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[Mini Transat 2013] Trouver une fenêtre pour attaquer

[Mini Transat 2013] Trouver une fenêtre pour attaquer
octobre 30
12:30 2013

[blockquote style=”2″]La direction de course de la Mini Transat vient de décider de mettre en application le plan B qui avait été évoqué avant le départ lors du dernier briefing coureur. La flotte fera donc escale au port de Sada, à proximité de La Corogne, le temps d’attendre que les vents forts de sud-ouest qui vont balayer le cap Finisterre, les 1er et 2 novembre, mollissent et passent au nord-ouest. La flotte est attendue sur zone dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre (crédit photo : François Van Malleghem).[/blockquote]

Trouver une fenêtre

C’est tout le charme et la complexité de l’organisation d’une course comme la Mini Transat. Entre les bouffeurs d’écoute et ceux pour qui cette course représente l’aventure de leur vie, il existe une vraie différence sur la manière de faire marcher son bateau. Quand les premiers sont en recherche constante de performance, d’autres n’ont pas d’autres objectifs que de mener leur barque à leur rythme. Du même coup, la traversée du golfe de Gascogne demande, pour faire passer la totalité de la flotte , une fenêtre météo de près de quatre jours.

Cette fenêtre semblait s’être enfin ouverte hier matin, mais les conditions se sont à nouveau dégradées sur le cap Finisterre, d’où la décision de la direction de course qui ne veut pas faire prendre de risque à la queue de flotte. La direction de course a choisi d’anticiper la décision de manière à prévenir les coureurs avant que des options stratégiques marquées n’apparaissent au sein de la flotte, ceci pour garantir l’équité sportive. Une ligne d’arrivée sera mise en place à Sada. Le classement de la première étape sera le cumul des temps Douarnenez – Sada et Sada – Lanzarote. Les coureurs ont été prévenus par VHF par l’intermédiaire des bateaux accompagnateurs ainsi que par BLU lors de la vacation météo. Une confirmation de réception a été demandée à chaque concurrent.

Un départ de Mini Transat tonique et sélectif 

Ce n’est jamais évident de faire partir 84 Minis dans la brise avec une houle encore formée. Ça l’est d’autant moins quand les prévisions météorologiques imposent un timing serré à une flotte qui est restée bridée dans le port de Douarnenez pendant plus de deux semaines. Le départ de cette Mini Transat n’a pas failli à la tradition avec son lot de rebondissements et d’espoirs déçus. Ce fut un départ comme on les aime, avec ce qu’il faut pour pimenter l’action : un peu de houle du large, quelques grains suffisamment puissants pour rappeler que c’est au final toujours la mer qui corrige les devoirs, un paysage somptueux, et une sortie de la mer d’Iroise en fanfare. A l’entrée du raz de Sein, les Minis pouvaient commencer à débrider. Les gennaker fleurissaient rapidement et c’est à plus de dix nœuds que les premiers franchissaient ce seuil symbolique et pénétraient dans le golfe de Gascogne.

Logiquement, on retrouvait les habitués des places d’honneurs aux avant-postes : en prototype Giancarlo Pedote (Prysmian) faisait parler la puissance de son prototype, seulement accroché par Nicolas Boidevezi (Nature Addict) sur une route nettement plus abattue que la route directe. A leur vent, Gwénolé Gahinet (Watever-Logways) en profite pour prendre la tête du peloton. Mais tout ce petit monde se tient en quelques milles et des hommes de tête à Sébastien Picault (Kickers) onzième, il y a moins de cinq milles de différence en distance au but.

En série, les ténors n’ont pas laissé planer le suspense très longtemps. Après Renaud Mary, c’est Justine Mettraux (TeamWork) qui passait en tête au raz de Sein avant que Ian Lipinski (Pas de futur sans Numérique) ne prenne les commandes pour respectivement 0,2 milles et 0,3 milles devant Renaud Mary et Aymeric Belloir (Tout le Monde chante contre le Cancer). Ici aussi, les écarts sont très faibles puisque Damien Cloarec (Lomig), septième ne pointe qu’à 1,4 milles de la tête de course.

Infortunes de mer

Pour d’autres, cette Mini Transat s’apparente plutôt à un long chemin de croix. Pour certains, il s’agit avant tout de parvenir à prendre le rythme d’une course lancée sur un tempo débridé. C’est le cas de l’Australienne Katrina Ham (Seanergy) ou de l’Italien Federico Cuciuc (Your Sail) qui comptent déjà plus de 12 milles de retard après moins de sept heures de course. D’autres n’auront pas la bonne fortune de pouvoir rivaliser avec leurs compagnons de route. Ainsi Craig Horsfield (Naked Retreat) a dû abandonner suite à un abordage avec Annabelle Boudinot. La jeune skippeur de Agro 650 a finalement pu repartir après un arrêt express à Douarnenez, ce qui a mis un peu de baume au cœur à Craig qui avait été à l’origine de l’incident. Arnaud Etchandy (Ipar Hego) victime de divers problèmes techniques a, comme Craig Horsfield, estimé que le temps nécessaire pour réparer ne lui permettait pas de repartir dans de bonnes conditions de sécurité. C’est la même analyse qu’a faite Bert Bossyns (Netwerk) revenu à Douarnenez vers 17h00, solent entièrement déchiré. Le navigateur belge, dans un creux de vague, a eu la malchance de voir sa voile d’avant se faire transpercer par un branchage entre deux eaux. Enfin, Bruno Simonnet (El Nono) était contraint d’abandonner pour raisons médicales, un de ses deux bras tétanisé.

Deux autres navigateurs faisait actuellement route de nouveau vers Douarnenez. L’Espagnol Carlos Lysancos (Reyno de Navarra) est confronté à de sérieux problèmes de pilote, suite à une collision après le départ. Stan Maslard (Groupe Sefico), quant à lui, semble jouer de malchance : après avoir cassé son support de vérin de pilote juste avant le départ, le navigateur sablais était reparti le mors aux dents. Après deux heures de course, Stan est contraint de nouveau de faire demi-tour, suite à un problème de gréement. D’avoir investi autant de son temps pour se voir contraindre de revenir au stand par deux fois… il y a des jours où la chance semble avoir déserté les rangs. A 17h47 Arthur Léopold-Léger demandait assistance auprès de l’organisation de la Mini Transat. A 17h57, il déclenchait sa balise de détresse. Le PSP Cormoran se déroutait immédiatement sur la position du navigateur pour constater que Delcroix – Mécénat Chirurgie Cardiaque avait démâté et présentait une voie d’eau. Arthur Léopold-Léger a été récupéré par le PSP Cormoran. Il est en bonne santé.

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