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La Transat Jacques Vabre et les glissades alizéennes

La Transat Jacques Vabre et les glissades alizéennes
novembre 12
12:38 2013

Mardi 12 Novembre – Tout le monde est au portant, sous spinnaker ou gennaker, avec plus ou moins de vent : les Class40’ approchent du cap Finisterre dans un flux de Nord-Est faible à modéré, les Multi-50 et les monocoques Imoca surfent au large de Madère dans un alizé assez instable, les MOD-70 naviguent près du Cap-Vert sur une mer apaisée. Ça glisse agréablement mais il faut rester attentif aux grains.

Changement de décor pour toute la flotte : les humeurs du golfe de Gascogne sont déjà du passé, même pour les Class40’ qui peinent désormais dans un flux de Nord-Est inférieur à dix nœuds. L’Atlantique est encore agité mais les vagues commencent à se lisser et à s’organiser : la plupart des 24 duos encore en course devraient avoir débordé le cap Finisterre ce mardi soir… Et comme les alizés portugais s’installent et se renforcent ces heures et jours prochains quasiment jusqu’après l’archipel du Cap-Vert, c’est un long, très long bord de spinnaker qui s’annonce pour toute la semaine…

Arrêts techniques rapides

Côté escale technique, le leader GDF SUEZ (Rogues-Delahaye) s’est arrêté à Muxia 50 minutes la nuit dernière pour changer ses girouettes et est reparti à 4h38 toujours en tête devant son sistership Mare (Riechers-Brasseur) qui pourrait ainsi reprendre la main au passage du cap Finisterre. Ce sera plus difficile pour ERDF-Des pieds et des Mains (Seguin-Richomme) qui concédait encore plus de trente milles ce mardi matin… Quant à Tales Santander 2014 (Pella-Santurde), il approchait de la baie de La Corogne, mais le duo n’avait pas encore précisé où il allait faire escale pour réparer sa fixation de safran tribord, ni combien de temps cette intervention pourrait prendre. De même, BET 1128 (Mura-Manuard) fait route vers le port galicien qu’il devrait atteindre en début d’après-midi pour réinstaller correctement son mât et remplacer ses câbles électriques. Chez les Multi-50, le leader d’hier n’a pas traîné lors de son escale à Porto Santo (archipel de Madère) puisque Actual (Le Blévec-de Pavant) a pu remplacer son aérien de girouette en une petite heure sans être réellement gêné par le dévent des îles : sa trajectoire au Nord de Grande Madère lui a permis de retrouver rapidement les alizés pour revenir se caler sur la route de FenêtréA Cardinal (Le Roux-Eliès) qui en a profité pour prendre le commandement. Quelques 500 milles plus au Nord-Est, Arkema-Région Aquitaine (Roucayrol-Riffet) attend un remorqueur portugais qui doit partir de Lisbonne vers 10h ce mardi pour atteindre le trimaran retourné la nuit prochaine.

Trouver le bon angle

Pour les monocoques Imoca, le jeu consiste à concilier vitesse et décalage Ouest afin de trouver le bon compromis entre longer la bordure méridionale de l’anticyclone des Açores et accrocher le bon angle des alizés pour glisser d’une seule traite vers le Pot au Noir. Il semble que Maître CoQ (Beyou-Pratt) a été le premier à trouver le point névralgique sur le 20° Ouest, mais étant le plus Nord de la flotte, il laisse le leadership à Safran (Guillemot-Bidégorry) qui a intelligemment joué la pression en naviguant 70 milles plus au Sud en se recalant au gré des bascules et des grains. Car les alizés ne sont pas si réguliers que ça : les barreurs sont particulièrement attentifs, surtout la nuit car le vent de Nord-Est oscille entre 18 et 26 nœuds ! Avec toute la toile dessus, cela confine à l’équilibrisme pour ne pas faire une sortie de route très pénalisante… Il faut s’attendre à ce que les six premiers Imoca, puisque Bureau Vallée (Bruton-Le Brec) est encore dans le sillage de MACIF (Gabart-Desjoyeaux), empannent une dernière fois sur le 20° Ouest pour un long bord bâbord amures vers l’équateur. Les quatre autres monocoques de 60 pieds sont déjà bien décrochés puisque Initiatives Cœur (de Lamotte-Damiens) concède plus de 350 milles, soit une journée de mer ! Enfin les deux MOD70 devraient passer par le travers de l’archipel du Cap-Vert en milieu d’après-midi : à plus de 25 nœuds de moyenne, les deux trimarans monotypes seront à plus de 250 milles au large des îles volcaniques, ce qui ne devrait pas leur poser de problème de dévent. Mais c’est le point d’impact sur le Pot au Noir, une Zone de Convergence Inter Tropicale (ZCIT) plutôt active et étendue, qui importe désormais : il devrait se situer autour du 30° Ouest car il ne semble pas y avoir d’ouverture plus près des côtes africaines…

bateau-transat-jacques-vabre

Marc Guillemot (IMOCA Safran) « Ce week-end prolongé, ça a fait du bien, ça nous a permis d’avancer ! C’était tonique, sportif, on s’est bien donné pendant les premiers jours de course. On a eu des jours assez actifs parce qu’il a fallu tirer sur la machine et on est relativement contents parce que ça marche bien, ça valait le coup de se déchainer dans les manœuvres et les réglages, ça paye bien. On est sous le vent de la flotte, et sous le vent au portant, c’est pas mal ! On a des grosses adonnantes du vent : on y va ou pas, on empanne ou pas, recharger le bateau en toile, spi ou pas, etc… Finalement on est assez conservateur parce que la brise est assez instable, le vent passe de 22 à 25, puis à 14 et ça repart… »

Arkema chavire…

Dimanche, 22 h58, la direction de course de la Transat Jacques Vabre a reçu un appel de Yann Eliès (co-skipper de FenêtréA Cardinal situé à 0,5 mille) pour l’informer que le trimaran Arkema – Région Aquitaine venait de chavirer. A 23h04 TU, Mayeul Riffet avec l’iridium de secours a également contacté la direction de course pour lui signifier que tout allait bien à bord du trimaran retourné. Les deux skippers (Lalou Roucayrol et Mayeul Riffet) sont sains et saufs. Le bateau se situe à 210 milles dans l’Ouest de Cascais. Equipés de leur combinaison de survie, ils sont au sec à l’intérieur du trimaran et réfléchissent à la façon d’organiser le sauvetage. Pour l’heure, les marins n’envisagent pas quitter le bateau. Ils ont remis la balise Argos à l’endroit ce qui permet de suivre leur trajectoire. Les conditions météo sur zone permettent alors d’envisager un remorquage…

MACIF fait une escale technique à Peniche (Portugal)

Dimanche –  Alors qu’ils naviguaient en tête de flotte des monocoques IMOCA au large du Cap Finisterre, François Gabart et Michel Desjoyeaux ont constaté hier soir que leur safran  tribord était endommagé . Depuis 14h00 TU, les deux skippers de MACIF sont en escale technique dans le port de Peniche, au nord de Cascais au Portugal. Ils procèdent au remplacement de la pelle de safran abîmée. Une équipe technique est déjà sur place au Portugal pour les assister.

Photos embarquées du Class40 ERF-des Pieds et des Mains et du MOD70 Oman Air-Musandam © DR

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