchissement du « cap dur ». Derrière lui, Tanguy de Lamotte (Initiatives-cœur) et Alessandro Di Benedetto (Team Plastique) vont devoir encore vivre quelques jours au rythme des australopithèques du grand Sud : sommeils fractionnés, vigilance permanente, alimentation opportuniste… Pour Alessandro, la délivrance sera sûrement retardée de quelques heures. Le navigateur franco-sicilien s’est retrouvé aux prises avec la rupture de sa drisse de gennaker. La voile est tombée à l’eau et s’est coincée dans un des safrans de son voilier. Ce genre d’incident sera-t-il suffisant pour faire perdre sa bonne humeur au serre-file du Vendée Globe ? Il est permis d’en douter.

 

François Gabart

 

“Ça se passe bien, je suis toujours dans l’alizé et on se rapproche de l’équateur. Il fait toujours plus chaud, environ 30 degrés dehors. MACIF est dans une position favorable car on a touché du vent en premier mais là je pense qu’Armel va un peu revenir. Je devrais être à l’équateur normalement dans un peu moins de 24h. (Sur sa position de leader) Il faut savoir se réjouir des bons moments, c’est le cas en ce moment. Si je veux chercher la petite bête, je dirais qu’il fait presque trop chaud. Sinon, je me repose beaucoup en ce moment parce que la fin de parcours va être primordiale et les journées passent relativement vite.”

 

Armel Le Cléarc’h

 

(A propos de la remontée de l’Atlantique) “C’est sympa de revoir un peu de vie, de trafic maritime, on n’est plus isolé comme dans le Pacifique. Ici on sent que ça vit, il y a du travail. On n’est pas très loin des côtes donc ça permet aussi de faire un peu de géographie.”  (Sur son duel avec François Gabart) “On est à fond pour pouvoir revenir sur François mais il faut avoir des opportunités. Pour l’instant, ce n’est pas trop le cas. Le pot au noir va être un peu difficile à franchir, notamment pour lui. On va voir à quelle sauce il va être mangé. On espère que ça se passera bien pour nous. (Sur la dernière ligne droite) La fin de course est assez complexe avec les Açores et le golfe de Gascogne. On espère qu’il y aura des ouvertures. On va tout donner jusqu’à la fin de course. Le bateau va bien, je le surveille mais il est à 100% de son potentiel.”

 

Mike Godling

 

“Tout va plutôt bien actuellement. J’ai eu des soucis techniques à bord qui m’ont posé des problèmes de vitesse mais ça va mieux maintenant. Au fur et à mesure qu’on avance dans la course, la situation de chacun change, évidemment, et parfois on ne va pas aussi vite qu’on le voudrait. Dépasser Jean, ce serait génial, bien-sûr, en particulier au niveau du classement, mais je sais aussi que Jean, lui, va s’accrocher à sa place. Non, je ne veux pas vous en dire plus sur les problèmes que j’ai rencontrés. Tous les bateaux ont plus ou moins de problèmes. Parfois vous êtes au courant, et parfois non !

A voir Jean si proche de moi, je me demande bien quels problèmes il a eus, lui. Il lui manque peut-être une voile, ou alors il a un problème de drisse, quelque chose comme ça… C’est un très bon marin, je sais qu’il n’a pas ralenti juste pour avoir de la compagnie! D’après les fichiers, il aurait du aller plus vite mais on ne peut pas toujours faire confiance aux fichiers. S’ils étaient exacts, actuellement, je devrais être à l’arrêt. Or ce n’est pas le cas ! Pour les bateaux derrière nous, l’endroit où nous nous trouvons actuellement sera un moment-clé qui pourrait leur permettre de réduire l’écart. Nous sommes donc vulnérables. Mais nous avons le pot au noir, l’anticyclone et le golfe de Gascogne qui nous attendent, il y a encore beaucoup à faire. “

 

Bertrand De Broc

 

“Je vais passer le cap Horn de jour, dans 5-6h. Pour moi, c’est un peu la porte de sortie. Il y a eu pas mal de petits soucis, des bons moments, des mauvais. Je suis impatient de le passer. J’espère que la brume va s’estomper un peu car on ne voit pas grand-chose.  Après avoir passé une trentaine de jours dans des conditions un peu sauvage (humidité, flotte, ciré), dans une mer difficile qui ne fait pas de cadeau, c’est bien d’en sortir. Mais c’est pour ça qu’on vient aussi dans le Pacifique. Il se mérite, c’est très dur et quand on en sort, on est content.  (A propos du cap Horn) C’est mythique. A la grande époque, c’était un endroit infranchissable. Aujourd’hui, nos bateaux sont faits pour naviguer dans des mers chaotiques et on est fiers de le passer.”

 

Janvier Sanso

 

Je suis content d’apprendre que Mike pense qu’on peut revenir sur eux, ce serait en effet super! Ca avance bien pour nous actuellement, donc tout est possible. Malgré tout, Mike est quand-même loin devant. J’ai fait le choix d’aller franchement à l’est et je pense que les conditions vont aller en s’améliorant. Le vent est avec moi, à la fois en termes de direction et de force.

Je grignote des milles assez rapidement et les autres bateaux ont moins de vent que moi. On verra bien ce qui va se passer, rien n’est impossible. Mon objectif principal, mon idéal, ce serait de dépasser Jean et Mike avant l’arrivée. Ce serait un bel exploit qui me donnerait l’impression d’avoir accompli ma mission. Atteindre ce but, ce serait quelque chose de vraiment génial !

 

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