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Vendée Globe : Jean Le Cam, Mike Golding (et Bernard Stamm) coupe la ligne d’arrivée

Vendée Globe : Jean Le Cam, Mike Golding (et Bernard Stamm) coupe la ligne d’arrivée
février 07
11:04 2013

 

C’est en véritable rock star que Jean Le Cam a été accueilli ce Mercredi 6 Février aux Sables d’Olonne. Le marin en a bavé pendant ces 88 jours de course, l’homme en est revenu plus fort. Tellement fort que cette 5e place a été vécue comme une victoire. Ses grands yeux rougis de fatigue et de sel étaient aussi écarquillés de bonheur. Pour les six marins encore en course, avant d’en arriver là, il faut tenir bon malgré la météo capricieuse et les bateaux qui commencent à fatiguer. Ensuite c’est Mike Golding qui franchit l’arrivée à 19h. Enfin, dans la nuit, Bernard Stamm arrive aux Sables d’Olonne après jours 10 heures 27 minutes et 10 secondes de mer, hors course deepuis le 9 Janvier. (crédit photo : JEAN MARIE LIOT / DPPI pour Mike Golding).

 

Coup de tabac pour Dominique et Arnaud

Pendant ce temps-là, Dominique Wavre (Mirabaud) sort de l’anticyclone et commence à toucher du vent de nord-ouest de 13 à 18 nœuds. La baston dans le golfe de Gascogne, c’est pour demain : « Je navigue encore dans des conditions anticycloniques, mais face à une houle immense. J’ai effectué mon dernier changement d’amure dans la nuit. Je fais désormais route directe sur les Sables d’Olonne, mais je ne peux pas me projeter sur l’arrivée : il y a un gros coup de tabac qui arrive et je dois me préparer à l’affronter. Je m’attends à toucher dès demain 35 à 40 nœuds de vent ; ça va être violent. » Arnaud Boissières, lui, navigue au beau milieu de la bulle anticyclonique, au près dans 7 nœuds de vent. Cali a perdu du terrain sur Mirabaud, la septième place est en train de lui échapper. A moins de 100 milles des Açores, Bertrand de Broc maintient son cap au nord-est. Il devrait traverser l’archipel et contourner pas l’ouest l’anticyclone, comme l’avait fait il y a quelques jours Jean Le Cam.

 

Jours difficiles pour Tanguy

Tanguy de Lamotte a enfin repris sa route dans des alizés établis de 20 nœuds. Il double en ce moment les îles du cap Vert. Ses problèmes de voies d’eau sont en passe d’être réglés. Mais le marin vit encore des jours difficiles : « Je prends encore l’eau mais environ 15 litres par heure donc je peux dormir 2 fois 1 h 30 et aller écoper. Donc après deux journées aquatiques et onze heures de stratification, je peux naviguer normalement vers les Sables avec un œil sur le niveau d’eau. La mer est formée et le bateau tape et saute beaucoup. Je me sens très fatigué ». Alessandro di Benedetto se trouve en plein pot au noir. Vent instable et grain au menu du jour, agrémenté de quelques crêpes pour se remonter le moral…

 

Mike Golding, Gamesa, sixième du Vendée Globe 2012-2013

Mike Golding a franchi la ligne d’arrivée du Vendée Globe ce mercredi 6 février à 19h 38mn 26s, heure française, sous la lumière des projecteurs. Le marin britannique pour qui c’est le 4e Vendée Globe, prend la sixième place de la course, 6h et 23mn derrière son meilleur adversaire Jean Le Cam. Son temps de course est de 88j 06h 36mn 26s. Vitesse moyenne sur le parcours théorique (24 394 milles) : 11,5 nœuds. Il aura parcouru en réalité 27 281 milles sur l’eau, à la vitesse moyenne de 12,9 nœuds.  En terminant son tour du monde, Mike Golding, à 52 ans, devient le premier navigateur à avoir bouclé par trois fois le parcours du Vendée Globe. Une performance qui vient souligner l’énorme expérience de l’ancien marin pompier britannique.

Mike Golding aura donc terminé ce Vendée Globe quelques heures derrière Jean Le Cam. La rivalité sportive entre les deux hommes ne date pas d’hier. Depuis plus de huit ans, leurs routes se sont croisées à de nombreuses reprises, avec comme point d’orgue le Vendée Globe 2004-2005 où le navigateur breton avait précédé de quelques heures son homologue britannique. Cette fois-ci, Mike comptait bien prendre sa revanche, voire accéder au podium, fort, notamment de sa dernière expérience dans le Vendée Globe où il était en tête de course avant de démâter.

Dès le début de la course, Mike Golding comme ses compères expérimentés tels Jean Le Cam ou Dominique Wavre, ne pouvait que constater le potentiel de vitesse supérieur des voiliers de nouvelle génération. Dès l’entrée dans les Quarantièmes Rugissants, l’écart creusé par le groupe de tête grandissait rapidement à mesure que les leaders s’échappaient à l’avant d’un front. Derrière, les poursuivants devaient composer avec plusieurs systèmes météo complexes entre mers croisées et traversées de plusieurs dorsales anticycloniques. Pour preuve, s’il en fallait, le jour où François Gabart battait le nouveau record des 24 heures en 545 milles, ses poursuivants naviguaient à 12 ou 13 nœuds dans une mer casse-bateaux.

A l’avant du groupe des quinquagénaires, le duel entre Mike Golding et Jean Le Cam aura tenu toutes ses promesses. Les deux hommes ont sensiblement le même âge, une expérience similaire dans la classe IMOCA. Mais le démâtage de Gamesa au début du mois de mai a écourté la préparation du navigateur britannique. Mike, même s’il n’a pas rencontré de problèmes majeurs, a dû faire face à nombre de petits pépins qui ont affecté ses performances : une fuite de systèmes de ballast est apparue dès l’Atlantique Sud, la perte de son code zéro le 16 décembre et quelques soucis d’hydrogénérateurs. Enfin, la perte de son ogive de quille a considérablement ralenti la progression de Mike dans les derniers jours. L’écart entre les deux hommes qui a pu monter jusqu’à 500 milles s’est considérablement réduit dans l’Atlantique Sud. Le duel s’est conclu par un mano a mano d’anthologie où les deux coureurs se sont trouvés éloignés de quelques milles en distance au but. Mike Golding a promis que ce serait son dernier Vendée Globe. Cette nouvelle édition a été particulièrement difficile pour lui, comme pour le groupe des quinquas, notamment lors d’une remontée de l’Atlantique Sud truffée de pièges météo. Il reste qu’avec six passages du cap Horn en solitaire, et quatre Vendée Globe au compteur, le navigateur britannique mérite largement d‘être au tableau d’honneur de l’épreuve.

 

Bernard Stamm coupe la ligne d’arrivée en fin de soirée

Après 88 jours 10 heures 27 minutes et 10 secondes de mer, Bernard Stamm a coupé symboliquement la ligne d’arrivée du Vendée Globe (à 22h30,50sec). Hors course depuis le 9 janvier dernier, suite à la perte de ses hydrogénérateurs ne lui laissant d’autre choix que de se faire ravitailler en carburant, le skipper de Cheminées Poujoulat a retenu son souffle jusqu’au bout, victime d’une rupture de la fixation entre le vérin de quille et la coque la nuit dernière. Un problème technique survenu dans les conditions particulièrement musclées que lui aura réservé le Golfe de Gascogne.  Le navigateur suisse boucle ici son tour premier tour du monde en solitaire sans escale, avec l’art et la manière, et après une superbe remontée de l’Atlantique entre le cap Horn et la Vendée. Il va maintenant pouvoir profiter pleinement de ce moment dont il rêvait le 10 novembre dernier, au moment de mettre le cap sur la zone de départ, et embouquer le chenal des Sables d’Olonne avec les honneurs dues à l’exploit qu’il vient d’accomplir.

 

Vendée Globe 2012 2013

Toute l’actualité de la course sur www.nautisme-info.com/vendée-globe

 

 

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